Panitza, Stamboulof, elt
tion de guerre, il essaya, on s'en souvient, de rejeter sur ses ministres le forfait qui tournait mal. Et contre ce même peuple héroïque, déjà écrasé par les grandes hordes barbares, il vient de renouveler, sans prévenir comme toujours, son coup de traîtrise, tel un malandrin de renfort qui viendrait par derrière achever un homme déjà aux prises avec une bande de détrousseurs.
Pauvre petite Serbie, devenue grande et sublime, naguère je lui avais attribué — aux premiers moments de mon indignation devant les horreurs que l'on venait de me montrer en Thrace et en Macédoine — une part de complicité qu'elle ne méritait pas. Une fois de plus, ici, je lui fais de tout cœur amende honorable.
Si l'entente de l'Allemagne avec la Turquie n'a pas marché toute seule, à tel point qu'il a fallu en venir à « suicider » le prince héritier, elle s'est faite d'elle-même avec la Bulgarie. Leur Kaiser et ce Cobourg, qui est son émule et comme son diminutif, fatalement devaient
se comprendre; on aurait deviné cela, rien qu'en comparant ces deux figures, ces deux regards de bêtes de nuit. Gomment donc nos diplomates, accrédités à la petite cour de Sofia, n'ont-iis rien su flairer depuis vingt mois bientôt que le pacte de brigandage était signé dans l'ombre! Et aujourd'hui, jusqu'à ce qu'Us s'entre-dévorent, les voilà unis, ces deux êtres de rebut, auprès desquels les plus immondes récidivistes qui traînent le boulet dans les bagnes, semblent n'avoir commis que vétilles innocentes !
Réveillea^vous donc, petits ou grands pays ntutres, qui ne comprenee pas encore que, sans nous, votre tour serait venu d'ôtrt piétines comme la Belgique, comme liier la Serbie et le Monténégro'. Le monde ne mpirejra qu'après l'écrasement complet de c«9 derniers des barbares, cocnmeni ne ra/v«KVous pas seiyU? pour vqus ourrix les yeux, qoe fatti^il doue? S'il ne vous suffît pas de voir, çb§» aouti, tout»» U0& rxùsk^^ mkhHon^s^ ^
890 LA HYÈNE ENRAOéE.
inutileSt de lire tant et tant d'irréfutables attestations de tueries enragées n'épargnant m6m« pas nos tout petits enfants, si rien de tout cela ne TOUS suffit, mais regardez donc au moins chez vous, regardez l'insolente ironie des pressions que le peuple de proie vous fait subir, ou regardez tous les attentats, audacieux et sournois, déjà commis de l'autre côté de l'Océan! Ou bien encore, si absolument vous ne savez même plus voir autour de vous, au moins parcourez donc un peu ce que, depuis des siècles, ont écrit tous leurs intellectuels, tous leurs « grands hommes » ; à chaque page vous serez épouvantés de trouver l'apologie la plus étalée de la violence, de la rapine et du crime. Vous constaterez ainsi que toute l'horreur déversée aujourd'hui sur l'Europe était en germe depuis les origines dans les cervelles allemand e5, et, de plus, qu'aucune race au monde n'e^t osé se dénoncer soi-mêiixe avec tant de cynique inconscience. Et vbus, prélats ou moines d'un clergç du voisinage, qui nous
reprochez d'être irréligieux et faites pour nos ennemis la plus aveugle des propagandes» mais feuilletez donc un peu le manifeste officiel des évêques de Belgique, et dites-nous ce que vaut Tàme de ces gens-là, qui tout le temps profanent le nom du c Très-Haut » dans leurs burlesques prières, et puis s'acharnent contre tous les sanctuaires de la foi, cathédrales ou humbles églises de village, renversent les crucifix et massacrent les prêtres ! A moins d'appartenir à leur race maudite, est-il logiquement possible d'4tre germanophile? Neutre, je le veux bien, mais seulement par terreur, on parce qu'on B'est pas prêt, ou peut-être, sans s'en rendre compte, par l'appât d'un certain lucre momentané, par un peu d'égoïsme mal entendu et à courte vue. Oh ! c'est terrible, évidemment, de se jeter dans une telle mêlée! Mais la neutralité, ou seulement l'hésitation, deviennent plus que des maladresses dangereuses, et sont d^à presque des crimes.
Uo scélérat «n dém^iiçs avait r4Té i» nous
292 tA HYÈNE ENRAGÉE.
ramener tous à vingt sièolôs en arrière, aux vieilles servitudes avilissantes et aux Vieilles ténèbres, il complotait de réaliser à son profit une vaste banqueroute du progrès, de la liberté^ de la pensée humaine, et» dans ses desseins d'ogre insatiable, s^rèsnous, c'était vous, peuples neutres, vous les désignés ! Au moins aidez-nous Un peu pour que cela finisse plus vite, cette orgie de vols, de destructions, de massacres et d'arrosages de sang. Assez, sortons de ce cauchemar! Assez, qu^tontlemondo se lève! Qui s'abstient aujourd'hui n'aura-t-il pas honte ensuite de garder sa place à ce soleil de la Victoire et de la Paix qui reviendra nous éclairer? Et nous, quand enfin nous aurons abattu la hyène enragée, en perdant notre SAng à fiots, ne serîons^oiis pas presque en dro^de dire, les armes encore à la main : c Vous, Us neutres, qni bénéficierez de la délivrance sans avoir pris part à la lutte, au moins payei-nou» un peu avec vos terres ou avec votre or! » Qh! qu'il sonne, le tocsin, partout, à toute volée,
d'un bout à l'autre cb la Terr«» qu'il soûne l'alarme suprême» que les tambours dd tontes les armées battent la charge î Et sus à la Béte allemande!
Fin