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Aptitudes générales

La Savoie et le Dauphiné sont, de toutes les régions françaises, celles qui présentent les plus belles aptitudes à l'utilisation dynamique des eauK courantes. Elles le doivent à la hauteur et à la structure de leurs montagnes.

1" La topographie. — Les Alpes de Savoie et de Dauphiné sont les plus hautes montagnes de France. Tout le monde sait que le Mont-Blanc, le plus haut sommet de l'Europe, est un massif savoyard, et que le Pelvous se dresse jusqu'à 4000 mètres et centre de la province dauphinoise. Mais 1 Nord ne l'emportent pas seulement sur les tagnes Trançaises par la hauteur de leurs soi les dépassent aussi par l'étendue de leurs même temps que la plus forte hauteur absol la plus forte altitude moyenne. Les tables d< en zones d'égale altitude publiées par le Grandes Forces Hydrauliques montrent que supérieures à 2000 mètres s'étendent, dans

de l'Arve (en amont de Charaonix), sur 73 pour 100 de la surface; dans le domaine de l'Isère (Moutiers) sur 60 pour 100; dans celui de la Durance (la Bessée) sur 66 pour 100. La proportion est encore de 39 pour 100 pour l'Isère à Grenoble; de 29 pour le Drac.

Ces conditions topographiques donnent aux Alpes du Nord d'énormes avantages. La hauteur des sommets leur assure les plus fortes chutes de notre pays : 1040 mètres pour la chute du Bâton; 1000 mètres pour le Bréda au P'ond-de-France. L'étendue des massifs dans le plan horizontal est cause que ces chutes ne sont pas isolées, alignées en une mince lisière derrière laquelle il n'y a plus rien, mais qu'elles sont suivies d'une série d'autres, réparties en profondeur le long de vallées façonnées par les eaux et les glaciers et faciles à aménager. Enfin la structure en bandes longitudinales alternativement hautes ou basses offre un dernier et essentiel avantage. Les puissants torrents descendus des hauts massifs, Mont-Blanc, Belledonne ou Pelvoux, rencontrent sur leur passage de larges dépressions, chemins faciles qui les recueillent et les rassemblent. Du col de Balme au col Bayard, c'est d'abord la grande dépression intérieure des Alpes, où l'Arly, l'Arc, le Drac et la Romanche viennent grossir le tribut de l'Isère. Du Léman à la Méditerranée, c'est une autre dépression, où le Rhône rassemble la totalité des eaux alpestres. Ainsi se forment, en pleine montagne ou sur ses abords immédiats, de puissants collecteurs, Tun intérieur et partiel, mais plus élevé; l'autre extérieur et plus bas, mais plus abondant.

C'est donc la topographie qui détermine la hauteur et le nombre des chutes. C'est elle qui assure la concentration des réseaux hydrographiques.

2** Les pluies. — C'est elle encore qui explique la richesse de l'alimentation hydraulique. Les Alpes du

Nord, recourbées vers l'intérieur du continent, s'offrent directement aux vents océaniques venus surtout du Nord-Ouest. De ces vents, elles recueillent des précipitations très abondantes : 1 mètre à 3 mètres suivant l'altitude et l'exposition, ai l'on s'en rapporte aux données fournies par les stations plovio métriques; 3 mètres, 4 mètres et même davantage si l'on accepte celles que fournissent certains appareils de mensuration ou les débits révélés par les postes do jaugeage des cours d'eau.

Mais ce n'est pas tant la hauteur des pluies recueillies par tel appareil enregistreur qui importe; c'est surtout le volume totalisé dans l'ensemble d'une région. Or, c'est ici que les Alpes sont favorisées entre toutes. Grâce k leur étendue en plan horizontal, ou, si l'on préfère, à leur largeur, elles opposent aux vents chaînés d'humidilé, une série de condensateurs placés les uns derrière les autres, et de plus en plus élevés ; chaînes subalpines et préalpes au premier plan, massifs des hautes Alpes plus en arrière, chacune de ces régions décomposée elle-même en écrans distincts, chacune recueillant son contingent de pluies et de neiges. On ne sait encore si les Alpes reçoivent, dans telle station prise isolément, plus ou moins d'eau que les autres montagnes françaises. Il n'est pas doute"-" ".■'"H-- =" recueillent un volume totalisé très supéri 3" Régime des cours d'eau. — Les c( Alpes du Nord ont ainsi des débits Calculés par kilomètre carré de bassir débita sont partout supérieurs à 30 litre.

Calculés en valeur absolue, ils atleigu' cubes pour l'Arve, 3k mètres cubes pour 250 mètres cubes pour l'Isère', à leur dél

reçoit leurs eaux. Le premier de ces l'abondance de l'alimentation ; le second.

la concentration des débiU.

Mais les cours d'eau alpins ont les défauts des cours d'eau de montagne : l'inégalité de leur régime (fig. 3).

Ceux des hautes régions, l'Arve supérieure, l'Isère à Moutiers, l'Arc à Hermillon, ont une seule période de hautes eaux. Elle se place de

terabre ou octobre, d'autant plus tardive et plus courte que les montagnes sont plus élevées et que les neiges persistantes l'emportent. La montée des eaux atteint son maximum en juillet ou même en août (Atwe).

Les basses eaux durent de septembre à mars ou avril. Les rivières de la zone subalpine, Fier, Chéran, Boume, où les glaciers font défaut, ont deux périodes de hautes rs à juillet, correspond à la fonte des novembre et décembre, correspond e. Les étiages se placent de décembre

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