ÉDITIONS
1927. Prosper Mérimée. La Jacquerie, scènes féodales. Paris,
à l'enseigne du Pol-Cassé (1927), in-16.
1928. Prosper Mérimée. La Jacquerie, suivie de la FamiUe
de Carvajal. Paris, collection « Le livre du Divan », in-12.
Traductions.
La Jacquerie, scènes des temps féodaux. Trad. par D. V. Averkiev. Saint-Pétersboui^, Souvorine, 1893, in-8o.
La Jacquerie. Trad. par Z. A. Venguérov. Moscou, Gocizdal,
Adaptation.
La Révohe (Jacquerie), d'après Mérimée. Moscou, 1924. Adaptation russe par Art. Felige.
\ AKIA-NTES
Nous reproduisons les variantes que présentent la réédition donnée par Charpentier en 1842 et les réimpressions >£ichel LévT et Calmann-Lévy *. — Nous avons respecté l'orthographe et la ponctuation de l'édition originale, sans noter ks variantes qu'elles présentent dans les éditions postérieures : il serait vain de relever que l'édition de ÎSi^S imprime : attrappe ou appeUe, imhêciUe, ^oquens, sachons, hoèu ou alekjftnie, elc, là où les éditions pKKtérieures donnent : attrapCy apptie^ imbécile, Aoqxifnts, savants, hoUe ou alchimie^ etc^ que la plupart des interjections s'écrivent en 1828 : Hé ou Ha, et non Eh ou Ah, que Georges est écrit avec ou saifâ s et que, enfin, dans la première édition il y a fort peu de points d'interjection ou d'interrogation. Nous n'indiquons sur ces deux points que les variantes les plus importantes.
Page 2. — * La mention Préface est omise dans l'édition de
Page 3. — * Seigneurs du... : Seigneurs de... (C.-L.).
* ... d'Acuna,... : ... d^Acuùa... (C.-L.).
* ... pavsansdu... : paysans de... (C.-L.).
* ... d'Appemont : les édit. Charp. (1842) et C.-L. insèrent après ce nom celui de Maitre Bonxîn, son gou-
Page 4. — * .... une peau d'ours... : ... une peau de loup... (Charp., 1842 ; C-L.).
1. No«is désigiMMis ces de«x éditioiis par les abréviatioas aalvastes : Chwp., 1842, et C-L.
Page 4. — * ... griffes et dents;... : ... des griffes et des dents;... (Charp., 1842; C.-L.).
Page 6. — * Les gardes-chasse... : Les garde chasses... (Charp., 1842; C.-L.).
Page 7. — * ... des habitans... : ... des habitants... (Charp., 1842; C.-L.).
Page 8. — * Puisqu'il est... : Puisqu'il en est... (Charp., 1842 ; C.-L.).
Page 10. — * ... du pays. : ... le capitaine Siward, le plus grand routier du pays, s^y préparait à une expédition. (Charp., 1842; C.-L.).
* ... cinquante... : ... quarante... (Charp., 1842 ; C.-L.).
Page 11. — * ... un bon butin. : ... un bon coup. (Charp., 1842; C.-L.).
Page 13. — * ... la scène sont : ... de la scène : (Charp., 1842 ;
Page 14. — * ... souffle, plier;... : ... souffle ; (Charp., 1842 ; C.-L.).
Page 19. — * ... les votes. Ces trois dernières indications de mise en scène sont omises dans l'édit. Charp., 1842, et dans l'édit. C.-L.
Page 25. — * ... écuyers... : ... damoisels... (Charp., 1842 ; C.-L.).
Page 28. — * ... une belle chasse... : ... une bien belle chasse... (Charp., 1842).
Page 30. — * Dans le fait, il m'a souvent été utile, c'est un bon... : Dans le fait, c'est un bon... (Charp., 1842;
Page 32. — * ... à me mander : ... à me demander (Charp., 1842; C.-L.).
Page 33. — * Voilà bien du papier perdu... : Voilà du beau parchemin perdu... (C.-L.).
Page 33. — * ... que cotte politesse... : ... que notre politesse... ((:harp.,1842 ; C.-L.).
Page Sf). — * ... de l'œil et poussez. ..:... de l'œil, poussez. . . (Charp., 1842; C.-L.).
