‹ La houille blancheChapitre 14 sur 55 · ALPES DD NORD · texte numérisé non relu

ALPES DD NORD

ù février, et de juillet à octobre, le moins bas étant celui d'hiver. Enfin les grands cours d'eau collecteurs qui, seuls, traversent les trois régions étagées et recueillent leurs déversoirs, combinent leurs régimes respectifs. A la Sône, l'Isère a de hautes eaux de mars à août (fig. 3} comme les torrents de la région alpine, et une crue d'automne comme les rivières subalpines; un premier mininum en février, et un second en septembreoctobre, moins déprimé parce que le débit de la rivière bénéficie jusqu'à son embouchure du tribut des glaciers. C'est le caractère alpin qui domine.

Ainsi les rivières des Alpes septentrionales, quelle que soit leur abondance, ont toutes de fortes variations de débit. Les usines qu'elles actionnent n'ont pas, en toutes saisons, les mêmes ressources. Jusqu'ici, elles se sont pour la plupart, accommodées de ces conditions, niarcliant à plein rendement pendant la saison chaude, n'utilisant qu'une partie de leurs turbines pendant l'hiver et la fin de l'été. Mais aujourd'hui, la technique s'attache à corriger ces défauts imposés par la nature. On s'efforce, le plus possible, d'amasser pendant les périodes d'abondance, des réserves qui seront, le moment venu, restituées aux cours d'eau appauvris. A cette fin, on utilise les lacs de haute montagne. C'est ainsi que le Bréda d'Allevard est régularisé par les lacs du bassin des Sept-Laux. Les usines de Lancey disposent des réserves fournies par le lac Crozel et le lac Blanc situés à plus de 1900 mètres dans le massif de Belledonne. Les lacs des Grande s- Rousses sont également utilisés.

Mais les Alpes n'ont pas l'abondance des réserves lacustres qu'offrent les Pyrénées, et les conditions topographiques ne sont pas toujours favorables à la construction de bassins artificiels. Il fant donc chercher un autre procédé de régularisation. Le plus elficace

consiste à associer des cours d'eau de régime différent, ou, comme Ton dit, à conjuguer une usine d'été avec une usine de printemps ou d'automne. C'est dans cette voie que, de plus en plus, s'engage l'industrie hydroélectrique alpine. Dès à présent les usines de la région haute font appel en hiver aux établissements de la zone subalpine. Bientôt le Rhône aménagé servira de régulateur général. C'est la structure même des Alpes, la variété des pluies, la multiplicité des régimes de leurs rivières qui rendent possible l'application de cette méthode.

k^ Les conditions économiques, — Les Alpes septentrionales ne sont pas seulement une région riche en forces hydrauliques. Elles sont, en outre, un pays de très ancienne activité. Dans les industries locales, déjà vivantes, dans les nouvelles qui se sont créées de toutes pièces, l'éleotricité hydraulique a trouvé un marché très favorable. D'autre part, M. Blanchard a montré que la facilité des communications, l'existence d'un réseau ferré au cœur des montagnes ont aidé à la construction des usines, assuré le transport du matériel et des produits de fabrication. Et ainsi s'est créée une industrie régionale utilisant sur place l'énergie des cours d'eau. Aujourd'hui ce marché déborde les Alpes et gagne les plaines voisines,toujours plus avides d'énergie électrique.

Les conditions économiques sont ainsi venues renforcer les aptitudes naturelles de la région. Il nous reste maintenant à montrer comment elles se sont associées dans les usines des Alpes.

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