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C’est ainsi que peut être considéré le bel hôtel privé situé 27, rue de Berri, où M. Demotte, qui était primitivement établi rue de Provence, vient de transférer ses magasins.
Dès le seuil franchi, cette demeure, dont l’aspect extérieur apparaît
EE ee si moderne, semble une évocation des époques lointaines où florissaient en architecture le style roman, puis le style gothique.
Son propriétaire vient d'y faire avec tous les éléments de grande décoration, romans, gothiques et Renaissance, dont il possède une si importante collection, la plus belle installation qui se puisse rêver, pour la présentation de ses sculptures et fragments d’architecture.
Dans le hall d’entrée, au rezde-chaussée, sont placées douze colonnes trilobées à chapiteaux romans, provenant d’un cloître de la première moitié du xrv° siècle dont la belle ordonnance produit le meilleur effet.
À gauche, dans une salle aux murailles frustes, se dresse une magnifique cheminée du xvi° siécle en pierre sculptée, provenant de la ville de Blois et portant des armoiries, dont la reproduction donne mieux lidée que toute description (fig. 15).
Une autre salle, à droite, est
spécialement consacrée à la pré-
sentation de sculptures du xIr° siécle et dans le fond a été placé un
grand portique en pierre de cette
époque (fig. 16). Des vitraux formant une inestimable collection et dont les plus anciens datent du x siècle, servent de verrières.
Au premier étage, plusieurs grandes salles sont disposées pour
recevoir comme unique décoration murale, des tapisseries antérieures
au xvi° siècle ou de son commencement, dont M. Demotte possède
quelques rares spécimens. L'une de ces tapisseries, qui date de Fan 1510,
RS AO mesure six mètres de long, mais elle en avait primitivement trois de plus; elle fut malheureusement amputée d’un tiers, mais sa composition n'en souffre nullement, carele. était "divisée en Trois registres. L'un des registres a pour sujet Jacob bénissant son fils, et l’autre, Éole et Borée. Quant au troisième registre dont cette tapisserie est amputée, il est probable qu'il devait également présenter comme sujet quelque scène biblique.
On voit là également d’autres fort belles tapisseries des xv° et xvi® siècles, grandes verdures à feuilles d’aristoloches au milieu desquelles sont figurés des fauves ou de grands oiseaux, et elles sont employées comme elles l’étaient à l'époque où elles furent tissées, en tenture flottante accrochée sur la muraille de pierre nue. Partout, dans ces différentes pièces qui donnent l'impression d'être les salles de quelque château féodal,
sont rangés sur des gaines, des
colonnes et des piédestaux, des