* ... village,... : ... pays,... (Charp., 1842 ; C.-L.).
Page 36. — * ... ne veut pas, le voit. : ... ne veut pas le voir, le voit. (Charp., 1842 ; C.-L.).
Page 37. — * ... si effrayés. : ... si effrayé. (Charp., 1842 ; C.-L.).
* ... elle revient. : ... elle rei>int. (Charp., 1842 ; C.-L.).
Page 38. — * ... l'aperçut... : ... ne l'aperçut... (Charp., 1842; C.-L.).
* ... de poil,... : ... de poils... (Charp., 1842 ; C.-L.).
Page 39. — * ... déchiqueté à coups de couteaux par... : ... déchiqueté par... (Charp., 1842 ; C.-L.).
Page 41. — * ... Angleterre. : ... Angleterre! (Charp., 1842 ;
Page 43. — * ... capitaine, que nous nous... : ... capitaine, nous nous... (C.-L.).
Page 46. — * ... M. le... : ... monsieur le... (Charp., 1842 ; C.-L.).
* ... et donnez lui cent coups de vos... : ... et me Vémouchez avec vos... (Charp., 1842 ; C.-L.).
Page 48. — * Comment battre... : Comment! battre...
Page 50. — * Quelle est... cette émeute? : Pourquoi ce tapage? (Charp., 1842; C.-L.).
Page 54. — * ... que l'on rend... en temps et lieu. Tenez... : ... que l'on rend à charge de revanche. Tenez... (Charp., 1842 ; C.-L.).
Page 56. — * Damoiselle... : Madame... (Charp., 1842; C.-L.).
Page 57. — * ... si j'aurais... : ... si l'aurai.., (Charp., 1842 ; G.-L.).
Page 58. — * ... vilains ! : ... amis ! (Charp., 1842 ; G.-L.).
Page 59. — * ... aux nez... : ... au nez... (C.-L.).
Page 61 . — * ... sonner toutes les. . . : ... sonner les. . . (Charp., 1842; C.-L.).
Page 65. — * ... chaude. Ils ont eu une... : ... chaude : une quinzaine... (Charp., 1842 ; C.-L.).
Page 66. — * ...supérieurs... : ... maîtres... (C.-L.).
Page 68. — * ... pauvres... : ... simples... (Charp., 1842; C.-L.).
Page 69. — * ... à cœurs de... : ... àcœwrde... (Charp., 1842 ;
* ... anglais nous a dit... : ... anglais a dit... (Charp.,
Page 70, — * Un homme de guerre... : Un homme (V armes... (Charp., 1842 ; C.-L.).
* ... laisser tourmenter... : ... laisser tondre la laine sur le dos... (Charp., 1842; C.-L.).
Page 72. — * ... bierre... : ... bière... (Charp., 1842 ; C.-L.).
Page 73. — * ... plaint que hier... : ... plainte que hier...
(Charp., 1842; C.-L.).
Page 74. — * C'était jour... : C'était un jour... (C.-L.).
* ... un crime... : ... un tel crime... (C.-L.).
Page 76. — * ... vilains. : ... gens. (Charp., 1842 ; C.-L.).
Page 78. — * ... dur et méchant, n'adore... : ... dur et méchant... c'est qu'il n'adore... (Charp., 1842 ; C.-L.).
Page 81. — * Mon père m'a fait cadeau de toi,... : Mon père le veut bien,... (Charp., 1842 ; C.-L.).
Piige 82. — * Une égyptienne... : Une sorcière... (C.-L.).
VAIUANTES
Page 85. — * ... onvoyor... : ... jeter... (Charp., 1842 ; C.-L.).
Page 86, — * ..., jo sonnerai... ..., '](i ferai sonner... (Charp.,
Page 93. — * ... sont nos forces... : ... sont vos forces... (Charp., 1842; C.-L.).
Page 94. — * ... pas de son... : ... pas par son... (Charp., 1842 ; C.-L.).
Page 95. — * ... croix de Saint-Étienne... : ... croix Saint- Étienne... (C.-L.).
Page 97. — * Effectivement... : En effet... (Charp., 1842 ;
* ... en sait plus... : ... en sait autant... (Charp., 1842 ;
* ... l'aire une aussi... : ... avoir fait uno si... (C.-L.).
