UTILISATION DU COURANT
les besognes et commande les outils le» pIuB diETérents:, machines à découper le cuir, à coudre les chaussures et les gants ; métiers à filer et tisser la laine, le coton et la soie; presses d'imprimerie. Dans la métallurgie, son utilisation est universelle. Elle actionne des cisailles, des raboteuses, des fraiseuses, des tours, des matrices à estamper. Elle commande des trains de laminoirs, des ponts roulants, des appareils de levage. Par aimantation, elle soulève des poids énormes, isole les déchets, utilise et classe les minerais. Ainsi il n'est pas de force dont les effets mécaniques soient aussi variés. Le courant électrique est capable de mettre en mouvement des moteurs de toutes sortes depuis le moteur d'usine à fort voltage (1500 v. en continu, 2000 et 5000 v. en alternatif) et à très grande puissance, jusqu'au minuscule moteur d'atelier, de faible voltage (110 à 220 v.) et d'une fraction de cheval.
Dans les maisons et les appartements, outre l'éclairage, le courant électrique se charge de mille besognes. Il fait monter et descendre les ascenseurs. Il ventile les chambres, aspire les poussières des tentures et des planchers, cire les chaussures et coud les vêtements. Transformé en chaleur, il chauH'e les intérieurs, l'eau des bains et des douches, repasse le linge, cuit les aliments. C'est dans ce domaine surtout que se révèlent ses qualités de souplesse et sa facilité d'adaptation. Distribué par les mêmes réseaux et sous le même voltage (110, 115 volts), circulant le long de ' "'-
le courant se transforme indifféremment e chaleur, en force motrice, sans bruit, sa sans odeur et, le plus souvent, sans dangi ces joyeux lutins des légendes qui, pour servirl'homme, accomplissaient en cachet les plus difficiles.
Dans les campagnes, l'énergie électrii
^d'un emploi moins varié et moins précieux. Elle laboure la terre, bat le blé et vanne le grain. Elle sait traire les vaches, séparer la crème du lait, faire le beurre dans les barattes et le malaxer. Elle coupe les racines, hache la paille, presse le fourrage, égrappe le raisin, chaufle les couveuses. Elle élève l'eau et arrose les terrains secs. Elle dessèche les marais et les terrains humides.
L^énergie électrique utilisée comme source de lumière et de force motrice est aujourd'hui en possession de tous ses moyens techniques. Ses progrès futurs, son extension ne dépendent plus désormais de l'outillage et des procédés qu'elle emploie. En revanche ils sont dans l'étroite dépendance des conditions du marché, de la puissance d'achat de la clientèle, de l'organisation des réseaux de distribution. Quand il s'agit des villes et des populations agglomérées, la longueur des câbles et des fils est réduite, les frais sont limités, la vente assurée et les fonds nécessaires se trouvent sans peine. Mais quand il s'agit des campagnes, la situation n'est plus la même. Il est alors plus malaisé de grouper une clientèle, de réaliser l'entente et de rassembler les capitaux. Et la difficulté est d'autant plus grande que la population est plus clairsemée. En outre, l'activité du travail agricole est plus inégale que l'activité industrielle. 11 y a des mortes saisons prolongées. Ainsi les frais généraux sont plus élevés et les bénéfices moins assurés. Il est donc à prévoir que, dans le milieu rural,' la houille blanche aura quelque peine à lutter contre ses concurrents, surtout contre le moteur à essence.
L'emploi de l'énergie électrique comme force éclairante et comme force motrice restera longtemps encore, en dehors des pays de montagnes et des régions où le courant est à très bas prix, limité aux villes et à leurs banlieues, aux campagnes fortement peuplées où les agglomérations sont rapprochées, et aux populations
UTILISATION nr counAM- iil
depuis longtt^mps rompues à la pratique de l'association. Sous ces réserves, on peut dire que l'ulilisation de l'énergie électrique comme lumière et comme force motrice, son application aux travaux domestiques, aux industries mécaniques, aux petits ateliers des villes et des campagnes, est, pour l'humanité, un immense bienfait. Dans les pays où il a pu se répandre en abondance, surtout dans les sociétés de forte civilisation où la main-d'œuvre est chère, les serviteurs rares, le travail quotidien absorbant, le courant électrique, surtout quand il est vendu à bas prix, est vite devenu un auxiliaire indispensable. Avec une singulière souplesse, il s'est adapté aux goûts, aux habitudes sociales, au genre de vie. On le voit, dans les pays du Midi, prolonger, dans la fraîcheur des nuits, les heures claires du jour, répandre à flots la lumière dans les cafés et les théâtres, flatter le goût des foules pour la vie collective de la place publique. Dans les pays du Nord où l'hiver est parfois si dur, ii lutte contre le froid et l'obscurité si longue, préchauffe et éclaire les intérieurs et se fait le serviteur du foyer. Partout il limite la dépense de force musculaire et par conséquent la fatigue qui en est la suite, évite tes travaux inutiles ou trop pénibles, permet à l'homme d'entreprendre sur la nature de nouvelles conquêtes et se trouve Être ausi un des principaux facteurs du progrès.
//. — Lb'S TRANSPORTS
La traction des véhicules et des convois sur ferrées est, avec l'éclairage, la plus ancienne < cations de l'énergie électrique. Limitée d'abori culation intérieure dans les villes, elles s'est ra étendue aux lignes de banlieue, aux funicu luonlafjnes, au.'i réseaux d'intérêt local. Aujoi
traction électrique a fait son apparition sur les lignes d'intérêt général. Et, dans beaucoup de pays, elle tend à se substituer à la traction à vapeur. On peut même se demander si elle n'arrivera pas, dans un avenir assez proche, à la remplacer entièrement, non seulement dans les régions riches en eaux courantes, mais aussi dans celles qui sont obligées de demander l'énergie élec7 trique aux usines thermiques. Ces progrès si rapides s'expliquent par les énormes avantages que la traction électrique présente sur la traction à vapeur.
De ces avantages, les uns sont d'ordre technique. La rapidité de la mise en marche et la facilité des arrêts évitent les pertes de temps, permettent de multiplier les stations, assurent aux voyageurs une plus grande sécurité. Le moteur électrique, aussi souple que robuste, supporte sans inconvénients des surcharges brusques et répétées, et ainsi les convois qu'il traîne peuvent admettre un nombre variable de voitures et de voyageurs aux diverses stations d'une ligne. Les secousses alternées des^ pistons se trouvant supprimées, la traction est plus douce et plus uniforme. L'absence de fumée et d'escarbilles est encore un précieux avantage dans les villes, dans les lignes souterraines, dans les forêts et les prairies des pays secs. Enfin la traction électrique s'adapte aux {brtes rampes. La locomotive électrique accède à des régions que ne peut atteindre la locomotive à vapeur. Les tracés se trouvent abrégés, les tunnels de base supprimés, les autres raccourcis.
La traction électrique a des avantages économiques de premier ordre. Le plus remarquable de tous, c'est la très faible déperdition d'énergie utilisable. Avec les générateurs à vapeur, on sait que le gaspillage d'énergie est énorme. Ils utilisent à peine 10 à 20 ^our 100 de l'énergie du combustible. La faiblesse de ce pourcentage se trouve encore aggravée pour les moteurs