‹ La Jaquerie; la famille de CarvajalChapitre 72 sur 127 · UN VILAIN · texte numérisé non relu

UN VILAIN

Toiil cela porte malheur. J'aime bien mieux aller piller chez messire d'Apremont.

MORAND, entrant.

Chrétien Franque! Chrétien Franque!

LE LOUP-GAROU

Que me veux-tu?

MOUAND.

Le père Jean m'envoie pour te recommander de ne pas faire tomber un seul cheveu de la tète de l'abbé.

LE LOUP-GAROU

Par les cornes de Mahom! tu viens un peu tard : cependant je ne lui ai pas arraché un seul cheveu*,

regarde plutôt. (U moulre le cadavre.)

MORAND

x\h ! sainte Vierge, qu'as-tu fait?

LE LOUP-GAROU

N'était-il pas de cette race de vipères. Crois-tu que, pour un moine de plus ou de moins*, le monde en ira plus mal? Allons boire un coup dans le réfectoire.

(Il entre dans le couvent avec .Morand ; les brigands et une partie des vilains le suivent, les autres se dispersent : deux restent devant le cadavre de l'abbé. i

PREMIER VILAIN

Dire pourtant que je l'ai entendu chanter la messe, et cela pas plus tard qu'hier!

DEUXIÈME VILAIN

11 l'a tué tout raide. Il a eu tort.

PREMIER VILAIN

Je crovais d'abord que la châsse aurait fait un miracle; mais quand j'ai vu qu'il ne s'en faisait pas, cela m'a donné une mauvaise idée de l'abbé.

DEUXIÈME VILAIN

Nous devrions l'enterrer.

PREMIER \ILAIN.

11 a au cou une belle chaîne, ma foi, il ne faut pas

1 enterrer^. lll prend la chaîne.

DEUXIÈME VILAIN

Est-ce que tu prends cette chaîne.'

PREMIER VILAIN

Pourquoi pas?

DEUXIÈME VILAIN

Haï et pourquoi donc ne lui prendrais-je pas cette bourse que voilà, dont les cordons passent hors de sa ceinture ?

PREMIER VILAIN

Ses habits sont encore bons. Il ne faut pas les perdre.

DEUXIÈME VILAIN

Non, il faut les lui oter, et puis nous les partagerons.

PREMIER VILAIN

Il a une robe qui est de fine bure, cela fera un bel habit des dimanches à ma femme.

DEUXIÈME VILAIN

Nous tirerons au son à qui l'aura.

(Ils dépouillent le cadavre.) PREMIER VILAIN.

Bah! qu'avons-nous besoin de l'enterrer? d'autres en prendront soin.

DEUXIÈME VILAIN

Au fait, il faut mettre en sûreté ce que nous avons, car on pourrait bien nous le voler. Les gens qui sont ici n'ont pas l'air de très-honnêtes gens.

PREMIER VILAIN

Bien dit. Allons cacher notre butin. lis sorieni.t SCÈNE XIX

Une colline à quelques lieues de Beauvais.

ENGUERRAND DE ROUSSIES, FLORIMONT DE COURSY, CHEVALIERS, ÉCUYERS, HOMMES D'ARMES.

ENGUERRAND à sa suite.

Qu'on plante ma bannière sur cette toutVe de genêts et qu'on sonne la trompette.

FLORIMONT à son écuyer.

Richemond, plantez ici ma bannière. ,a Engucrrand.) Messire Enguerrand fait sonner à l'étendard comme s'il était notre capitaine.

ENGUERRAND

Par la mort Dieu! messire Florimont, ne suis-je pas gouverneur de la province?

FLORIMONT

D'accord; mais les seigneurs qui se sont réunis pour secourir notre ami Gilbert d'Apremont n'ont point encore décidé que vous seriez notre chef dans cette chevauchée.

ENGUERRAND

C'est-à-dire que vous prétendez à cet honneur?

FLORIMONT

Peut-être.

ENGUERRAND

Par le chef de saint Jean ! je serais curieux de voir comment s'y prendrait pour commander à tant de bons chevaliers, un enfant que j'aurais pu prendre pour page il y a quelques mois.

