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— Pourtant... essaya Robin, ne sachant plus ce que cela voue ait dire et parlant plutôt pour se donner une contenance que pour exprimer une pensée.
— Votre main, dit l'étranger.
L'artiste avança machinalement sa main gauche.
— Pas celle-là, reprit son mystérieux interlocuteur, l’autre, et vite ! je suis pressé.
— Ah çà, s’écria Alfred, honteux du rôle qu’il jouait depuis l’intrusion de cet homme qu'il ne se rappelait pas avoir vu ou rencontré quelque part, et craignant maintenant d’avoir affaire à un fou, ah çà, voulez-vous bien me dire ce qui vous amène ici ou déguerpir sur-le-champ ?
— Votre main droite.
Alfred, loin d’obéir, ferma ses poings et s’avança résolûment sur l'étranger.
Zoé, jusqu'alors témoin muet de cette scène, se } : d’un bond et montra les dents en articulant un grognement p! colère.
Mais ces signes non équivoques de mauvaises dispositions contre lui n'émurent nullement le nouveau venu : sans quitter la position qu'il occupait sur son bâton, il allongea le bras droit, saisit, dans sa main calleuse, le poing délicst d'Alfred lui ouvrit les doigts comme il eût fait d’une feuille de papier pliée en deux, et, avec l’ongle de son pouce, tira deux lignes transversales dans la paume de la main de l'artiste.
La chienne, croyant qu'il frappait son ami, se jeta à ses jambes et le mordit; mais un violent coup de pied envoya la pauvre petite bête rouler à l'extrémité de la chambre.
Alfred ne vit pas cette punition infligée au dévouement de sa bienaimée et n’entendit pas ses cris plaintifs.
Il était devenu pâle comme un suaire et n’osait plus lever les yeux sur l'étranger.
— Vous comprenez, dit celui-ci, satisfait probablement de la révolution qui s'était opérée dans l'attitude du jeune homme,
L'artiste ne répondit rien.
Zoë irritée, était revenue à la charge contre son ennemi. Mais, rendue prudente, par le premier châtiment qu'elle avait reçu, elle se
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contentait d’aboyer, en sautant autour de lui et en guettant un moment favorable pour se venger d'une façon plus sensible.
— Suivez-moi ! ordonna l'étranger,
— Vous seriez...
— Suivez-moi |
— Cependant, objecta encore Robin en roulant autour de lui un regard, comme s’il eût voulu trouver une issue pour s'échapper.
— Suivez-moi, ou...
L'étranger leva le doigt en l'air, sans prononcer une syllabe, mais avec un froncement de sourcils qui n’admetterait pas de réplique. |
— Attendez, murmura néanmoins Alfred.
— Attendre ! je n’ai pas le temps. L'heure est arrivée; viens!
— Laissez-moi me reconnaître! J'étais si éloigné de prévoir cette visite que, en vérité.
— Des phrases, toujours des phrases ! monnaie de mauvais aloi que les phrases. Viens !
— Mais de quel droit.
— De quel droit ! de quel droit ! tu me demandes de quel droit ! malheureux ! as-tu oublié la nuit du 12 novembre 1838 !
Alfred Robin, complétement dompté par la fascination qu’exerçait sur lui son visiteur, ramassa près de l’âtre son paletot et se disposa à obéir.
Il passa devant l'inconnu qui, alors seulement, se redressa de toute sa hauteur et fit un pas derrière l'artiste.
L'heure des représailles avait sonné pour la vindicative Zoé : elle ne la manqua point, et s’élançant sur celui qui l'avait si cruellement traitée, elle déchira le pan de son capot et partit en secouant triomphalement la tête.
— Maudite bête ! exclama-t-il, en se retournant pour fustiger l'animal; gare à toi! si je t’attrape, ton compte est bon!
— De grâce, ne la frappez pas, je vous en prie, s’écria Robin d’un ton suppliant.
— Parbleu ! né faut-il pas se laisser mettre en pièces par des carlins de cette espècc-là, pour vous faire plaisir ?
En disant ces mots il courait après la levrette et l'aurait infailli-