‹ La Huronne [microforme]Chapitre 44 sur 66 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

)0 IL EST DÉMONTRÉ QU'UN VOYAGE EN PAYS SAUVAGE EST PLUS AISÉ À LIRE QU'A EXÉCUTER. — QU'EST DEVENUE LA HURONNE ?

Le soleil brillait alors dans toute sa splendeur et se réfléchissait comme un mouvant brasier daus les flots du lac Saint-Louis. Quoique les arbres et la campagne fussent encore dépouillés de leur parure d'été, quoique des glaçons voguassent encore çà et là à la cime des vagues, et quoique dans les criques des îlets, dans les échancrures du rivage, apparussent des plaques de neige, on sentait déjà les premières haleines embaumées du printemps. Elles pénétraient le corps pour l’échauffer et le disposer aux suaves caresses de l’espérance.

Une bonne brise nord-ouest, aidait la flottille à remonter le cours si rapide du Saint-Laurent, principalement près de sa jonction avec l'Outaouais, dont les eaux jaunâtres et boueuses, tranchent vivement sur celles de l’autre fleuve, qui sont pures et d’un vert transparent.

Les rameurs faisaient force de pagayes pour refouler le courant, et s’excitaient, dans leur pénible tâche, par des chants animés, C'est qu'il est difficile et fatigant le mélizr de batelier au service de la Compaguie de la baie d'Hudson ! Songez qu’indépendamment de ses

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