CHAPITRE X
CE QUE C'ÉTAIT QUE LA HUPONNE DE LORETTE ET DE SES RAPPORTS AVEC ALPHONSE MOUGENOT.
Alfred Robin dort si bien qu’il n’a pas entendu rentrer sa chère levrette : M'le Zoë Castor. Laissons-le reposer et revenons à Alphonse Mougenot.
Vers trois heures, il sautait, on se le rappelle, dans un’‘traineau, et courait à Lorette,
« Qu'est-ce que Lorette ? » Un momen: de patience ; je vais vous le dire, ami lecteur.
Lorette ou Saint-Gabriel, — à votre choix, — est un village situé à trois lieues environ de Québec, sur les rives de cette rivière Saint-Charles, dont je vous ai déjà parlé , au Chapitre vi de cette histoire authentique. Rien de fori curieux dans le renseignement, n'est-ce pas? mais, attendez, je n'ai point fini. Lorette se divise en deux parties. La Vieille Lorette et la Jeune Lorette. Si j'étais petit journal, que j'aurais donc beau jeu pour faire un mot! Maudit soit le métier d'annaliste ! Les deux Lorettes ne sont pas ce que vous pensez, car elles servent de résidence aux derniers descendants des Hurons, L'emplacement où elles s'élèvent fut, le 2 novembre 1667, transmis, par donation d'un sieur Giffard, aux jésuites qui y installèrent les débris de la famille huronne, massa-
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crée et presque annihilée par les Iroquois. Un révérend membre de la fameuse corporation, le père Chaumonot, né à Châtillon-sur- Seine, étant parvenu, en 1643, à baptiser Ahanitary, un de leurs chefs, le reste de la tribu imita son exemple, et ce fut ainsi que les jésuites établirent les nouveaux convertis sur leurs domaines.
Le site est superbe : terres excellentes qui ne demandent qu'un peu de culture pour donner d’abondantes céréales, à l’embouchure d’une rivière très-poissonneuse, presque sur les bords de la mer, ef aux portes mêmes des territoires de chasse. Mais la grâce divine ne prévalut point sur l’aversion des Indiens pour le défrichement. Leurs protecteurs durent les sustenter pendant une bonne partie de l’année, lorsque le gibier ou la pêche ne donnaient pas. En 1730, les missionnaires construisirent une église dans le village sauvage, et, l’année suivante un moulin, Plus tard, après l'expulsion des jésuites du Canada, le moulin et l’église tombèrent en ruines. On répara tant bien que mal celle-ci, ct on abandonna celui-là, Le gouvernement anglais accorda des secours annuels aux pauvres Indiens : des armes, des munitions, des vêtements et des vivres pour huit jours. La nourriture nécessaire aux trois cent cinquante-sept autres journées, ils la demandent à la chasse et à l'industrie de leurs femmes, ou squaws. Celles-ci, avec les peaux des bêtes tuées par les hommes, confectionnent des mocassins, des paniers, des pelottes, des bourses, très-artistement brodées en piquants de porc-épic teints de différentes couleurs et ornées de coquillages et de fausses perles (wzmpums). Elles font aussi des raquettes ou chaussures pour la neige; des paniers, des flèches, des figurines et une foule d'autres objets qu’elles vendent soit à des mar chands de Québec, soit aux étrangers qui visitent leur village, A ce commerce, quelques Hurons ajoutent celui des canots d'écorce et des traîneaux indiens ; mais la traite des pelleteries les occupe principalement. Ils avaient naguère, comme champ cynégétique, un pays où essaimaient le castor, l’orignal, le caribou. C'était la contrée s'étendant de Chicoutimi à l'embouchure du Saint-Maurice. Ils en jouissaient encore il y a deux siècles, quand les Sept Nations conclurent un pacte en vertu duquel elles devaien! manser’avec la même cuiller (micoine), Par malheur, les Aboniquia de ia rivifre Saint- Jean, les Micmacs et les Malécites, faisant de ce traité, enva-
cor boi sur Cap du des rou dan sax On Qué terre onde