Page 101. — * ... n'en fût traversé. : ... n'en fussent traversés. (Charp., 1842; C.-L.).
Page 102. — * Et voici... : Et voilà... (C.-L.).
Page 103. — * ... tirée... : la fe et la 2^ édit. portont tiré.
* ... de Lucifer, s'il... : ... de Lucifer; s'il... (Charp., 1842 ; C.-L.).
Page 105. — * ... cette livrée à mes armes;... : ... cette livrée ;... (Charp., 1842 ; C.-L.).
Page 106. — * ... que moi... : ... que pour moi... (C.-L.).
Page 108. — * ... vous dirigez? : ... vous avez? (Charp., 1842 ; C.-L.).
Page 109. — * Voilà les... : Voilà des... (C.-L.).
* ..., parce qu'il porte une jupe brodée. D'un... : ..., parce qu'il sait lire^ et que Gilbert lui a donné une jupe neuve à ses armoiries. D'un... (Charp., 1842 ; C.-L.).
Page 111. — * ... ambitionneraient... : ... ambitionnent... (C.-L.).
Page 112. — * ... renverser, le misérable ! moi,... : ... renverser ! moi,... (Charp.. 1842 ; C.-L.).
Page 114. — * ... dans ce but. : ... à cette œuvre. (G.-L.).
Page 115. — * ... cette terre... : ... ce pays... (Charp., 1842 ;
Page 122. — * ... nom ; tue le ou bien sauve toi... : ... nom ; sauve toi... (Charp., 1842 ; C.-L.).
Page 126. — * Mort de Dieu !... : Mort Dieu... (C.-L.).
* ... d'argent, à en congédier... : ... d'argent, rf'en congédier... (Charp., 1842; C.-L.).
Page 127. — * ... et l'on m'en tanne la peau... : ...et l'on me tanne sa peau... (Charp., 1842 ; C.-L.).
* ... et l'on m'en tanne la peau... : ... et l'on me tanne sa peau... (Charp., 1842 ; C.-L.).
* ... me... : ... m'en... (Charp., 1842 ; C.-L.).
Page 128. — * ... ce qui lui... : ... ce qu'il lui... (Charp., 1842 ;
Page 131. — * ... on le mettra à la question? : ... on lui donnera la question?
* On le mettra à la question ! : On lui donnera la question ! (Charp., 1842; C.-L.).
Page 134. — * Je ne puis. : Je ne fe puis. (C.-L.).
* ... le pourrai je? : ... le pourrais je,... (Charp., 1842). ... le pourrais je? (C.-L.).
Page 137. — * ... et que ferez vous... : ... et que feriez vous... (Charp., 1842; C.-L.).
* ... qui aura tué... : ... qui aurait tué... (Charp., 1842 ;
Page 139. — * Espère-tu... : Espères tu... (Charp., 1842; C.-L.).
* ... un de ses diables de sermons... : ... un de ses sermons... (Charp., 1842 ; C.-L.).
Pago 141. — * ... dix millo bori.s... : ... dix mill»-... (Charp., 1842; G.-L.).
* ... c'est un ladro. : ... c'est un ladn' vert. (C.-L.).
Page 142. — * ... est bien douce... : ... est douce... (Charp., 1842; C.-L.).
Page 143. — * ... penseraient bien que... : ... penseraient que... (Charp., 1842; C.-L.).
Page 145. — * ... de... de... — Il me semble... : ... de... de... C^est une singulière condition... — Il me semble... (Char[)., 1842; C.-L.).
Page 146. — * ... un fief noble !... : ... un noble fief !... (Charp., 1842; C.-L.).
* ... mieux encore pour... : ... mieux pour... (Charp., 1842; C.-L.).
* ... ciselé... : ... sculpté... (Charp., 1842 ; C.-L.).
Page 150. — * Il s'est livré... pour... : Après avoir tué le méchant sénéchal, il s'est livré pour... (Charp., 1842 ; C.-L.).
* ... décimés. : ... décimés ou mis à la gêne. (Charp., 1842; C.-L.).
Page 152. — * Gilbert sera... : Gilbert, sans doute, sera... (Charp., 1842 ; C.-L.).
