AU LECTEUR III
de la jeune fille? Quoi donc? En province il est difficile de connaître des jeunes filles, on les voit et c'est tout? Vous forcez la note, la province n*est pas si guindée que cela.
Tels étaient les conseils que, sous ses beaux ombrages de Sucy-en-Brie, voulait bien me donner M. Ludovic Halévy.
Vous me dites que vous n'arrivez pas facilement à mettre des femmes au premier plan de vos récits, disait M. Brunetière, eh mon Dieu! qu'à cela ne tienne! Continuez à vous en passer. Vous feriez de la psychologie amoureuse que je ne vois pas trop ce que vous y découvririez de bien neuf, mais justement vous choisissez vos sujets en dehors de l'amour. D'ailleurs, il faut bien le reconnaître, l'amour, j'entends l'amour-passion, occupe dans notre littérature une place exagérée, hors de proportion avec le rôle qu'il joue réellement dans la vie.
Peut-être y a-t-il quelque artifice dans le groupement de ces opinions les unes en face des autres, car, je dois l'avouer, elles ont été exprimées à des époques différentes^ et à des étapes, différentes aussi, d'une route que la bienveillance inappréciable de ces quatre écrivains s'est plu à rendre aisée.
Si donc je les reproduis ici — bien entendu sans garantie d'exactitude rigoureuse — c'est que j'y vois un moyen d'avertir le lecteur, sans prendre soi-même la parole, que ces récits ne sont point pour