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La|)^éFi]insuleBcaii:âmave. — La péninsule Scandinave est, avec les Alpes, la région de l'Europe la plus riche en forces hydrauliques. Il est vrai que les hauteurs de chute y sont, sauf dans la partie occidentale, pour la plupart très petites, et que les débits des rivières sont très inégaux. Mais la topographie superficielle, caractérisée par le modelé glaciaire, est extrêmement favorable. Les laos 'innombrables, situés à toutes les altitudes, de toutes formes et de toutes dimensions, assurent des réserves inépuisables et soutiennent les débits aux époques de l'étiage. Le sol, semé d'obstacles, impose aux cours d'eau des rapides et des chutes faciles à aménager. Nulle part au -monde, sauf au Canada, le prix d'installation des usines n'est aussi faible.

La .Sttééïe, sur un totaldisponibleévaluéà 10000 OOOHP, en a équipé 1 200 000. Elle n'a que des usines de basse chute. La plus curieuse e^ probablement l'usine de Porjus, située à 50 kilomètres au nord du Cercle polaire, sur le Lule elf. Elle est munie d'un dispositif spécial qui lui permet d'envoyer un courant d'air chaud •dan^ le bassin de mise en charge et d'éviter le gel de Teau dans les conduites. Les 50 000 HP de la chute de Porjus assurent l'exploitation des mines de fer de Gellivare et de Kiruna et la circulation des convois sur la ligne de Narvik, port de la mer du Nord d'où s'expédie le minerai. Les usines suédoises sont extrêmement nombreuses et répandues sur toutes les parties du territoire. C'est naturellement dans la dépression centrale que leur densité est la plus grande et que l'aménagement des eaux est le plus avancé, cette région centrale étant, de Stockholm au Skagerack, la région la plus peuplée et la plus active. Ce n'est cependant pas au centre que se trouvent les principales usines suédoises. Les plus puissantes forment trois groupes :

1^ En ï)alécarlie, le Dal, régularisé par le lac Silian,

Cavaillès. — Houille blanche. 12

actionne huit grands établissements : Mockfjârd (20 000 HP), Forshuvudforsen (21000), Kvarnsveden (15 000), Bullerforsen(32 000),AvestaStorfors, Lillfors et Nâs (ensemble 15 000), soit, au total, 100000 HP consacrés à l'exploitation du cuivre (Falun), du fer (Norberg) , à la fabrication de la pulpe et du papier, aux industries chimiques. Tout près de son embouchure, le Dal actionne encore deux usines de grande puissance: Untra (42 000 HP), propriété de la ville de Stockholm, et Alfkarleby (75 000), à l'Etat suédois. Toutes deux sont des centrales. Elles alimentent un vaste réseau de distribution, le plus étendu du royaume, et fournissent l'énergie électrique à Stockholm, à Upsal et à toute la Suède centrale.

2^ A l'Ouest, le Goetaelf, déversoir du lac Vener, franchit à Trollhattan un ressaut de 32 mètres. C'est la plus puissante chute de la péninsule Scandinave, une sorte de Niagara suédois. Sur ses bords a été aménagée une usine de 80 000 HP, qui sera prochainement portée à 110 000 HP et pourra en donner 200 000 le jour où seront achevés les travaux d'aménagement du Vener. Trollhattan alimente un réseau de distribution et de nombreuses industries : bois, pulpe, aciéries, constructions mécaniques, produits chimiques. Les tributaires du lac Vener sont tous plus ou moins utilisés, au moins dans leur cours inférieur. A l'exception des établissements de Gullspang (22 000 HP), de Forshultsforsen (22 000 HP) et de quelques autres, les usines qu'ils actionnent sont de petits établissements. La plupart travaillent le bois et fabriquent de la pulpe.

3° Sur le pourtour du plateau de Smaland se répartissent une série d'usines actionnées par les cours d'eau qui en descendent. Les plus importantes sont à l'Ouest, celles du Lagan, de l'Atran et du Viskan. L'énergie produite est mise en distribution ou utilisée sur place à

des fabrications (tissages et produits chimiques). Une partie du courant issu des centrales du Lagan est expédiée au delà du Sund à Copenhague et dans le Danemark par une ligne de transport sous-marine.

Le développement de l'industrie hydroélectrique, a été, en Suède, remarquable. C'est qu'elle a trouvé sur place un marché actif: une population assez nombreuse (5 500 000), quelques grandes villes et surtout des ressources industrielles. Le courant, très bon marché, est anîaard'hui d'un emploi général pour l'éclairage, la traction des tramways, les usages domestiques, ainsi que pour les voies ferrées dont la transformation est commencée. Mais le principal débouché de l'énergie hydroélectrique est offert par l'industrie. La Suède avait d'anciennes traditions industrielles, des matières premières abondantes, le bois, le fer, le cuivre. L'électricité hydraulique a. trouvé tout de suite un accueil très favorable. Aujourd'hui toutes les industries sont tributaires de la houille blanche. L'énergie hydroélectrique assure la préparation de la pulpe, restée une des principales industries suédoises, le traitement des minerais de fer et de cuivre, les tissages du coton (Norrkôping surtout), la fabrication des allumettes (Yônkôping). Elle a provoqué la création d'industries nouvelles dont les plus actives se groupent à l'Ouest, aux abords de Trollhâttan : aciers spéciaux, alliages, ferrosilicium et ferro-manganèse, carbure de calcium, chlorates, produits ammoniacaux, etc.

La houille blanche, moins abondante en Suède qu'en Norvège, a donc trouvé sur place un marché et des capitaux. Elle est en train de faire du royaume Scandinave de l'Est, une des régions industrielles les plus intéressantes de l'Europe septentrionale.

