ALI>ES DU SVD
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ciers, la capitale intellectuelle et économique des pays
If. — LES ALPES DU SUD 1. Aptitudes générales.
Les Alpes du Sud sont beaucoup moins riches que celles du Nord en forces hydrauliques. Leur hauteur générale diminue rapidement du Nord au Sud. Pour le domaine de la Durance, la part des régions supérieures à 2000 mètres n'est déjà plus, en amont de Sisteron, que de 32 pour 100. Ainsi les hauteurs de chute sont de plus en plus réduites, en même temps qu'il est de plus en plus difficile d'en aménager d'artificielles. Les vallées, trop évasées dans les calcaires tendres, les schistes et les terres noires, réduites à d'étroits canyons dans les calcaires durs, manquent tantôt des abrupts nécessaires à l'installation des conduites, tantôt de l'espace indispensable ik la construction des usines.
Plus défavorable encore est le régime des eaux. Les précipitations sont moins abondantes, les neiges plus rares et plus vite fondues, les glaciers absents. La durée des périodes de sécheresse entre les pluies hivernales et les averses d'automne, l'intensité de l'évaporation dans un pays très lumineux balayé de vents secs, réduisent dans des proportions considérables la part des eaux courantes. Les débits kilométriques diminuent,
tombant à 25 litres pour la Durance, à 1" '■' —
la Drôme. Les débits elTectifs sont très ir les hautes eaux de printemps et celles i se creuse un palier en < fond de bateau », accusé et d'autant plus long que l'on s' aval vers le Sud. Entre la poussée automnale
printemps se place un second palier plus relevé que le précédent, grâce aux pluies d'hiver, mais fort déprimé. La régularisation des cours d'eau s'impose, ici, plus impérieusement que dans le Nord.
Faut-il en conclure que les Alpes méridionales sont totalement dépourvues d aptitudes ? Il s'en faut <le beaucoup. D'abord, la haute Durance, qui se rattache au groupe des grands torrents du Nord, est à la fois abondamment pourvue d'eau et très inclinée. La vallée moyenne et inférieure, disposée en vaste conque au cœur des montagnes, rassemble et concentre les débits (42 mètres cubes à Sisteron, 61 mètres cubes à Mirabeau, à Tétiage). D'autre part, ouverte largement vers les plaines provençales, toute rapprochée de la mer et des ports de la côte, elle dispose d'un marché des plus actifs, qui, en assurant le placement rémunérateur de ses forces, lui permet de faire face aux frais de construction des usines et d'entreprendre l'aménagement des réservoirs indispensables à leur fonctionnement régulier. Les aptitudes économiques, supérieures aux aptitudes physiques, assurent ainsi aux forces hydrauliques des Alpes méridionales un avenir plein de promesses.