Les barons qui s'avancent vers nous penseront peut-être qu'un chevalier banneret, qui vient avec treize pennons, est plus digne de commander qu'un vieux chev alier grisonnant, qu'hier au soir j'ai vu tourner bride et faire retraite au galop devant quelques vilains armés de bâtons. — Dites-moi, messire Elnguerrand, n'avez-vous point faussé vos éperons hier soir, car vous piquiez sans ménagement?

ENGUERRA.ND.

Vous niinsultez! et je vous prouverai la lance au poing que je suis un plus raide chevalier que vous.

FLORIMONT

(luand vous voudrez. Prenez un champ, et je vous délivrerai ■'^.

ENGL ERRAND.

Ici niêuie et demain : trois coups de lance, trois coups d'épée et trois coups de hache : voici mon gant.

FLORIMONT

Voici le mien.

(Des écuyers ramasseni les ganleleU. Entre.'it le sénéchal du Vexin, Olivier Laudoii, Percerai de la Loge, Gautier de Sainte-Croix, chevaliers, etc.)

LE SÉNÉCHAL

Ou'v a-t-il, niesseiorneurs, vous semblez émus?

EXGUERRAND.

Emus!... Pas le moindrement! Sénéchal*.

Ne perdons point de tems ; nommons un capitaine, el choisissons un cri pour la bataille.

OLIVIER

Quelle est la bannière la mieu.x acctunpagnée.'

ENGUERRAND

Messeigneurs, le roi m'a donné le gouvernement du Beauvoisis. ..

FLORIMONT

Eh! de par le diable! gouvernez votre ville. Ce

LA .TAQUERIE 191

n'est pas un gouverneur, c'est un capitaine qu'il nous faut.

ENGUERRAND

Insolent ! vous devez obéir aux ordres du roi !

FLORIMONT

J'ai treize pennons sous ma bannière, et je vous obéirai quand le roi vous aura donné commission pour combattre les révoltés.

LE SÉNÉCHAL

Au nom de Dieu, chevaliers, ne vous querellez pas au moment d'une bataille. Vous êtes tous deux dignes de commander; mais l'union surtout nous est nécessaire, croyez-en un vieux soldat.

OLIVIER

Sénéchal, vous aussi vous avez commission de mon redouté seigneur le duc de Normandie, sovez notre chef.

PERCEVAL

Oui, qu'il soit notre chef.

LE SÉNÉCHAL

Messeigneurs, vous faites trop d'honneur à mes cheveux blancs. .le n'ai que quelques soldats sous ma bannière. Choisissez plutôt entre ces deux braves chevaliers.

GAUTIER

Sénéchal, vous avez commandé une armée rovale, il faut que vous soyez notre chef aujourd'hui.

PERCEVAL

Oui, que le sénéchal nous commande.

OLIVIER

Que ceux qui veulent le sénéchal pour capitaine lèvent la main droite.

(Tous lèvent la main, excepté le sénéchal, Knjruerraiid et Floi-imont.) ENGUERRAND.

Au moins, ce n'est pas cet insolent damoiseau.

FLORIMO.NT.

Au moins, celui-là n'est pas un lâche.

OLIVIER

Le seigneur Sénéchal est notre capitaine! Que les bannières et les pennons saluent sa bannière.

GAUTIER

Maintenant allons vite en besogne: quel sera notre cri?

OLIVIER

Il convient que l'on adopte le cri du général.

PERCEVAL

Ainsi l'on criera : Beaudoin au sénéchal.

FLORIMONT, bas à un jeune chevalier.

Baudet le sénéchal !

ENGUERRAND

Messeigneurs, la plus grande partie de nos hommes d'armes ne connaissent pas ce cri. Il faudrait en prendre un autre avec lequel ils aient déjà combattu.

LE SÉNÉCHAL

Vous avez raison. Chevaliers, je vous propose de crier : Notre-Dame de Boussies !

FLORIMONT

J'ai treize pennons sous ma bannière, et il me semble que j'ai plus de droit qu'un autre à donner mon cri : De Coursj/ au Lion rouge!

GAUTIER

Oui, cela est raisonnable. Il a treize pennons.

PERCEVAL

Eh! qu'importent ses treize pennons? Ce jeune homme peut bien attendre pour donner son cri que la barbe lui soit poussée au menton.

ENGUERRAND

Notre-Dame de Boussies a souvent effrayé les Anglais.

FLORIMONT

Oui, mais ce cri n'a pas à ce qu'il paraît le pouvoir d'effrayer les Jaques*.