La Norvège est plus riche en forces hydrauliques que la Suède, parce qu'elle reçoit des pluies plus abondantes

et qu'elle a des hautears de chute très supérieures, surtout à l'Ouest, le long de sa bordure maritime. D'autre part les frais de construction des usines (grâce à la raideur des pentes et à l'excellente qualité des matériaux) et les frais d'exploitation (grâce aux fjords qui pénètrent au cœur même du pays et permettent aux bateaux de jeter l'ancre dans le voisinage immédiat des chutes) sont plus réduits que partout ailleurs. Nulle part l'énergie électrique n'est aussi abondante (68 HP pour 100 habitants) et nulle part son prix de vente n'est aussi bas qu'en Norvège, le Canada excepté.

En revanche, la houille blanche ne trouve en Norvège qu'un marché très restreint. La population est très peu nombreuse (2 400 000 hab.), -les villes rares et petites, les matières premières peu abondantes et peu variées (le bois lui-même fait défaut sur les pentes occidentales des fjelde), l'industrie très peu développée. Quant aux transports, ils se font surtout par eau, le long des rivages. Ce pays si riche en eaux courantes ne sait que faire de sa richesse. Les usines vendent leur courant à vil prix et offrent aux acheteurs les conditions les plus avantageuses. Aussi l'usage en est-il universell. Il n'est pas une maison qui ne s'en serve pour s'éclairer, pour se chauffer, pour actionner de menus moteurs, même pour préparer les aliments.

Mais les services publies, l'éclairage des villes, la circulation des tramways et des quelques lignes que l'on a commencé à électrifier, les industries laitières et celles du bois, les besoins domestiques ne suffisent pas à absorber l'énergie aménagée. Il faut donc faire appel aux industries du dehors. La Norvège se prépare à exporter vers le Danemark, peut-être vers l'Allemagne, une partie de ses forces. Et surfout elle accueille les entreprises étrangères qui viennent, sur son sol, en utiliser le surplus. Ainsi des capitaux français ont

puissamment contribué i I&. création des usines du Skienseir. De même des capitaux anglais se sont intéressés aux industries de Hafslund et de Borregaard et s'emploient à équiper diverses chutes de la bordure occidentale. Sur un total de forces utilisables évalué à 12000000 HP, la Norvège en a équipé 1 630 000.

1° L'intérieur est la région la moins riche, mais la plus activemeut exploitée. Cependant l'industrie n'a guère ajiiénagé jusqu'à te jour que le cours inférieur des fleuves. C'est notamment le cas du Glommen et du Guldbrandsdalslagen, qui, après avoir traversé le lac Mjosen, le plus grand des lacs norvégiens, vient rejoindre te Glommen dans un grand bassin lacustre, Le lac Oieren. En amont du tac Oieren, l'établissement de Rânâsfoss donne 72 000 HP. Entre le lac Oieren et la mer, le Glommen descend de 103 mètres avec un parcours de 30 kilomètres. 11 franchit cette courte distance par sept cbutesdont quatre sont actuellement aménagées : Solbergfoss (70 000 HP), Kykkelsrudfoss (47 000 HP), Vammafoss (73 000 HP) et Sarpsfoss (t'.OOO). Ces quatre puissantes usines envoient une partie de leur courant à Christiania et desservent le centre industriel de Hafslund et de Borregaard (bois, métallurgie, produits chimiques). Grâce aux réserves des deux lacs dont le premier a été aménagé il y a plus d'un demi<siècle au moyen d'un barrage, on peut compter sur un débit minimum de 220 mètres cubes à la seconde, et accroître considérablement le rendement des usines. L'usine de Vamraafoss est en voie d'agrand '"'"'""'"' On estime qu'elle pourra aisément donner 2Ûi Elle sera le Trollhattan de la Norvège.

Le Drammenselv, le Nummedalslageo ai eux. aussi, dans leur cours inférieur, d'ini usines, d'un total d'environ 60 000 HP. Mais raient donner beaucoup plus. Le Nummedalsli

chit notamment les deux chutes de Nore. L'Etat norvégien a entrepris l'aménagement de la chute supérieure qui fournira 150 000 HP moyens. Elle desservira tout le Sud-Est de la Norvège.

Le Skienselv, à l'inverse des rivières précédentes, est aménagé sur tout son parcours. Une de ses branches supérieures, le Maanelv, déversoir du lac Mjosvand (altitude 900 mètres), qui a été aménagé et lui sert de régulateur*, actionne les usines aujourd'hui célèbres de Rjukan I et Rjukan II, dont la puissance atteint respectivement 122 000 et 145 000 HP et qui envoient leur courant à l'usine de Saaheim. En aval du lac Tinnsjo (altitude 190 mètres), le fleuve actionne encore quatre centrales, plus anciennes que les précédentes : Aerlifoss, Svaelgfoss, Lienfoss, Tinfoss, d'un total de plus de 100 000 HP. La plus grande partie de cette énergie est fournie par Svaelgfoss (45 000 HP) et transportée à Notodden. Saaheim et Notodden constituent actuellement un des principaux foyers industriels de la péninsule Scandinave, et le premier centre du monde pour la production des nitrates et de l'ammoniaque. Elles sont la propriété de la Société norvégienne de l'azote que soutiennent des capitaux français. On sait les grands services qu'elle a rendus aux alliés.

Sur le Nidelv, les 35 000 HP de l'usine de Boïlefoss sont consacrés à la fonderie de Arendal et à l'électrochimie.

2<* La lisière occidentale de la Norvège, dressée en falaise au-dessus de la mer du Nord, arrosée par des pluies surabondantes (on a relevé 4 m. 32 dans le domaine du Blaaelv, au sud de Bergen), est la partie de la péninsule la plus riche en forces hydrauliques.

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