* ... barrières, au premier signal, et... : ... barrières, et... (Charp., 1842; C.-L.).
Page 154. — * ... ce sont de nos... : ... ce sont nos... (Charp., 1842; C.-L.).
* Je l'ai envoyé... : Je les ai envoyés... (Charp., 1842 ; C.-L.).
* ... il nous les apporte. : ... ils nous les apportent.
Page 155. — * ... vingt. : ... dix. (Charp., 1842 ; C.-L.).
Page 156. — * Arrêtez,... : Arrête... (Charp., 1842 ; C.-L.).
/ai Jin/ucrie. 20
Page 156. — * ... A la bonne heure, mais... : A la bonne heure, passe pour celle là; mais... (Charp., 1842 ; C.-L.).
Page 158. — * ... cor à une... : ... cor d'une... (Charp., 1842 ; C.-L.).
* ... pour le bien... : ... au bien... (Charp., 1842 ; C.-L,).
Page 159. — * ... saint Georges... : ... saint Leufroy... (Charp., 1842 ; C.-L.).
Page 160. — * ... Simon ou Morand... : ... Simond et Morand... (C.-L.).
* ... être si... : ... être trop... (Charp., 1842 ; C.-L.). Page 161. — * ... vas... : ... ça... (Charp., 1842 ; C.-L.).
* La place de... : La place du... (C.-L.). Page 162. — * ... si on... : ... si Ton... (C.-L.).
* Il dit... : On dit... (C.-L.).
Page 163. — * voilà... : Voici... (C.-L.).
Page 170. — * ... qu'il y... : ... qu'il ny... (Charp., 1842; C.-L.).
Page 171. — * ... sur les travaux du siège. : ... sur le siège. (Charp., 1842 ; C.-L.).
* ... Toi, vas au... : ... Toi, ça au... (Charp., 1842;
Page 172. — * ... dans de la poix... : ... dans la poix...
Page 176. — * ... sont assez bonnes... : ... sont bonnes...
(Charp., 1842; C.-L.).
Page 178. — * Eh bien, mes chers frères !... : Eh bien, mes frères... (Charp., 1842 ; C.-L.).
* ... à emporter... : ... à porter... (Charp., 1842 ; C.-L.).
Page 181. — * ... par la barbe.) : ... par le collet.) (C.-L.).
Page 183. — * Arrangez vous. : Arrangez vous. A bon entendeur, salut. (Charp., 1842 ; C.-L.).
Page 183. — * ... qu'on emmène... : ... qu'on m'emmène... (Charp., 1842; C.-L.).
Page 184. — * ... rançon... ... quartier... (Charp., 1842;
Page 185. — * ... un moino... : ... Vnhhé... (Charp., 1842 ; C.-L.).
Page 18G. — * ... j(î ne hii ai pas arraché un seul chevru,... : ... je ne V ai pas tondu,... (Charp., 1842 ; C.-L.).
* . . . moine de plus ou de moins. . . : . . . moine de moins. . . (Charp., 1842; C.-L.).
Page 187. — * ..., il ne faut pas l'enterrer. : ... quW ne faut pas enterrer. (Charp., 1842 ; C.-L.).
Page 190. — * Pas le moindrement ! Sénéchal. : Nullement^ sénéchal. (Charp., 1842 ; C.-L.).
Page 193. — * ... d'effrayer les Jaques. : ... d'rffrayor Jacques Bonhomme. (Charp., 1842; C.-L.).
Page 196. — * ... là... : ... là bas... (C.-L.).
Page 197. — * ... le capitaine... : ... les capitaines... (Charp.,
Page 200. — * ... ne peuvent combattre... : ... doivent combattre... (Charp., 1842 ; C.-L.).
* ... doivent combattre... : ... ne peuvent combattre... (Charp., 1842 ; C.-L.).
(Lapsus évident corrigé par la suite.)
* ... avec leurs usages. : ... et \e\xTS façons. (C.-L.).
* ... après... : ... après... (l^e édit.).
Page 203. — * ... ce scélérat ! : ... ce brigand ! (Charp., 1842 ;
Page 204. — * ... vous paîrez... : ... vous paierez... (Charp., 1842; C.-L.).
* ... là où... : ... où... (C.-L.).
