Le Jura
Les forces hydrauliques utilisables dans le Jura sont évaluées à 200 000 ou 300 000 HP. Ce n'est, dans l'ensemble des forces de notre pays, qu'une modeste contribution. Elle est cependant loin d'être sans intérêt. I^es cours d'eau jurassiens ont, d'ordinaire, des débits soutenus et régularisés par les calcaires. Hs sont faciles à aménager, surtout le long des défilés et des cluses creusées à travers les chaînons. Enfin les usines qui
LE JVIIA 83
utilisent leurs eaux trouvent sur place et sans diflicullé l'emploi de leur énergie dans les campagnes, les petites villes de la montagne et dans les industries locales.
On peut distinguer dans le Jura trois (groupes de cours d'eau utilisés :
l" La Valserine actionne deux petites usines : Sous- Hoche (900 HP consacrés à U traction) et Chanteau, à Bellegarde (1000 HP pour l'éclairage). On projette l'aménagement d'autres forces destinées à être dirigées vers le pays de Gex.
2' Sur l'Aia, les forces aménagées forment trois groupes :
a) Sur le cours supérieur se succèdent plusieurs petits établissements, presque tous des forges : Nozeroy, Bourg-de-Sirod, Syam, Champagnole, Pont-de-Navoy, le lac de Chalain, Le total ne semble pas dépasser 5000 HP.
b) Sur le cours moyen, l'usine du Saul du Mortier donne 5000 HP. La Bienne, qui rejoint l'Ain un peu plus bas, a toujours été utilisée par les industries ' locales [tournerie, horlogerie), très nombreuses dans cette haute région. Elle n'actionne encore que deux petites usines hydroélectriques : l'usine de Saint-Claude, alimentée par l'Abirae, et celle du Pont-de-Molinges (1000 HP en tout). L'énergie de ces trois établissements est utilisée dans la région industrielle de Saint-Claude. Un autre affluent tout voisin, l'Oignin, déve — '" ■■- '-* de Nantua, actionne deux usines de 1500 H Izernore et Charmines. Elles servent les pe
tries de la région de Saint-Claude et d'Oyoi loïd).
c) EnGn, dans son cours inférieur, à la tr.
derniers délilés qui précèdent son entrée en f actionne encore un groupe de petites usines i considérable, Pont-d'Ain, ne dépasse pas
Mais Y Energie électrique Rhône et Jura vient d'entreprendre, en amont de Pont-d'Ain, à Gize-Bolozon, la construction d'une puissante centrale de 24 000 HP qui doit marcher en parallèle avec Chancy-Pougny, sur le Rhône. Le courant est destiné à être envoyé sur Montchanin et le Greusot. On estime que ces établissements métallurgiques économiseront annuellement 200 000 tonnes de charbon.
3" Sur le Doubs les usines du Refrain (10 000 HP) et de la Goule (3500 HP), à cheval sur la frontière, desservent les villages et les industries de la vallée et de ses abords. Il existe, en amont, sur le cours supérieur; en aval, le long de la boucle que le fleuve décrit, vers Saint-Ursanne, des forces importantes et des sites faciles à aménager. Mais il faudrait une entente préalable entre lés deux Etats riverains, et les négociations n'ont pas abouti jusqu'ici.
Plus bas l'activité reprend. Au-dessous de la cluse de Pont-de-Roide, par laquelle le Doubs franchit le Lomont et se dégage du Jura, il a été facile d'aménager le fleuve. Il y a là un véritable nid de petites usines serrées les unes contre les autres : Pont-de-Roide, Bourguignon, Mathay, Valentigney, Audiiicourt, Belchamp, Golombier, la Pretière. La plus grosse a 2500 HP, et le total ne dépasse guère 6000 HP. Mais c'est un appoint d'énergie très appréciable, qui contribue à l'activité des établissements métallurgiques, des tissages et des papeteries de Montbéliard, de Valentigney et de la région.
Au-dessous de Besançon et jusqu'au confluent de la Loue, le Doubs actionne encore quelques modestes établissements et fournit 2000 à 3000 HP employés à l'éclairage, à des fabrications de pulpe et de papier et à des ateliers locaux. La Loue est mieux utilisée. Abondante et régulière, grâce aux sources que lui versent