‹ La houilleChapitre 10 sur 27 · CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI

'arsenal de la lumière. — Les batteries eu activité. — Le barillet. — Le jeu d'orgue. — Le condenseur et l'épurateur. — Les gazomètres.

La houille n'est pas la seule matière qui fournisse le gaz de l'éclairage par sa distillation ; le iog head, substance bitumineuse d'origine naturelle, peut encore être employé à cet usage; les résidus végétaux, les huiles, les graisses, la résine, seraient encore utilisés pour le môme usage si leur prix de revient n'était trop élevé. La houille, comme nous allons le voir, donne en premier résidu le coke, dont la vente couvre presque le prix d'achat de la matière première; elle produit une série d'autres substances que Tindustrie a su utiliser, c'est elle qui présente les meilleures conditions pour la production économique du gaz de l'éclairage.

Rien n'est plus imposant et plus mouvementé

11(1 LA UOUIUE.

que l'usine à gaz où se dislille coi charbon de terre, où des milliers à vaillent sans cesse h produire la tum pagnio parisienne fabrique aujourd'h dix usines qui entourent notre bri pôle, el nuit et jour le combustible 1 ses transformations merveilleuses, nylre dans la grande usine de la Vil mière chose qui frappe la vue , c'est 1er qui arrive jusqu'aux cornues di el qui y amène laliouille sur des wa C'est la Belgique, c'est l'Angleterre, c qui ont fourni ces montagnes de I déversent dims l'usine, et que l'indu uieltre uu\ mélamorplioses les plui C'est surtout pendant l'hiver que la l le plus active, el ce seul raiiway 700 tonnes do charbon fossile sur 1 de rusiiie, La voie ferrée s'étend supéi'iour du vaste bâtiment où so nées les batteries de distillation: li bois, chargés de charbon de terre, un pivot et se vident d'eux-mêmes lant le combustible (fig. 52). Des oi de pelles jettent, sur le sol, la houil portée à une haute température dan Ces cornues de terre, sont gixpupê de sept dans un fourneau ilii:. 23) : liuil systèmes de se(»t cornues semblables sont disposés

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■ L tSISB A G.\Z.

les uns à côté des nuires, dans un massU ùt\ maîonnerie qui n'a pas moins de îiO inèlres cnvintu de longueur (fig. 24). En regard di! ce mur en csl un autre seinlilablc , et chaque salle de dislillalion reçoit le nom de batterie. Il y a à l'usine delà Villottc huit batteries qui l'onclionneut luiit

— Cornues âe disliUuliun,

et jour, et qui, d'apn^s ce que nous avons dit, sont composées de 448 cornues de '2^,50 de profondeur.

Les ouvriers, armés do pelles, chargent les coinuesavecuneliabilclé remarquable; ilsy projettent

III u uoini£.

la houiilPr Pt, quand elles sont pk

ment avec uneplaquo de fonle, gai

fractaire. La liouille est soumise

(uiv élevée, et les vapeurs qui s'ea

iiUsent dans un immense luyau

toute une série d'épuraleurs. L'asj

salles de distillation est réellement

duit un spectacle bizarre. On se en

dans les ateliers fantastiques où Vi

le fei'. Des torrents de fumée noir

nent naissance à des nuages t

promènent lentement au-dessus <

obscurcissent Tair en le couvrant

tenu. La scène est éclairée par le

nièciies rougeàtres qui s'échappe

d'où l'on retire le coke incandest

siers ardents offrent un singulier

lieu des murs noii-s, des moncea

des bomnics demi-nus tout couve

de houille. La chaleur est presque

le \isileui' peu habitué à éfre si

d'un si puissant calorique, et il i

cher de plaindre les malheureux

meurent pendant touteunc journée en présencede

ces feux ardents. — La fabrication du gai n'eit

cependant pas insalubre, l'homme s'accoutmne

aisément à ruclioii d'une forte chaleur, et les

ouvriers de l'usine à gaz jouissent généralement

d'une santé robuste.

LTSISE A GAZ. 117

C'est quand la distillation est terminée que l'on ouvre les cornues; des flammes s'en dégagent au milieu d'un nuage de fumée épaisse ; des ouvriers spéciaux s'avancent avec des charrettes en fer, et à Faide de ringards ils retirent le coke rouge qui reste en résidu. A ce moment surtout la température est excessive ; mais les hommes sont accoutumés à l'action de ce foyer, ils remplissent leurs brouettes de coke, et déversent cette substance encore rouge dans la cour de Tusine, où on l'éteint avec de l'eau. Ici encore la scène est vraiment curieuse ; le liquide, projeté sur la matière chaude, fcume avec un bruit particulier, et des torrents de vapeur d'eau se répandent dans l'air en grande abondance (fig. 25). A peine les cornues sontelles vides, que les premiers ouvriers les remplissent de nouveau, avec ordre et précision ; pas de bruit, pas le moindre désordre, dans ces vastes arsenaux de l'industrie; pas un moment d'arrêt: le travail, l'activité en sont les caractères essentiels.