Page 209. — * ... sur leurs... : ... parleurs... (Gharp., 1842 ; G.-L.).
Page 212. — * ... à personne... : ... à un... (Gharp., 1842 ;
Page 213. — * ... tête bleue !...:... tête bleu ! (G.-L.).
Page 220. — * ... aux Jaques... : ... aux paysans... (Gharp., 1842; G.-L.).
Page 221. — * ... les Anglais,... : ... V Anglais... (Gharp.,
Page 225. — * ... les Jaques... : ... les paysans... (Gharp., 1842; G.-L.).
Page 229. — * ... rebauds. : ... rihauds. (Gharp., 1842; G.-L.).
Page 230. — * Les Jaques disaient... : hes rebelles... (Gharp., 1842). Les rebelles disent... (G.-L.).
Page 231. — * ... à l'aide d'une... : ... le long d'une... (Gharp., 1842; G.-L.).
Page 237. — * Mes gendarmes... : Les gendarmes... (G.-L.).
* Monseigneur d'Apremont... : Monseigneur Gilbert... (Gharp., 1842 ; G.-L.).
Page 238. — * Isabelle. : Isabelle, après un silence. (Gharp., 1842; G.-L.).
Page 239. — * ..., je vous l'avoue,... : ..., je l'avoue,... (Gharp., 1842; G.-L.).
Page 243. — * ... me remettrai... : ... me mettrai... (Gharp.,
Page 245. — * ... barbacane... : ... meurtrière... (Gharp., 1842; G.-L.).
* ... Loup garou, pour lui indiquer une fausse route. : ... Loup garou, et ça le mener à Vescalade du château vide. (Gharp., 1842; G.-L.).
VAHIANTES 405
Page 249. — * ... SCS prières. : ... ses patenôtres. (Charp., 1842; C.-L.).
Pago 250. — * Cotte jeune dame est noble, .J'en suis sûr. : Cest une jeune dame de noble race, ((^harp., 1842 ; C.-L.).
* ...; l'enfant sera noble. : ...; elle ne déroge pas. (Charp., 1842; C.-L.).
* ... n'est plus si... : ... n'est plus aasst... (C.-L.).
Page 252. — * ... votre anneau... : ... votre main... (Charp., 1842; C.-L.).
Page 254. — * ... horreur. Édit. 1828-1829 : Non... non pas, ce prêtre il me fait horreur. (Ponctuation défectueuse.)
Page 256. — * Il m'échappe, il va causer une guerre entre les vilains et les aventuriers, qui se détestent déjà. : Il m'échappe, et les vilains et les aventuriers qui se détestent déjài vont s' entrebattre. (Charp., 1842 ; C.-L.).
Page 257. — * ... qu'il n'en soit plus... : ... qu'elle n'en ait plus... (Charp., 1842 ; C.-L.).
Page 261. — * ... et le cor... : Édit. 1828-1829. ... et le corps... Lapsus évident que nous corrigeons avec l'édit. C.-L..
Page 263. — * ... ferait-on... : ... fe^ait-^on... (1828-1829).
Page 264. — * ... ni bled... : ... ni blé... (Charp., 1842; C.-L.).
Page 265. — * Et vous, compère,... que vous destinez... : Et toi, compère,... que tu destines... (Charp., 1842 ; C.-L.).
Page 266. — * . . . osez vous révolter. . . : ... osez /ne désobéir. . . (Charp., 1842; C.-L.).
Page 267. — * ... peut être utile... : ... peut nous être utile. (Charp., 1842 ; C.-L.).
Page 268. — * ... à des paysans. : ... aux paysans. (Charp., 1842 ; C.-L.).
Page 270. — * ... que les seigneurs ont... : ... que les seigneurs françois ont... (Charp., 1842 ; C.-L.).
Page 272. — * ... philosophe et docteur en médecine et physique de... : ... philosophe et physicien de... (Charp.,
Page 274. — * ... fuit... : ... fluit... (C.-L.).
Page 275. — * ... en pièces... : ... en chair à pâté... (Charp., 1842; C.-L.).
* ... les seigneurs... les seigneurs... : ... les nobles... les nobles... (Charp., 1842 ; C.-L.).
Page 276. — * ... que la moitié... : ... qu'une moitié... (C.-L.).
