V. — LE SUD
Le Sud du Massif Central écoule ses eaux vers l'Océan par Je Tarn et ses affluents, l'Agout et l'Aveyron. Ces rivières s'alimentent aux Cévennes, à la Montagne Noire, aux Causses, c'est-à-dire aux mêmes sources que l'Ardèche, la Cèze, le Gard, l'Hérault, et les autres tributaires de la Méditerranée. Mais les eaux qu'elles en reçoivent sont moins abondantes en automne et plus soutenues pendant le reste de Tannée. Ce régime, qui les rapproche à la fois des tributaires du golfe de Gascogne et de ceux de la Méditerrartée, leur assure des eaux plus régulières et des étiages moins longs. Les usines ont d'ailleurs la ressource de faire appel aux forces pyrénéennes, avec lesquelles elles sont, on le sait, associées. Elles peuvent aussi compter sur les usines thermiques de secours que les charbons de Decazeville et de Carmaux permettent d'alimenter à peu de frais.
L'aménagement des eaux courantes a donc été facile. Il a, d'autre part, toujours été assuré d'être rémunérateur. La partie méridionale du Massif Central et les vallées qui l'avoisinent sont une région de vieille activité industrielle. Les manufactures de drap et les ateliers de délainage de Castres, de Mazamet, de Bédarieux; la métallurgie, la verrerie, les mines d'Albi, de Carmaux et de Decazeville; les mégisseries de Castres et de Graulhet constituent, pour l'énergie électrique,
un foyer de consommation des plus avantageux. Ainsi s'explique que le Tarn et ses affluents aient été de très bonne heure utilisés. Leur aménagement a précédé celui de toutes les autres rivières du Massif Central. Ici, comme partout, ce sont les besoins du marché qui ont dirigé l'aménagement des eaux courantes.
Le Tarn fournit actuellement plus de 30 000 HP. A Truel, au point oii il quitte les granités du Levezou, il actionne un premier établissement de 8000 HP, propriété de ï Energie électrique de la Sorgue et du Tarn, qui envoie son courant à Decazeville. Plus loin, il quitte définitivement les terrains anciens pour entrer dans la région des plaines. Là se trouve, un peu en amont d'Albi, le célèbre Saut de Sabo, succession de cascades et de rapides d'une hauteur totale de 19 mètres. Le site est utilisé par quatre usines (sous -peu, 16 000 HP). Ces quatre établissements sont la propriété de la Société des Hauts Fourneaux, Forges et Aciéries du Saut'du-Tarn. Ils desservent le centre métallurgique de Saint-Juéry. La Société pyrénéenne d'énergie électrique exploite trois autres usines sur \e Tarn, en aval d'Albi. La plus importante, la Bourélie, fournit 4500 HP. Les trois usines de la Pyrénéenne marchent en parallèle avec Orlu et desservent le même réseau de distribution. De petites installations fournissent la lumière et la force à Gaillac, à Rabastens, à Montauban. Enfin, l'Agout, au point où il passe des terrains anciens à la plaine, est activement utilisé. L'usine de Luzières (Forces motrices de l'Agout) fournit 27 000 HP à Castres, à Mazamet, Cette et Béziers.
Au total, le Tarn et ses affluents fournissent un contingent d'environ 40 000 HP. Ils peuvent donner beaucoup plus. D'importants projets sont en voie d'élaboration. La Compagnie des Chemins de fer du P.-L.-M. envisage, pour sa part, la construction de trois usines
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sur le haut Tarn, en amont de son confluent avec le Tarnon, à Pont-de-Montvert, aux Salles, à Florac. La première de ces usines serait alimentée par un réservoir de 45 millions de mètres cubes établi en terrain granitique, au pied de la Lozère, dans une des régions les plus mouillées de notre pays. Elle serait équipée pour 20 000 HP. Sa chute, haute de 448 mètres, paraît devoir être la plus haute du Massif Central.