LE SÉNÉCHAL

Finissons ce débat, messeigneurs. Que chacun garde le cri de sa bannière, mais, pour l'honneur de la France, je propose de crier avant : Montjoie Saint- Denis !

TOUS

Montjoie Saint-Denis!

LE SÉNÉCHAL

Disposons promptement notre attaque. Messire Olivier de Laudon et messire Perceval de la Loge ont guidé les coureurs, et vont d'abord nous rendre compte de ce qu'ils ont vu.

OLIVIER

Ce sera bientôt fait. Vous voyez d'ici l'ordonnance de ces misérables. A leur droite est un ruisseau encaissé. Leur gauche est couverte par leurs charriots. Ils sont rangés sur deux lignes, leurs archers en tête.

Ces rustres singent vraiment les hommes d'armes.

LE SÉNÉCHAL

La position que ces vilains ont prise est forte et de difficile abord. Ils ont avec eux quelque renard Anglais qui les aura rangés de la sorte.

FLORIMONT

Eh bien ! il y aura quelque gloire à gagner. Je craignais seulement qu'ils ne voulussent pas nous attendre.

LE SÉNÉCHAL

Messire de Coursy, avez-vous vu beaucoup de batailles?

FLORIMONT

Messire sénéchal, dites-vous cela pour vous railler de ma jeunesse?...

LE SÉNÉCHAL

Je ne raille point, jeune homme. Aujourd'hui vous verrez une bataille et non un tournoi à lances mornées. Je connais les gens de ce pays et leurs longues flèches et leurs lourds épieux. Croyez-moi, la journée sera rude.

FLORIMONT

Quoi! Jacques-bon-homme se battre! Allons donc! passe encore pour les compagnons d'aventure qui n'ont point rougi de se joindre à des paysans.

LE SÉNÉCHAL

Messire Florimont, puissiez-vous ne point l'aire aujourd'hui une triste expérience du courage de vos compatriotes !

(Entre le Loup-garou gardé par des soldats.) UN SOLDAT.

Messeigneurs, voici un prisonnier que nous vous amenons. Ce coquin si robuste est venu nous braver en s'avançant tout près de nous; mais il s'est rendu ensuite sans combat, comme un lâche qu'il est.

LE SÉNÉCHAL

Avance, vilain, et dis la vérité, si tu liens à la vie. Combien y a-t-il d'hommes là-bas?

LE LOUP-GAROU

Hélas, monseigneur!... que voulez-vous que je vous dise?

LE SOLDAT, le nieiiaçant.

Veux-tu répondre mieux que cela, voleur!

LE SÉNÉCHAL

Ne le maltraitez pas. Et toi, vilain, écoute; si tu réponds juste à mes questions, je te donnerai lu vie, et un manteau de laine par-dessus le marché.

LE LOUP-GAROU

Monseioneur , nous sommes bien trois mille... nous sommes bien quatre mille. Voilà tout, aussi vrai que nous sommes tous ici des honnêtes gens.

LE SÉNÉCHAL

Tu veux me tromper, coquin. Hier soir tes camarades étaient au moins huit mille.

Sénéchal, vous êtes vieux, et vos yeux ne peuvent plus compter des hommes d'armes. Il n'y a pas là* plus de quatre mille hommes.

LE SÉNÉCHAL

Mes yeux me montrent ici quatre mille hommes; mais mon expérience me dit que ces marécages et ces creux en cachent encore autant.

LE LOUP-GAROU

Monseigneur, vous nous avez fait tant de peur que la moitié de nos hommes a déserté.

FLORIMONT

Je le disais bien, ils vont nous échapper. Sus, chargeons!

LE SÉNÉCHAL au Loup-garou.

Tu répètes bien la leçon que tu as apprise de ton

capitaine; il me prend envie de te faire couper les oreilles.

LE LOUP-GAROU

Ah, monseigneur! ce serait dommage.

LE SÉNÉCHAL

Où sont les aventuriers?

LE LOUP-GAROU

Hélas! la moitié aussi s'en est allée, et nous ne comptons pas trop sur le reste. Mais voici les Anglais du capitaine Siward qui n'a pu nous quitter, car il a la cuisse cassée; et là-bas, ces trente ou quarante chevaux, ce sont les Navarrois. Ah! si nous en avions seulement deux cents !

