‹ La houille blancheChapitre 38 sur 55 · VL — RÉSUMÉ ET CONCLUSIONS · texte numérisé non relu

VL — RÉSUMÉ ET CONCLUSIONS

On peut évaluer, en chiffres ron^s, à 275 000 HP, le total des forces aménagées au 31 décembre 1921 dans les diverses parties du Massif Central. Ce prélèvement va se trouver prochainement accru dans de fortes proportions. Le jour où seront réalisés les travaux en cours ou en projet, ce sera plus d'un demi-million de chevaux que la France du Centre et du Sud-Ouest aura à sa disposition.

Il n'est pas inutile de marquer par quelles étapes cette grande entreprise sera passée. Ce sont les mêmes que la houille blanche a franchies dans la plupart des pays de vieille activité industrielle. Au début, le Massif Central exploitait directement la force de ses torrents et de ses fleuves pour actionner des moulins, des papeteries et d'autres ateliers. Ces établissements, tous très petits, étaient extrêmement répandus. Une partie d'entre eux reçut d'abord un équipement électrique en même temps que de nouvelles usines s'édifiaient. Cette transformation, œuvre des petits industriels agissant pour leur propre compte, marqua un premier progrès. Un second ne tarda pas à le suivre. Ce fut l'aménagement, par des sociétés, d'usines plus importantes destinées à desservir les centres industriels de l'intérieur ou des abords immédiats du Massif. Ainsi furent amé-

iE MASSIF CENTBAL 143

nagées l'usine de Rochebut pour Montluçon ; celles de la Loire, de l'Ance et des deux Lignon pour Saint- Etienne; celles de la Sioule pour Clermont-Ferrand ; celles de la Vienne pour Limoges ; celles du Tarn et de TAgout pour Albi, Castres et Mazamet. Ces travaux, qui se poursuivent encore, créèrent, autour de chaque groupe industriel, des foyers d'énergie électrique beaucoup plus puissants, mais encore dispersés et distincts les uns des autres. Jusqu'à la guerre, et si l'on excepte Tuilière, l'exploitation de la houille blanche restait donc limitée aux besoins du marché intérieur.

Nous entrons aujourd'hui dans une troisième et dernière période de cette histoire. Elle est caractérisée par la construction de puissantes usines, par des aménagements d'ensemble de tout un fleuve et par l'organisation de vastes réseaux de distribution destinés à répandre au loin et à vendre l'énergie électrique. Cellelà, qui s'ouvre à peine, complétera l'aménagement hydroélectrique de la France intérieure.

Ainsi l'énergie électrique issue du Massif Central est appelée à une double fonction. Une part considérable restera employée sur place. Elle servira l'activité des groupements industriels de la région : les aciéries de Saint-Chamond et du Creusot, les établissements métallurgiques d'Albi et de Montluçon, les textiles de Saint-Etienne, de Roanne, de Mazamet et d'Aubusson, la céramique, les cuirs, le caoutchouc, la verrerie de Limoges, de Clermont-Ferrand, de Garmaux. En abaissant le coût de la force motrice, en la mettant à la portée des plus modestes ateliers, en facilitant les transports par voie ferrée, elle rajeunira les vieilles industries et en créera de nouvelles. Le reste s'en ira au dehors. Du Massif Central, déjà, le courant électrique se répand, vers le Nord et vers l'Ouest, dans les plaines agricoles du Berry, du Poitou et de la Vendée. Il atteint

144 LA HOUILLE nLANCHE

Angoulêrae et les ports de la côte. Vers le Sud, il dessert Bordeaux et ses industries. Il se répand le long des vallées et au travers des plateaux de la Guyenne et du Languedoc. Partout il entre en lutte avec le charbon, avec l'énergie venue des Pyrénées et des Alpes, ou il s'associe avec eux dans des réseaux communs.

Adapté à ses fonctions nouvelles, le Massif Central sera ainsi, comme par le passé, un des éléments essentiels de la richesse française.

Bibliographie sommaire.

Le Service des grandes forces hydrauliques n'a encore publié que des renseignements provisoires sur les forces aménagées dans la région du Centre. Sur le mouvement des eaux, le régime des rivières et les usines, il a bien voulu nous communiquer des documents que nous avons été heureux d'utiliser. Nous avons consulté en outre :

A. Demamgeon. Le relief du Limousin (Annales de géographie, XIX, 1910, p. 120).

Ph. Glangeaud. Le plateaU de Millevaches, ses cycles d'érosion, ses anciens glaciers et ses tourbières (Comptes rendus de l'Académie des sciences, 2* sem., 1919, t. CLXIX, 10 novembre 1919, p. 863).

P. MoRm. L'énergie hydraulique dans le Massif central de la France. Dordogne et Truyère (Extr. de la Revue générale de l'électricité, 8 février 1919, t. V, p. 219-227).

A. Angot. Régime pluviométrique de la France; deuxième partie. Régions Sud-Ouest et Sud (Annales de géographie, XXVIII, 15 janvier 1919, p. 1-27).

Congrès franco-américain de Tours (21-23 sept. 1919). Aménagement des cours d'eau du bassin de la Loire. Travaux préparatoires et compte rendu. Paris, 1920.

Et de nombreux articles du Génie civil et de la Revue générale de l'électricité.

Pour le Tarn et ses affluents, qui dépendent de la Région du Sud-Ouest t voir la Bibliographie du Chapitre II.

Lr GALLoui>DEc. Lu Loire. Élude de fleuve. Paris, 1910.

Page 1