Voir première partie, chapitre II, p. 1t
Mais elle est à peine peuplée et, en dehors des conserves de poissons, médiocres clientes pour les centrales, les industries y sont rares. Aussi l'aménagement est-il encore peu avancé. La plupart des usines distribuent lumière et force aux villages de pécheurs égrenés le long du Skicergaard.
Mais l'industrie équipe peu à peu les l'hutes de celte bordure si bien douée. Les plus puissantes de celles qui ont été aménagées se répartissent aisément sur une carte. Aux abords du golfe de Stavanger, un premier groupe fournit environ 80 000 HP aux usages ménagers et aux pêcheries. Autour du Hardangerfjord et dans son voisinage, S50 000 HP : les forces les plus importantes proviennent de deux torrents, le Tyss et l'Odda, déversoirs d'un complexe de petits lacs de forte altitude, capables de fournir, en deux chutes, 300 000 HP. La chute supérieure, seule aménagée, donne 140 000 HP utilisés surplace à la fabrication du carbure de calcium et de la cyanamide. D'autres usines [Bjôlvo, Samnanger) fournissent 60 000 HP à la ville de Bergen. Aux abords du Sognefjord, enSn, les usines équipées donnent encore 200 000 HP [usages ménagers, aluminium, électrochimie). Les plus puissantes seront celles de Matre (80000 HP) etdeTyin, en voie d'aménagement. L'usine de Tyin aura 1000 mètres de chute et fournira 100 000 HP. Au nord du Sognefjord, les forces aménagées sont plus rares. Cependant Trondjem s'alimente abondamment d'énergie au Nidelv et au Follacer, torrents des environs. L'usine la plus septeulrionale, Glomfiord, à l'Etat norvégien, donne 75 000 HP.
Le Canada. — Le Canada, sur environ 22 (
disponibles, en avait aménagé, en 1920, 2 4:
en y comprenant les usines en construction,
Le Canada oB're, à l'utilisation des eaux
des aptitudes qui se rapprochent beaucou]
des pays Scandinaves. Comme la Suède et la< Norvège, c'est une vaste plate-forme très anciennement consolidée, une vieille surface au relief émoussé que l'érosion ^aciaire a afibuillée, semée de lacs innombrables où les eaux s'amassent et d'obstacles de toute nature qui rompent le cours des rivières et leur imposent des rapides et des chutes de médiocre ou de faible hauteur, mais extrêmement fréquentes. Au Canada, les hivers étant longs et rigoureux, les débits hydrauliques sont très inégaux et la régularisation par les lacs est la condition essentielle de l'aménagenient des cours d'eau.
Les forces hydrauliques- du Canada se groupent tout naturellement dans les cadres des diverses provinces dont l'ensemble constitue le Dominion :
1<* Les Provinces maritimes (Nouvelle^Ecosse, Nouveau-Bruns wick, rie du Prince-Edouard) sont parcourues par une foule de petites rivières aux eaux abondantes et régulières, coupées de chutes et de rapides innombrables. Les usines^ quelles actionnent utilisent sur place leur énergie dans le travail du. bois, dans les» scieries, les fabriques de pulpe et de papier,, les mines d'or, ou l'envoient vers les villes de la côte. Aussi sontelles très nombreuses, dispersées un peu partout à la surface du pays, et de très faible puissance. Les plus importantes se trouvent sur la Miersey (3000 HP) en Nouvelle-Ecosse, et sur la rivière Aroostook (3800 HP) dans le Nouveau^Brunawick. Encore cette demièce, qui. se trouve située tout près de la frontière des Etats- Unis, envoie-t-elle son courant dans le Maine.
Le total des forces aménagées ne diépasse guère 54^000 HP. Elles sont activement concurrencées par la houille du Cap-Breton, que le cabotage distribue à bas prix le long des côtes. Mais le pays offre de telles ressoucces et a de tels besoins (forêts, mines, industries laidères,. éclairage des villes, etc.), que la houillb
blanche est assurée de trouver de larges débQuchés. Les forces les plus abondantes et les plus belles chutes restent actuellement inemployées.
