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LE RHONE

2° Au point de vue technique, l'aménagement du fleuve est conçu de telle façon que les trois problèmes de la navigation, de l'irrigation et des forces motrices sont résolus simultanément et sur l'ensemble du fleuve. Mais tout repose sur l'aménagement des forces hydrauliques. C'est la houille blanche qui, par la création de barrages de retenue et de dérivations, fournira les tronçons de voie navigable qu'il suffira de rendre accessibles par des écluses. C'est elle qui résout le problème du pompage et de l'irrigation au moyen d'un prélèvement insignifiant de l'eau du fleuve. Ainsi la houille blanche met d'accord ces deux rivales séculaires, ia batellerie et l'agriculture. Et, en même temps, en assurant des bénéfices immédiats, capables de servir de gage à des emprunts, elle ménage les finances de l'Etat, et • écarte la redoutable objection de l'énormité des dépenses. La houille blanche fournit donc les termes de cette élégante solution.

Dans leurs grandes lignes, voici quels sont les futurs aménagements du fleuve.

Sur le Rhône supérieur, de la frontière suisse à Lyon, le projet distingue d'abord la section non navigable. Dans cette section, longue d'une quarantaine de kilomètres, le Rhône franchit la partie la plus accidentée de son cours, qui est aussi la plus facile à aménager. Le fleuve y débite 120 mètres cubes à l'étiage, 280 mètres cubes en eaux moyennes. Il dispose d'une forte pente (2,25 pour 1000) et traverse les premiers chaînons du Jura par des cluses très favorables à la construction des usines. Un premier défilé (Fort l'Écluse et Bellegarde) est déjà utilisé par la vieille usine de Bellegarde. Au-dessous, le Rhône s'enfouit dans une profonde crevasse, parfois réduite à 6 mètres de largeur, qu'il a creusée lui-même dans les. calcaires et dont il ne sort qu'aux environs de Seyssel. Sur cette section, plusieurs

. I,e projet Blondel, Harlé et uction, à la hauteur de Génïs- Dètres, capable de retenir une ions de mètrea cubes d'eau, s jusqu'à la frontière suisse, des cultures et l'usine de Belré par la Société des forces jnt cette usine est la propriété) ue par deux barrages de 30 et Hivernent à Bellegarde et à mont de Génissiat. Dans les 1 serait assurée par un système 1 de groupes d'écluses, jes de retenue a soulevé de ersaires évoquent le danger

d'étanchéité des calcaires, la ■

à tout le moins le risque du sants apports de l'Arve- Ils

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tent alimentée par le fleuve,

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entre les deux systèmes.

adoptera, on peut compter rniront dans cette partie de I HP, le quart environ de la euve entier, La plus grande :ie sera utilisée par la Ville

s'est assuré les trois quarts mes. Le reste sera employé soutenir les usines des Alpes ut pendant l'hiver, usqu'à Lyon (155 km.), le

■ '--a pente tombe à 0,64 oasible d'aménager que de

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basses cKutes. Le projet prévoit cinq dérivations situées tantôt sur la rive droite, tantôt sur la rive gauche, alimentant respectivement six usines de 5 à 19 mètres de hauteur de chute. La plus puissante serait celle de Maty, ou du canal de Savières [kl 000 HP). Au total, et non compris Jonage qui conserve son autonomie, 170 000 IIP. La navigation sera assurée, partie par les dérivations munies de vannes mobiles, partie par le fleuve lui-même, enfin par un tronçon de canal branché sur la dérivation de Jonage, contournant Lyon et rejoignant le fleuve en aval de la ville. Ce canal, établi à la périphérie d'une banlieue déjà fort active, provoquerait la construction de nouvelles usines et aboutirait à une vaste gare fluviale qui serait le port de Lyon.

De Lyon à la mer, la pente diminue (0,56 pour 1000, relevée à 0,77 entre la Drôme et l'Ardèche]. En revanche, le débit grossit régulièrement. L'énergie proviendrait de douze usines : six entre Lyon et l'Isère, toutes inférieures à 20 000 HP, à l'exception de Saint- Rambert d'Albon qui donnerait iO 500 HP; trois, de l'Isère à l'Ardèche (30 000 à 52 000 HP), trois dans la dernière partie du fleuve où la pente plus faible impose de plus longues dérivations. La plus puissante, Donzère- Mondragon, donnerait 70 000 HP.

De Lyon à Beaucaire, le Rhdne fournira donc une énergie totale de 387 000 HP, prélèvement minimum qu'il sera facile de grossir en aecroissai d'eau envoyé dans les dérivations. La na^ assurée par ces mêmes dérivations, ou dir le fleuve dont le plan d'eau se trouvera reh rant ralenti par les barrages mobiles install des canaux. En même temps sera résolu non moins pressant des irrigations le Ion La Valloire, la Bayane de Valence, le Comt plaines alluviales aux riches cultures; les t C A VAILLES. — Houille blanche.

teuses de la Crau; les plaines du Gard, asséchées par le soleil et le mistral, recevront leur part des eaux du fleuve, pompées et élevées au niveau nécessaire par Ténergie des chutes.

On estime que l'aménagement du Rhône ne pourra être réalisé en moins de quinze ans. Les travaux achevés, la France disposera de 260 000 hectares de bonnes terres cultivables qui s'ajouteront à son domaine. Elle sera maîtresse d'une voie navigable à grand rendement, capable de recevoir des chalands de 1000 tonnes, étendue d'Arles à Lyon, reliée à Marseille par le canal de l'Estaque, à la Seine et au Rhin par la Saône et le Doubs, à la Suisse par le Rhône supérieur.

Mais l'essentielle fonction du Rhône sera d'ajouter aux forces aménagées en France un contingent de 750 000 à 1 000 000 de HP et d'assurer la régularisation définitive des usines des Alpes. Le long de sa vallée circulera un courant continu, un véritable fleuve d'énergie électrique. Entre les usines de la montagne et celles de la plaine, les échanges seront permanents et l'union étroite. Ainsi s'achèvera la création d'un réseau de forces unique au monde.

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