‹ La IVe exposition des arts de l'Asie au Musée municipal CernuschiChapitre 12 sur 19 · FIG AO · texte numérisé non relu

FIG AO

groupes et figures de pierre et de bois sculpté des écoles flamande, allemande, espagnole, française, surtout d’époques antérieurés à la Renaissance.

La sculpture française est représentée par de bien intéressants morceaux comme cette sainte Marthe en pierre, de l’école de Bourgogne du xv° siècle provenant de Nuits-Saint-Georges (fig. 21) ou ce groupe

également en pierre avec des traces de polychromie, représentant la

mort de la Vierge (fig. 24), œuvre capitale d’un artiste lorrain de la fin du xv° siècle et provenant d’ailleurs des environs de Nancy. C’est à la même école qu'il faut également attribuer une Vierge à l'Enfant d’un très beau caractère mais antérieure de quelques années.

On y admire encore une sainte Madeleine, figure aussi remarquable par ses lignes si pures que par la beauté des plis et du drapé des vêtements, qu'on peut, sans prétention aucune, donner à Claus Sluter. Nous pourrions en citer beaucoup d’autres, tant est riche en objets de ce genre le stock qui nous occupe.

Quant aux sculptures en bois, groupes, figures et meubles des xv° et xvi° siècles qui remplissent aussi, concurremment avec les sculptures en pierre, ces galeries d'art, nous devons nous

borner à ne citer que ceux reproduits ici même, car un volume ne

suffirait pas à en donner la nomenclature.

Nous n’appellerons donc l'attention que sur une très belle vierge de

l’école flamande de la fin du xv°siècle

(fig. 19), et sur un buste d'Evêque en bois polychromé, travail du nord de la France au début du xvr siècle

(fie.22).

On peut admirer au Musée du Louvre une bien belle vierge en pierre dont l'exécution remarquable paraît être celle d’un artiste de l'École de Lorraine du milieu du xvi° siècle et qui fut vendue au musée par M. Demotte (fig. 17).

FiG. 20.

A de

Avant de quitter les parties de l'hôtel Demotte, spécialement affectées à ce genre d'objets d'art, il nous faut dire un mot d’une des particularités les plus remarquables de cette habitation; c’est son jardin en terrasse situé au-dessus des anciennes écuries et remises, au fond de la cour. Ce jardin qui est, par conséquent, en communication avec le premier étage à la hauteur duquel il se trouve, a permis à son possesseur actuel d'y réunir des motifs divers, des fragments d’architecture gothique qui produisent le plus bel effet décoratif. La lisière de ce jardin suspendu, formant une vaste terrasse, est bordée d'un balcon de pierre ajourée à larges rinceaux trilobés du xiIv° siècle, provenant d’une maison de Tournai, ainsi qu'un puits dont la margelle gothique est une merveille de l’art de la

sculpture en pierre au

Moyen Age.

FIGA2T:

Aux étages supérieurs de l’hôtel, on a réservé plusieurs salons disposés pour recevoir, accrochées aux murs qui sont revêtus d’une tenture de ton neutre, les miniatures persanes. L'éloge de cette branche si remarquable de l’art persan n'est plus à faire, mais on ne nous en voudra pas d'attirer l'attention sur les merveilles que possède en ce genre les galeries dont nous parlons.

Voici, par exemple, une précieuse miniature peinte l'an 106$ de l’'Hégire ou 1654 de notre ère, par Cheik Abbas. On y voit délicieusement interprétée la scène suivante :

Un pauvre bédouin qui, dans le désert, n'avait jamais bu que de l’eau croupie, ayant, par hasard, goûté à de l’eau de pluie, la trouva si délicieuse qu'il voulut en porter au Khalifeh de Bagdad. Il en remplit une outre, traversa avec mille fatigues le désert et, arrivé à Bagdad, rencontrant le Khalifeh qui sortait de la ville, lui en fit offrande. Le seigneur, touché de ce dévouement, lui fit présent d’une bourse remplie d’or, à condition, toutefois, qu'il n'entrât pas dans la ville, afin, dit-il plus tard à sa suite, que le pauvre bédouin ne

vit pas lé Tigre, qui travérse

Bagdad, et ne fût pas confus d’avoir cru lui faire un si précieux cadeau,

alors que l’eau douce était en si grande abondance.

Voici encore une autre miniature, spécimen de l’art persan au xvI' siècle. C’est une scène tirée du livre de Nezami, intitulé « Le Trésor des Mystères » :

Un jeune Roi partant pour la chasse, accompagné de son Grand Vizir, voyant deux oiseaux perchés sur une maison en ruines, dit qu'il serait curieux de comprendre leur langage. « La femelle, répondit le Grand Vizir, demande au mâle, avant de l’accepter pour époux, la propriété de ce village

en ruines. Sois sans crainte, ré-

pond le mâle, avec le Roi actuel, tu ne manqueras pas de villages en ruines ». Le Roi comprit la leçon et gouverna son royaume avec plus de soin.

La collection est riche également en céramiques et autres objets anciens d’art persan. L'un de ces derniers est un miroir en bronze (fig. 20) décoré d’une frise d’animaux courant au milieu de rinceaux, d'une frise d’ornements et d’une frise d'inscriptions, datant du xI° siècle et provenant des fouilles.de Hamadan.

La section des manuscrits occupe également une grande place dans les Galeries Demotte, et c’est avec un véritable recueillement que nous en avons feuilleté quelques-uns, dont les enluminures sont de véritables merveilles et les caractères d’une grande

beauté.

Au nombre des figures | en pierre et en bois sculpté Ho reproduites plus haut et qui ne se trouvaient pas encore transportées à lhôtel de la rue de Berri au moment de notre visite, il faut citer la Vierge à l'Enfant, en pierre, de l’école de Lorraine du xv° siècle (fig. 18), et l’autre Vierge debout sur

le croissant, bois sculpté de l’école flamande de la fin du xv° siècle

(fig. 19).

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