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Chapitre premier LBS BAUX COURANTES SOURCE D*ÉNERGIE

1. Historique. — Il est impossible de fixer par une date, même approxiinative, l'invention du premier moteur hydraulique. Elle est certainement très lointaine. De bonne heure, l'homme sut utiliser la force des eaux courantes. 11 construisit des roues en bois actionnées, en montagne par le courant rapide des torrents; en plaine, par lés eaux « éclusées » derrière un barrage, et s'en servit pour scier et débiter les troncs d'arbres, moudre le grain, forger le fer. 11 les employa aussi à élever les eaux et à irriguer les cultures. La célèbre machine de Marly, chargée d'arroser les jardins j de Louis XIV, était un moteur de ce genre.

Nos ancêtres, dont les appareils étaient très imparfaits, ne prélevaient sur les eaux courantes qu'une infime somme d'énergie. Ce prélèvement suffisait à leurs besoins, qui étaient modestes, et longtemps ils s'en contentèrent. Ce fut la période champêtre de l'histoire de la houille blanche. Mais un jour vint où l'homme entreprit d'exploiter plus activement les richesses de son domaine.

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II se mit alors* en quête àe nouvelles sources d'énergie. Il inventa la machine à vapeur, exploita les charbons minéraux. Et tout naturellement, il s'efforça d'obtenir des eaux courantes une participation plus active à son labeur.

Les recherches furent poursuivies simultanément en plusieurs pays. En France, Fourneyron, J on val. Fontaine, Girard; en Angleterre, Thomson; en Amérique, Francis et Pelton, travaillèrent, chacun de son côté, à construire un moteur hydraulique plus léger, plus résistant, plus docile et surtout plus rémunérateur que Tantique roue du moulin à eau. Leurs recherches ne tardèrent pas à aboutir. Vers 1850, le rouet primitif était devenu la turbine.

Le moteur trouvé, on s'efforça d'augmenter son rendement en accroissant la hauteur des chutes qu'il recevait. On employa à ces recherches nouvelles plusieurs années encore. En 1837, Fourneyron aménageait dans le grand-duché de Bade une chute de 112 mètres. En 1850, Girard se livrait, dans les environs de Gènes, à des essais du même genre. En 1867, un papetier de Brignoud, Fredet, cherchait de son côté, dans les Alpes, la solution du même problème. Ce fut Aristide Berges qui la trouva.

Berges était un Pyrénéen de l'Ariège, ingénieur des Arts et Manufactures et papetier. Installé, en 1868, à Lancey, dans les Alpes du Dauphiné, au pied du massif de Belledonne, il réussit, dès l'année suivante, à aménager une chute d'eau de 200 mètres aboutissant à ses^ turbines par une conduite métallique établie à flanc de montagne. Cette installation lui donna une énergie de 1000 HP. Il s'en servit pour fabriquer de la pâte de bois qu'il vendit aux usiniers de la région. Six ans plus tard, il annexait à sa fabrique de pulpe une papeterie. Pour lui assurer un outillage plus puissant, il osa, en

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