ALPES DU NORD
pour chaque région des Alpes du Nord, nous obtenons les chiffres suivants :
Hautes vallées transversales .... 410 000 HP
Dépression alpine ........ 240 000
Région subalpine 150 000
Total 800 000 HP
Les Alpes du Nord sont, par excellence, le domaine de la houille blanche. Elles sont la région de notre pays la plus riche en forces disponibles et aussi en forces aménagées. Leurs 800 000 HP, auxquels il faudrait ajouter les usines de la haute Durance qui s'y rattachent naturellement, représentent plus des trois quarts de l'énergie actuellement équipée dans les Alpes françaises et la moitié environ de l'énergie sortie de l'ensemble de nos usines.
La Savoie et le Dauphiné sont la patrie d'origine de la houille blanche. Nulle part au monde il n'a été autant fait pour elle. Leurs vallées ont été le laboratoire où Berges et Marcel Deprez ont conduit leurs premières expériences et obtenu leurs premiers succès. Ce sont leurs torrents qui ont animé les premières usines hydroélectriques de France. Plus tard, c'est à Grenoble, en 1902, que s'est tenu ce premier X^ongrès de la Houille blanche dont les travaux et l'activité devaient donner une si vigoureuse impulsion à l'industrie nouvelle.
Aujourd'hui l'industrie hydroélectrique est la principale source d'activité et de richesse des Alpes françaises du Nord. Elle y est, plus qu'ailleurs, indigène et enracinée. Il est vrai, plusieurs de ceux qui ont pressenti l'avenir des eaux courantes et qui ont trouvé les moyens techniques de l'aménager, étaient étrangers au pays. Mais plusieurs aussi étaient nés dans les Alpes. Leur volonté, leur ténacité a puissamment contribué à faciliter la tâche des autres. Enfin les moyens finan-
ciers ont été apportés par les habitants eux-mêmes. On estime que, sur les 400 millions qui étaient engagés en 1917 dans les industries hydroélectriques des deux provinces, plus de la moitié venait des banques locales, celles de Grenoble, de Lyon, Annecy, Ghambéry, et d'un certain nombre de petits établissements financiers établis dans de simples chef-lieux de canton.
Ce ne sont pas les seules attaches qui unissent la houille blanche avec le milieu indigène. La plus forte, c'est le surcroît d'activité qu'elle a provoqué dans les industries régionales. Sans doute un contingent considérable d'énergie est transporté au dehors, vers Lyon ou Saint-Etienne, mais ce n'est que la moindre partie. Tandis que les usines provençales de la Durance travaillent surtout pour les plaines, les usines dauphinoises et savoyardes emploient leur courant sur place. Plus de la moitié de la force issue des alternateurs est consacrée à des fabrications, à la papeterie, aux cons- ' tructions mécaniques, à la métallurgie, aux produits chimiques. Ainsi la houille blanche fait valoir dans la province même les capitaux qui lui sont confiés. Elle exploite les ressources locales, distribue des salaires, crée de l'activité et de la richesse.
Ainsi s'est développé au cœur des Alpes septentrionales un puissant foyer industriel profondément enraciné au sol. Grenoble en est le centre géographique. Installée dans la partie la plus ouverte et la plus vivante de la dépression centrale, elle est à portée de toutes les grandes vallées alpestres. Dans son domaine immédiat, elle a le Graisivaudan; toutes proches, vers l'Est, les hautes vallées intérieures : Isère, Arc, Romanche; à l'Ouest enfin la région subalpine, toute nouvelle venue à la houille blanche, mais riche d'avenir. Elle est au centre des passages, et commande les communications. Elle est, enfin, avec son Université, son