2° La Province de Québec dépasse toutes les régions du Canada par l'importance de ses richesses hydrauliques, évaluées à 6.000 000 HP. Cette situation privilégiée s'explique par l'abondance des pluies venues de l'Atlantique, par l'étendue des domaines fluviaux, par la> topographie qui rassemble les eaux à la surface d'un vaste plateau creusé de lacs, et les jette en masses abondantes dans la vallée du Saint-Laurent par des déversoirs de très forte pente* L'énergie aménagée est utilisée pour le la?avail du bois, le sciage, la fabrication de la pulpe et du papier, par le travail des mines et par les industries chimiques. Elle atteint actuellement plus de 910 000 HP, distribués inégalement entre les districts de Montréal, de Trois-Rivières et de Québec.
Dans le distîrict de Montréal, les usines les plus puissantes sont installées sur le Saint-Laurent, entre le « lac » Saint-François et le « lac » Saint-Louis (Valleyfield 8130 HP; Saint-Timothée 30 000 HP; Cedars Rapids 130 000 HP; Soulange 15 000 HP), et, plus bas-^ entre le « lac » Saint-Louis et Montréal, le long des célèbres rapides de Lachine (20 000 à, 30 000 HP) . L'énergie est employée à des fabrications (aluminium) ou transportée à Montréal. Au Nord du grand fleuve, lea affluents de gauche de la rivière Ottawa fournissent quelques milliers de chevaux aux industries du bois. Au Sud, la rivière Richelieu actionne à Chambly une usine de 20 000 HP.
Dans le district de Trois-Rivières, les^ usines se répartisseat sur les affluents. Au Nord,, descendu du plateau lacustre à travers le rebord des Laurentides, c'est le Sainlî-Maurice. Le Saint-Maurice actionne trois usines : La Tuque (3500 HP) ; Grand'Mère (80 000) et
Shawinîgan Falls (150 000). L'usine de Shawinigan prépare l'aluminium et le carbure de calcium, travaille le coton, dessert Montréal et Trois-Rivières. C'est une des plus puissantes du monde. Au Sud, le Saint-François a trois usines d'un total de 35 000 HP. Trois-Rivières, où les réseaux de distribution concentrent l'énergie et la vendent à bas prix, est en train de devenir un foyer d'industries très actives.
Dans le district de Québec, l'aménagement des forces hydrauliques est beaucoup moins avancé. Les a£Quents de la rive gauche, descendus des Laurentides, actionnent un certain nombre de petits établissements qui sont, pour la plupart, des scieries et des fabriques de pulpe. Le plus considérable est l'usine des Sept-Chutes, sur la rivière Sainte-Anne de Montmorency. Elle est à la fois l'usine la plus puissante du district (24 000 HP) et la plus haute chute de toute la province de Québec (125 m.). Beaucoup de forces sont inutilisées. Le domaine du lac Saint-Jean, avec ses tributaires, représente, à lui seul, une énergie disponible de 600 000 HP.
3* L* Ontario n'est guère moins bien doué que la Province de Québec. S'il est moins abondamment pourvu de pluies et si les hauteurs de chute sont plus faibles, il bénéficie en revanche de l'énorme domaine des Grands Lacs et du Niagara. D'autre part, les forces hydrauliques disposent d'un marché plus actif, l'Ontario étant un peu plus peuplé et surtout plus industrialisé que la Province de Québec. Aussi le total des forces aménagées est-il sensiblement plus élevé (l 015 720 HP). Les usines hydroélectriques de l'Ontario se répartissent en deux groupes : au Nord, les cours d'eau de la plateforme, tributaires de la baie de Hudson ou des Grands Lacs ; au Sud, les rivières internationales.
