RICA
Besnier.
MM. Henri savent, avec beaucoup de goût, unir les porcelaines anciennes à l’orfèvrerie et réunir ainsi, en pièces montées, ces deux matières dont l’une menaça de détrôner l’autre, à l’époque où la porcelaine était venue remplacer la vaisselle plate.
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Celle-ci, en partie fondue, pour les besoins du Trésor, se voyait remplacée sur les tables les plus somptueuses par les ravissants produits des manufactures de Sévres et de Saxe et, chez les châtelains de moindre importance, par les faïences de Moustiers, Marseille, Rouen. On faisait bien encore de l’orfévrerie detable, mais au lieu des services complets, ce n'étaient plus guère que des pièces isolées, des soupières, des légumiers, des écuelles, des chocolatières, des cafetières. Quelques rares pièces de ce genre existent encore chez certains collectionneurs privilégiés.
Mais la seule branche d'orfevrerie qui fut vraiment florissante dans le dernier quart du xvirr' siécle, est celle que par opposition à l’ancien mot de « grosserie », les Italiens appelaient jadis la « minuterie », c'est-à-dire la fabrication des menus objets inventés parla mode du moment, tels que les tabatières, les flacons de poche, les étuis à
ouvrage.
Aïnsi va la mode! Les orfévres F5.
de l'antiquité élevaient aux dieux des statues colossales, ceux du Moyen Age fabriquaient, pour les saints, des châsses monumentales, au xvr° siècle on faisait pour les orangers des vases précieux, pour les lits des balustrades en argent et, à la fin du xvir‘, on faisait des bonbonnières et des étuis.
Le beau avait fait place au joli, mais le joli ainsi entendu est encore de l’art, on ne saurait le nier; le goût de la ciselure, une habileté extraordinaire dans l'emploi simultané des ors de différentes couleurs, justifient amplement la vogue de ces charmants objets qui revivent ici avec tout leur charme.
D. DE BERKFM.