LE SÉNÉCHAL

Tu mens à chaque mot. Ces armures si luisantes, que je vois au centre, m'annoncent une troupe nombreuse d'aventuriers.

LE LOUP-GAROU

Faites excuse, monseigneur, c'est la troupe du Loup-garou avec la moitié des hommes d'Apremont. L'autre moitié, comme vous le savez, et les gens de Genêts, sont restés au siège d'Apremont avec le capitaine^ Pierre et Thomas.

LE SÉNÉCHAL

Où donc ces vilains ont-ils pris des armets si luisans, et d'où vient qu'ils plantent des pieux devant eux, ainsi que lont les Anglais.

LE LOLP-GAROU.

Monseioneur, (juant aux armets, c'est qu'ils les écurent avec du sable; voilà pourquoi ils sont si luisans. Quant aux pieux, on dit que c'est pour vous empêcher de passer; mais je crains bien que cela ne serve de rien contre vos bons chevaux.

FLORIMONT

Eh! que voulez-vous apprendre de cet imbécille? Sénéchal, nous perdons ici notre tems. Donnez le signal.

LE SÉ^"ÉCHAL.

.le suis votre chef, et n'ai point d'ordre à recevoir de vous. Au Loup-garou.) Si tu as menti, tu sais que la corde t'attend? N'as-tu rien à dire encore, penses-y bien.

LE LOrP-GAROU.

Monseigneur, j'ai dit la vérité.

LE SÉNÉCHAL

Qu'on remmène.

LE LOUP-GAROU

Et le manteau de laine?

LE SÉ.XÉCHAL.

Le manteau ou la corde, après la bataille.

LE LOLP-GAROU.

De quelle couleur le manteau? (On l'emmène.)

LE SÉNÉCHAL

Qu'en dites-vous, chevaliers?

FLORIMOXT.

Attaquons sur-le-champ, c'est mon avis,

PERCEVAL

Et le mien.

FLORIMO.M'.

Déployons nos bannières, couchons le hois''^, et en avant au galop.

TOUS, excepté le sénéchal.

En avant.

Braves chevaliers, souffrez que ma vieille expérience guide votre valeur. Le front de notre ennemi est garni de bons archers qui vont abattre la moitié de vos chevaux avant que vous les ayez approchés d'une longueur de lance. D'ailleurs il a plu beaucoup hier, la terre est toute détrempée et nos chevaux entreront jusqu'aux sangles dans la boue. Il me semble donc qu'il vaut mieux envoyer devant nos arbalétriers. Leurs arbalètes portent plus loin que les arcs, et ils ouvriront facilement les rangs de ces vilains mal armés. Nous autres, mettant pied à terre et serrés en gros bataillon, nos lances retaillées à cinq pieds, nous soutiendrons notre avant-garde, et, Dieu aidant, nous donnerons le coup de grâce aux rebelles.

FLORIMONT

Nous, mettre pied à terre, et combattre avec les arbalétriers !

200 PnOSPER MÉRIMÉE

OLIVIER

^lettre pied à terre devant des vilains, comme si nous avions affaire à des gendarmes anglais ou flamands !

PERCEVAL

Des chevaliers français ne peuvent* combattre à cheval comme faisaient leurs aveux.

GAUTIER

Des chevaliers français doivent* combattre, confondus avec des arbalétriers^^?

^Nlesseigneurs, souvenez-vous de Poitiers!.,. Chez les Anglais, le poste d'honneur est avec les archers!

FLORIMOT.

Eh! laissons les Anglais avec leurs usages*. Des gendarmes français n'ont besoin d'apprendre à se battre de personne.

LE SÉNÉCHAL

De quel usage seront nos chevaux dans cette espèce de marécage où l'ennemi s'est retranché? Jamais nous ne pourrons les charger en ligne.

FLORIMONT

Sénéchal, laissez-moi avec mes seuls gendarmes enfoncer ce tas de brigands. Vous viendrez après* nous, et vous n'aurez que la peine d'assommer ceux que nous allons jeter par terre.

LE SÉNÉCHAL

Jeune homme, croyez-en une barbe grise, qui a vu plus de batailles rangées que vous n'avez rompu de lances.

FLORIMO.NT.

J'en crois mon cheval et mes éperons. Je fais vœu aux dames, aux preux et au héron, dont je porte les plumes '^, de planter ma bannière au milieu du camp des rebelles.