Au premier groupe appartiennent les établissements actionnés par les affluents de droite de l'Ottawa
(Metabitchewan, Montréal, Chaudière). Ils sont très nombreux, presque tous consacrés au travail du bois, débitage, fabrication de la pulpe, menuiserie, etc. Le plus considérable est l'usine de Chaudière Falls, au confluent de la Chaudière et de l'Ottawa (36 000 HP). Ottawa est le centre le plus actif des industries fondées sur l'exploitation de la forêt canadienne. Le Trent, qui se jette dans le lac Ontario, fournit 75 000 HP aux petites villes et aux industries établies sur le rivage septentrional du lac. Les tributaires de la baie Géorgienne et du lac Huron(Spanish, Beaver, etc.) sont, eux aussi, activement exploités, tandis que ceux du lac Supérieur commencent à peine à l'être. Cependant, V Ontario hydroclectric Power Commission est en train de construire, sur le déversoir du lac Nipigon, une centrale de 60 000 HP qui sera la plus puissante de la province, après les usines du Niagara. Enfin, le Winnipeg supé* rieur fournit 20 000 à 25 000 HP. Quant aux tributaires de la baie James, leurs disponibilités, qui sont énormes, sont à peine entamées. H faut attendre, pour leur mise en valeur, l'apparition du rail et l'arrivée des colons.
Les rivières internationales sont le Niagara et le Saul t-Sainte-Mari e .
Le Niagara, qui conduit les eaux du lac Erié dans le lac Ontario, est le déversoir des quatre lacs supérieurs, c'est-à-dire d'un réservoir unique au monde. Aussi estil un fleuve d'une puissance et d'une régularité incomparables. Son débit moyen n'est pas inférieur à 5900 mètres cubes à la seconde et ses oscillations ne dépassent pas, en temps normal, 10 pour 100. La hauteur de chute utilisée jusqu'ici, celle des « Cataractes », atteint 50 mètres, la difliérence totale de niveau près de 100 mètres, sur laquelle 80 mètres sont utilisables.
Les usines se répartissent sur les deux rives. Sur la rive canadienne, elles sont au nombre de trois, d'un
total de 425 000 HP. Une quatrième est en construction, tout près du débouché du fleuve, sur l'Ootario, à Queenston. Celle-là, qui disposera d'une chute de 80 mètres, donnera 300000 HP. Elle sera, avec Keokuk, aux Etats-Unis, la plus puissante usine hydroélectrique du monde. La rive américaine a quatre usines d'une puissance de 386 000 HP. Le total dépasse 1 100 OjOO'HP. n y faut ajouter, en territoire canadien, l'usine de Decew-Falls, alimentée par le canal de navigation du Welland (57 000 HP).
Cet énorme contingent d'énergie est réparti sur les deux, rives par les réseaux de distribution. Le plus fort est attribué au Canada. Ausei la Province d'Ontario est-elle la région du monde la plus abondamment pourvue d'énergie électrique à bas prix. Le courant sert aux usages les plus divers. Il éclaire les villes (Toronto), actionne les tramways urbains et suburbains, anime de très puissantes industries (pulpe, métallurgie, machines agricoles, produits chimiques) et se répand dans les campagnes. La distribution est assurée presqjue entièrement par ï Ontario hydro-electric Power Commission,
Le Sault-Sainte-Marie ne fournit guère à la rive canadienne que 20 000 HP utilisés dans la métallurgie et les industries chimiqjues. Il pourrait fournir beaucoup plus.
4° Les Provinces de la Prairie (Manitoba, Saakatr chewan et Alberta) ont aménagé L37 000 HP. Leurs usines se répartissent sur le cours inférieur du Winnipeg (Point-du-Bois, 67 000 HP, et tsentrale du Pinnawa Channel 28 000 HP) et sur la rivière Bow, descendue des montagnes Rx)cheuses (deux usines et 33 000 HP). L'énergie est utilisée à l'éclairage des villes (Winnipeg), à la traction des tramways et aux travaux, agricoles^ Les forces disponibles inemployées sont énormes dans le domaine du Winnipeg, du Nelson et du Churchill.
5° La Colombie britannique est encore beaucoup plus
riche en ressources hydrauliques, car elle est un pays de hautes montagnes, et elle reçoit de l'Océan Pacifique les plus fortes précipitations de tout le Canada. Ses forces aménagées se répartissent en trois groupes d'inégale importance. Dans l'intérieur, les affluents du 'Fraser et de la Golomhia actionnent un certain nombre d'établissemenrts dont les plus importants sont les deux usines de Bonnington 'Falls (38 000 HP), sur la Kootenay. Il y a d'énormes Téserves dont l'emploi est ctssuré dans le travail du bois, l'exploitation des mines d'or et de cuivre et l'irrigation des terres sèches. Sur la côte, le long des fjords [inlets], se succèdent des établissements qui ressemblent beaucoup à ceux de la Norvège occidentale. Ils sont consacrés à l'éclairage et à la traction des tramways, à la fabrication de la pulpe 'et à l'exploitation des mines. Du Sud au Nord, se succèdent Stave Falls (26 000 HP), Buntzen (84 000), la R. Powel (24 000), la R. Link (11200) et un certain nombre d'autres. Le Falls Greek, à l'extrême Norddela Colombie, donne encore 7325 HP. Quant à l'île de Vancouver, elle possède trois usines d'un total de 40 000 HP environ.
