II AVANT-PROPOS
ter à la scène. On ne pouvait voir dans la Révolte de Saint- Domingue, la Féodalité de Charles de Résumât ou le Cid d' Andalousie de P. Lebrun ' l'œuvre éclatante et décisive, le chef-d'œuvre tant attendu. Les Proverbes de Leclercq, si goûtés de Beyle et de Mérimée, n'étaient que d'amusantes saynètes, les Soirées de Neuilly de courtes comédies. Ces esquisses, sortes de manifestes destinés à une élite, — et par là sans portée, — n'allaient pas plus loin qu'2 les murs du salon où on les lisait, ou, quand on les jouait, ne passaient pas la rampe. Tentatives infructueuses, elles ne donnaient que des ébauches et non le drame qui ferait triompher, malgré les classiques et contre eux, une poétique révolutionnaire. Il fallait coûte que coûte conquérir la scène et gagner le public : par là et par là seulement s'affirmerait la victoire romantique.
Mérimée ne fut pas le dernier à essayer ses forces : avec Stendhal ou seul il cherche à mettre au jour la pièce dont révent tous les dramaturges en puissance, à laquelle pensent un Balzac et un Hugo, un Vigny et un Dumas. Sa collaboration avec Beyle n'aboutit pas; il songe à un drame, la Bataille, mais n'en écrit que le canevas 2; il écrit un Cromivell où perce le souci de la vérité historique et psychologique et où il veut mettre en œuvre les théories du Milanese, mais sa pièce est injouable : il ne la publie pas. « Il fut, écrit son ami E. Delécluze, le premier à faire l'essai de la méthode de Beyle. » On aimerait juger sur preuves ''^. S'il consacre à l'art dramatique espagnol des articles pleins de suc, — il admire le respect