Le coke est un combustible précieux qui brûle en produisant une température trùs-élevée, et il peut être considéré comme un des produits importants de la distillation de la houille.

Après un certain temps de service, il seforme^ contre les parois des cornues, un dépôt résistant d'un charbon très-compact que l'on désigne sous le nom de charbon de cornue à gaz ; cette matière

118 lA IIOUILI.E.

est ulilisée dans la confcclion des piles électriques, dans la fabrication de creusets réfractaires, et dans la préparation des crayons qui servent à produire la lumière électrique. Rien ne se perd dans Pusine à gaz, tous les produits qui y prennent naissance ont leur valeur et leur utilité, comme l'attesteront mieux encore les faits que nous avons à examiner dans la suite.

Les matières volatiles qui s'échappent de la cornue où Ton distille la houille sont très-nombreuses; les principales d'entre elles sont : hydrogènes

tocarboné et bicarboné, hydrogène pur, oxydâdS carbone, acide carbonique, hydrogène sulfuré,^ sulfure de carbone, sels ammoniacaux, goudron, huiles empyreumatiques diverses.

Le mélange gazeux ainsi formé n'a qu*un faible pouvoir éclairant ; il est doué d'une odeur infecte; il noircit les peintures, les tableaux, les dorures; il brûle avec une flamme fuligineuse qui produit une fumée épaisse, et, pour le rendre propre à l'éclairage, il est nécessaire de le purifier et de le débarrasser principalement de l'hydrogène sulfuré, du sulfure de carbone, des sels ammoniacaux et du goudron qu'il renferme.

Examinons en détail comment s'opère la purification des vapeurs de la houille, voyons dans quels appareils elle s'effectue et quelle est la disposition générale des organes multiples de l'usine à gaz.

TORÎ

Cornues. — r Lcs comues dsns lesquelles on disille la houille sont, comme nous l'avons dit, en erre réfractaire.

Avant de jeter le charbon de terre dans les cor- Ques disposées dans leurs fourneaux respectifs , on les chauffe à la température du rouge cerise ; quant à la durée de la distillation, elle varie suivant les différentes qualités de la houille. A mesure que la distillation sèche se prolonge, la quantité de gaz hydrogène carboné diminue et celles de l'hydrogène pur et de Toxyde de carbone augmentent. Les cornues se fabriquent dans l'usine même et nécessitent un matériel considérable. Dans une vaste salle se trouvent disposées des broyeurs mécaniques, composés d'une roue de pierre qui glisse dans des auges circulaires où l'argile mélangée d'eau est façonnée en pâte consistante et homogène. L'argile dont on se sert provient du département de la Haute-Marne, et elle est généralement additionnée de 50 p. 7o de son poids déciment. — La pâte est moulée dans des appareils en bois, et, quand la cornue est terminée, on la soumet à une dessiccation lente, puis à une cuisson dans de vastes fours portés à une trèsliaute température.

Barillet et Aspirateur. — Au Sortir de la comuc le gaz passe dans le barillet^ cylindre placé à la parlée supérieure du fourneau, et dans lequel se rend le gaz par un tuyau de dégagement vertical. Ce

tuyau plonge dans Teau de 1 ou 2 'Centimètres, afin d'intercepter la communication libre entre l'intérieur des cornues et le reste des appareils. La figure 20 inonlre en I la disposition des barillets. Les cornues F abandonnent les sapeurs de la houille par le tuyau II, qui aboutit par un tube courbé dans l'eau du barillet. Le gaz, en traversant le liquide, perd une quantité assez considèi^able de goudron et de matières huileuses qui ne tarderaient pas à élever le niveau de l'eau, si un système d'écoulement n'était constamment en action. — Un syphon de déversement, placé à chaque extrémité du barillet, fait écouler lexcès de liquide et maintient l'eau à un niveau constant. Dans tous les tuyaux de Tusine, il y a toujours une condensation assez considérable de goudron et d'huiles em- |)yrcumaliques; disons, une fois pour toutes, que ces conduits légèrement inclinés sont tous munis de siphons qui déversent les liquides dans une canalisation spéciale. Toutlegoudron de houille, toutes les matières huileuses produites par la distillation du charbon de terre, sont ainsi recueillis dans de vastes citernes souterraines où il est facile de les recueillir. La disposition du barillet permet d'ouvrir les cornues sans queTair puisse pénétrer dans les appareils, et sans que le gaz brûlant dans la cornue puisse comnmniquer le feu au delà.

Les tubes, par leur immersion dans l'eau du barillet, produisent sur legaz qui traverse ce liquide

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