États-Unis. — On est moins exactement renseigné sur les industries hydroélectriques américaines que sur celles des antres pays. Ce n'est pas que l'on manque de documents. Mais les uns sont déjà anciens de plusieurs années, ce qui est un fâcheux défaut pour une industrie aussi jeune que la houille blanche. Les autres sont plus récents, mais fragmentaires et d'origines diverses. Cependant, et en se résignant à des omissions et à des lacunes inévitables, on peut se faire une idée suffisante des ressources disponibles et des forces utilisées.
Le Geological Suri>ey évaluait, en 1908, le total des forces hydrauliques utilisables à 66 518 500 HP en eaux moyennes. Sur cet énorme contingent, les cours d'eau tributaires du Pacifique figurent pour 38 000 000 de HP,
c*est-à-dire plus de la moitié. Les forces aménagées s'élevaient, à la même date, à 5 356 000 HP. Naturellement, on a construit, depuis ce moment, un grand nombre d'usines dont quelques-unes, celle de Keokuk notamment, sont considérables. Nous n'en connaissons pas la puissance totalisée. Aussi nous abstiendrons-nous de fournir» pour les àïwtrses régionSy des données numériques qui seraient d'autant plus inexactes que FeUbrl d'aménagement n'a pas été partout le même.
Les forces aménagées se répartissent très nettement en trois régions distinctes :
1<> Le Nord a les mêmes aptitudes que le Canada : faibles hauteurs de chute, abondance et facilité d'aménagement des sites utilisables, pluies copieuses, débits régularisés par les lacs. La houille blanche dispose en outre d'un marché de premier ordre, le plus riche qu'il y ait au monde malgré la concurrence que lui fait le charbon minéral. De l'Est à l'Ouest, on distingue les groupes suivants :
La Nouvelle-Angleterre, où l'utilisation des eaux est très ancienne et très avancée. Un grand nombre de rivières du New-Hampshire, du Massachusets et du Connecticut sont entièrement aménagées. La plupart des usines sont de très petits établissements, comme celles des provinces maritimes du Canada, avec lesquelles elles ont les plus étroites analogies. Il existe cependant des centrales de grande puissance : Rumford, sur l'Androscoggin (55 000 HP), Holyoke, sur le Connecticut (40 000 HP). L'énergie produite est utilisée sur place ou à distance pour le travail du bois, la fabrication de la pulpe et du papier, la filature et le tissage du coton. Le grand centre industriel est Boston. Lowel et Manchester, sur le Merrimac ; Holyoke, sur le Connecticut; Fall-River, sur la côte, sont également des foyers très actifs.
L'Etat de New-York, venait, en 1908, en tète de tous les États américains pour le total des forces utilisées, avec 885 000 HP. Ce contingent considérable s'est largement accru en douze ans par l'aménagement de plus de 100 000 HP sur le Niagara et de diverses chutes moins importantes. Anciennes ou nouvelles, les usines se répartissent d'une part autour du petit massif des Adirondacks, presque toutes de faible puissance, mais très nombreuses. Les plus grosses sont celles de l'Hudson supérieur, du Moliawk (Little Falls, Utica). de rWestCanadaCreek(TrentonFalls, 27000 HP). D'autre part les tributaires méridionaux de l'Onlario, l'Oswego, le Genesee, alimentés par un complexe de petits lacs, actionnent plusieurs établissements. Enfin, aux limites de l'État, le Niagara possède, on l'a vu, quatre usines, d'un total de 386 500 HP. Les centrales du Niagara envoient leur courant dans ta région industrielle qui fait, en outre, appel aux usines canadiennes.
