AVANT-PROPOS. VII
sible de rion affirmer sur ce point; l'hypothèse paraît plausible : on sait le souci de tous les Romantiques de souligner, et nettement, leur position personnelle et les progrès que marquaient leurs œuvres ; il est possible que le désir de ne pas laisser à Vitet seul la gloire de tirer de noire passé des drames historiques ait poussé Mérimée à écrire la Jaquerie.
Quoi qu'il en soit, il se propose, appliquant les principes posés par Stendhal, d'écrire un drame en prose, délivré des contraintes classiques, et dans lequel, prenant pour sujet un épisode de notre histoire, s'inspirant d'œuvres similaires de Shakespeare et de Goethe, et respectant la vérité des lieux, des mœurs et du décor, il tracera une large fresque, sobre et colorée, où revivront les temps disparus, où, comme le rêvait le président Hénault, il tentera la synthèse de la tragédie et de l'histoire.
Pour faire vrai, il lui faut se documenter. Pour rompre avec les traditions, il doit suivre des modèles nouveaux. Il importe de préciser d'abord à quelles sources il puise. M. Trahard^ a indiqué tout ce qu'il emprunte à nos historiens et aux dramaturges anglais et allemands; il n'est pas inutile de le rappeler.
C'est dans les Chroniques publiées par Buchon qu'il prend les éléments de son drame : le scénario, les faits historiques essentiels, les mœurs, les détails, toute la couleur locale, voire partie de son vocabulaire. J/érudit auteur de la Jeunesse de Mérimée a justement décelé ces