PERCEVAL

Nous vous suivrons.

GAUTIER

Mon cheval me porterait tout armé au delà d'une rivière.

ENGUERRAND

Quanta moi j'en crois messire Beaudoin. l^e terrain n'est pas bon pour jouter à cheval.

OLIVIER

Mon cheval m'a coûté quatre cents francs. Toute réflexion faite, je ne veux pas le faire estropier d un coup de flèche.

LE SÉNÉCHAL

Vous venez de me nommer votre chef, et j ai le droit d'exiger de vous de l'obéissance. Que les arbalétriers commencent l'attaque, et que les gendarmes les suivent à pied.

FLORIMONT

J'ai treize pennons sous ma bannière, et je combattrai à cheval.

GAUTIER

Voyez-vous ces vilains, ils sont tellement oroueilleux de notre hésitation que leurs archers se détachent en avant pour nous attaquer.

FLORIMO.XT.

Compagnons, souffrirons-nous que les vilains tirent la première flèche? Déployez ma bannière, je vais écraser ces misérables.

LE SÉN'ÉCHAL.

Je suis seul chef ici, et personne ne doit attaquer sans mon ordre. A pied, messieurs, a un officier.) Vous, dites aux arbalétriers de marcher en avant.

l'officier.

Monseigneur, les arbalétriers ont fait quatre lieues dans la boue, ils demandent une heure pour se reposer.

FLORIMONT

Eh quoi! cette lâche canaille fera-t-elle la loi à des chevaliers français? Par saint George! chargeons l'ennemi sur le ventre de ces ribauds»'. Achevai! Debout, mes pennons! de Coursy au lion rouge!

LE SÉNÉCHAL

Arrêtez, ou vous allez tout perdre! arrêtez, je vous l'ordonne.

FLORIMONT. montant à cheval.

Je ne reçois d'ordre que de ma maîtresse et du roi. ,A ses hommes d'armes.) Couchcz le bois. De Coursy au ion rouge! et la belle Mathelinel

(Ses trompettes sonnent, il sort avec sa suite. i GAUTIER.

Par saint Denis et saint George ! je suivrai ce brave chevalier! Sainte-Croix à la rescousse!

(Il sort avec sa suite.) PERCEVAL.

A moi, ma bannière. Délogez à la Loge->^\

(Il sort suivi d'un grand nombre de chevaliers que le sénéchal essaie en vain de retenir. Tumulte. Entre le Loup-garou à cheval.)

LE LOUP-GAROU

Ils sont à nous! Je vais reprendre mon arc!

(Il sort au galop. I UN HOMME d'armes, à pied, courant après lui.

Arrêtez! arrêtez ce scélérat*! Il a tué mon camarade, et il nous vole un cheval. .11 sort. i

le SÉNÉCHAL aux chevaliers qui sont restés avec lui.

Les insensés! ils me quittent et vont se précipiter tête baissée dans ce marais d'où jamais ils ne sortiront. Vous, messeigneurs, vous voulez faire triompher la bannière royale; suivez-moi, au nom de saint George, et tâchons s'il se peut de réparer leur faute.

olivier.

?]ntendez-vous ces cris? Par le sourcil de Notre Dame! dans leur course ils culbutent nos propres arbalétriers.

LE SÉNÉCHAL, se frappaul la tête.

Oh! les insensés! les insensés!

ENGUERRAND

Les voilà clans la boue maintenant, et les archers les tirent comme des oiseaux englués. Sainte Vierge! regardez donc ces troupes d'archers qui paraissent de toutes parts. Ils les avaient cachés. Voyez comme les chevaux du sire de Coursy tombent pêle-mêle sous leurs flèches. Ah! mon jeune chevalier, vous paîrez* cher votre orgueil. Sénéchal, à votre place je le laisserais là où* sa présomption vient de l'entraîner.

LE SÉNÉCHAL

Fi donc, monseigneur! — Courons à son secours, chevaliers: il est téméraire, mais il a du courage. Ce serait une honte éternelle à nous, si nous l'abandonnions dans ce mauvais pas. ^lessire Enguerrand. ralliez, s'il se peut, nos arbalétriers. — Vous, messire Olivier, suivez-moi. Essavons de passer le marais avec nos gendarmes à pied. Montjoie Saint-Denis, à la rescousse ! dl sort avec sa suite.)

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