Le pourtour méridional des Grands Lacs (Micliigan, Wisconsin, Minnesota) présente une parfaite similitude avec la région canadienne qui lui fait face. Comme celle-ci, il porte partout les traces de l'action glaciaire, lacs et marais, chutes et rapides, faciles à aménager. 11 a l'avantage d'être beaucoup plus peuplé et, par conséquent, beaucoup plus actif. Aussi les usines sont-elles très nombreuses, échelonnées sur le . cours des rivières. Certaines sont entièrement utilisées ; le Muskegon, la Rivière au Sable, les Grands Rapides, le R. Saint-Joseph, dans le Michigan ; la Fox River, le Wisconsin et le Chippewadans le Wisconsin. ' " "'" blissemenls les plus puissants sont situés suri sipi où les chutes de Saint-Antoine ont fait > Paul et de Minneapolis un des principaux cent meunerie aux États-Unis. Plus bas, Keokuk, en 1914, fournit 300000 HP. C'est une usine
chute (9 m. 75) faite d'un barrage de 1417 mètres établi en travers du fleuve. Elle de&sert toute la région environnante et envoie son courant à Saint-Louis, à plus de 200 kilomètres de dtstanoe. Les usines du Sault Sainte-Marie ajoutent environ 25 000 «HP aux forces des États du Nord. C'était, en 1908, un contingent aménagé de 580 000 HP pour le Michigan, le Wisconsin et le ^Minnesota. Les 300 000 HP de -Keokuk n'étaient naturellement pas compris dans ce total.
2° La région orientale est,gràoe aux Alleghanys, très richement douée. L'aménagement y est moins avancé que dans le IVord. La région, surtout agricole, s'est longtemps contentée d'utiliser les rapides du cours inférieur. Mais les besoins grandissants des villes, ceux de l'industrie métallurgique et cotomiière qui prend aujourd'hui possession des Etats du Sud-E«t provoquent l'aménagement d'usines nouvelles. Les plus nombreuses et les plus puissantes sont établies au droit des cluses f^ops) par lesquelles les rivières débouchent des vallées intérieures sur la pilaine, et, d'autre part, le long delà faïl-line qu'elles franchissent après avoir parcouru les terrasses granitiques du Piedmont.
Du Nord au Sud, se succèdent :
Les centrales actionnées par la R. Passaïc à son débouché des montagnes, et qui desserve a t la région induslrielle de Paterson; l'usine de Mac Gall Ferry (135 000 HP) sur la Susquehanna; les usines de Ri(^hmond sur la Rivière James. Plus puissants encore sont les établissements de la région méridionale que favorisent les altitudes croissantes des Alleghanysetd'alKxndantes précipitations. Dans la Caroline du Nord, vient de s'achever la construction d'une énorme centrale de 120 000 HP sur la R. Yadkin, qui actionnait déjà dans la traversée du Piedmont de puissants établissements. Dans la Caroline du Sud, la Southern Poiver C exploite
à elle seule huit usines de plus de 150000 HP sur la Wateree, le Gatawba, la R. Broad. Et il y en a beaucoup d'autres. En Géorgie, la Ghaltahoochee et la Tallulah, fournissent, à leur débouché des montagnes, des forces considérables. On vient d'achever à Tallulah Falls une centrale de 75 000 HP qui dessert Atlanta et la région environnante. Enfin, dans l'Alabama, la R. Goosa, toujours à son débouché en plaine, actionne une usine de 75 000 HP qui pourrait être portée à 400 000 HP, et qui dessert la région de Birmingham.
3** La région occidentale est tout entière une région de hautes chutes, des plaines du centre au Pacifique. Elle n'a cependant pas toute entière les mêmes aptitudes, le régime des pluies et les conditions du marché étant très différents de l'Est à l'Ouest.
La chaîne orientale, les Rocheuses, a des pluies médiocrement abondantes et des débits très inégaux. Aussi l'aménagement des bassins-réservoirs y est-il une condition indispensable de l'utilisation des eaux courantes. Ges bassins servent à deux fins : l'irrigation des plaines bordières et la production de l'énergie.
Dans l'Etat de Montana, le Missouri et ses affluents le Yellowstone, le Madison et le Jefferson, actionnent à leur sortie des Rocheuses treize puissants établissements d'un total de 250000 HP, utilisés sur place à l'extraction du zinc et d'autres minerais, et, à distance, sur le réseau Ghicago-Milwaukee-Saint-Paul. Plus au Sud, la Platte du Sud et ses tributaires actionnent un certain nombre de petites stations et deux centrales de 25 000 HP ensemble. Gelles-ci marchent en parallèle avec un groupe de chutes aménagées, sur l'autre versant des Rocheuses, sur l'une des branches du Golorado, la Grande Rivière, et desservent la ville de Denver. La plupart de ces établissements consacrent une partie de leur énergie à l'arrosage des terrains de culture.
Cavaillès. — Houille blanche. 13
194 LA HOUJLLE BLANCHE
Avec le Colorado, nous atteignons le versant du Pacifique et les régions intérieures. Le Grand Bassin de rUtah possède, lui aussi, d'importantes stations. La plus puissante, celle de Grâce, sur la R. Bear, fournit 40 000 HP. Une autre chute de la même rivière, Wheelon, dessert Salt-Lake-City, à 200 kilomètres.
La chaîne occidentale, la Sierra Nevada avec son prolongement septentrional, la chaîne des Cascades, est douée des plus belles aptitudes. Très copieusement arrosée (1 m. 50 et 2 mètres en Californie, sur les pentes de la S. Nevada ; 2 mètres et même 3 mètres sur la chaîne des Cascades, dans l'Oregon et le Washington), pourvue de neiges hivernales et de puissants glaciers, elle se dresse d'un seul jet jusqu'à 4000 mètres et au delà, audessus du long couloir de basses plaines que limite d'autre part la chaîne côtière. Pour cette seule région, le total des forces aménagées est évalué par le Geological Survey à plus de 32 000 000 HP. En supposant que ce chiffre soit exagéré, il n'est pas douteux que les Etats de la bordure occidentale sont une des régions les plus riches en forces hydrauliques qu'il y ait au monde. D'autre part, l'énergie hydroélectrique est activement demandée pour l'éclairage des villes et la traction des tramways sur la côte et dans l'intérieur; pour l'exploitation des énormes forêts de la Nevada; pour l'extraction et le traitement des minerais, or, argent, cuivre, etc. Dès 1908, l'Etat de Californie se plaçait au second rang des Etats américains, immédiatement après le New- York, par le total des forces aménagées et après le Montana pour la puissance moyenne des usines f436 et 725 HPj.
Dans l'extrême Sud de la région, les eaux descendues des montagnes bordières actionnent sept usines d'une puissance totale aménagée de 120000 HP destinés à ragglomération de Los Angeles. La même ville reçoit le courant d'une autre centrale, plus puissante encore,
HOnS DE FRANCE 195
récemment installée, celle de Big Greek. Régularisée par un réservoir de 150 millions de mètres cubes, situé à plus de 2000 mètres d'altitude, l'usine de Big Creek, une des plus considérables de l'Ouest, peut donner 160 000 HP. Plus au Nord, les rivières Kern, Stanislaus, Feather, affluents du San Joaquin; le Sacramento et la R. Pet actionnent une série de magnifiques usines de très haute chute échelonnées au pied de la Sierra Nevada. Les sociétés qui les exploitent, la Pacific Gas and Electric 0\ la Great Western C", deux des plus puissantes des États-Unis, répandent à profusion l'énergie électrique dans la Californie et desservent les grandes cité de San Francisco et d'Oakland.
Enfin dans l'extrême Nord-Ouest, la chaîne des Cascades et le Mont Rainier (ait. 4378 m.), dressés audessus des plaines de la Golombia inférieure et des fjords du Puget Sound, alimentent des cours d'eau d'une rare puissance dynamique. Les usines du Clackamas desservent Portland et Vancouver (Oregon). Celles du Nisqually, de la R. White, de la R. Puyallup envoient leur courant à Olympia, à Tacoma et à Seattle, tandis que les plateaux de l'intérieur demandent l'énergie électrique à la Colombia et à ses affluents, la R. Spokane et le Snake.