Page 277. — * ..., il l'accordera... : ..., il cous l'accordera...
Page 281. — * Silence donc ! ... communes? : Silence, encore une fois! Français ou Anglais, nous sommes tous frères dans la sainte ligue des communes. (Charp., 1842; C.-L.).
* ... la récolte des fruits. : ... la récolte. (Charp., 1842 ; C.-L.).
Page 282. — * ... importe d'avoir Meaux? : ... importe Meaux? (Charp., 1842 ; C.-L.).
Page 283. — * ... de grand renom : ... de renom. (Charp., 1842; C.-L.).
Page 287. — * ... chevalier... : ... monseigneur... (Charp., 1842; C.-L.).
Page 288. — * ... je vous connaissais... : ... je vous ai connu... (Charp., 1842 ; C.-L.).
* ... plaida si bien ma cause... : ... parla si bien en ma faveur... (Charp., 1842 ; C.-L.).
Page 289. — * ... exagérées... : ... ridicules... (Cliarp., 1842 ; C.-L.).
Page 289. — * ... dfjs Jaques... : ... des vilains... (Charp., \H^2^ C.-L.).
Page 290. — * Les Jaquos... : Les rebelles... (Charp., 18V2 ; G.-L.).
Page 292. — * ... iail comte et banneret. : ... fait bannoret. (Charp., 1842 ; C.-L.).
Page 293. — * ... cordes, et des chevaux... : ... cordes; des chevaux... (Charp., 18'i2 ; C.-L.).
Page 294. — * ... des labours... : ... des laboureurs... (Charp., 1842; C.-L.).
Page 295. — * ... aurons nous bataille. : ... nous aurons la bataille. (Charp., 1842 ; C.-L.).
Page 299. — * ... sur son corps de réserve,... : ... sur sa réserve... (Charp., 1842 ; C.-L.).
* ... à autre chose. : ... kV ouvrage. (Charp., 1842 ; C.-L.).
Page 300. — * Petit Jean, commande mes... : Wiljrid, conduis nos... (Charp., 1842 ; C.-L.).
Page 306. — * ... par ma science seule,... : ... par moi seul.... (Charp., 1842; C.-L.).
Page 307. — * ... du roi! les aventuriers! : ... du roi! (Charp., 1842; C.-L.).
Page 311. — * ... avec la valeur de l'argent. : ... avec celui des objets nécessaires à la vie. (Charp., 1842 ; C.-L.).
* ... couvrir... : ... courir... (C.-L.).
Page 316. — * ... sans résultat... : ... sans effet... (Charp., 1842; C.-L.).
* ... résolut de faire violence à... : ... résolut d'employer la force contre cette... (Charp., 1842 ; C.-L.).
* ... essaya de triompher par force de sa pudeur. ... essaya de lui faire violence (Charp., 1842 ; C.-L.).
Page 318. — * ... tous les... : ... tous ces... (Charp., 1842 ; G.-L.).
* ... tourne... : ... tournerait... (Charp., 1842 ; C.-L.).
* ... remuer... : ... toucher... (Charp., 1842 ; C.-L.).
Page 320. — * Je vous serai... : Je vous en serai... (Charp.,
Page 324. — * ... reste donc. : ... reste, je le veux. (Charp., 1842 : C.-L.).
* ... ainsi émue. : ... ainsi. (Charp., 1842 ; C.-L.).
Page 325. — * ... disait mot. : ... disait rien. (Charp., 1842 ; C.-L.).
Page 327. — * ... des murs. Que sais-je moi? Pas... : ... des murs. Pas... (Charp., 1842 ; C.-L.).
Page 328. — * Dona Augustina. : Dona Augustina, bas à sa fille. (Charp., 1842; C.-L.).
Page 329. — * ... assieds toi près de... : ... assieds toi à... (Charp., 1842; C.-L.).
* ... deux... : ... trois... (Charp., 1842 ; C.-L.).
* ... de nous faire. : ... de faire. (Charp., 1842 ; C.-L.).
* ... noires sont trop repoussantes. : ... noires te déplaisent. (Charp., 1842 ; C.-L.).
Page 333. — * ... n'est ce pas?... Oh !... : ... n'est ce pas? {A demi voix.) Oh !... (Charp., 1842 ; C.-L.).
* ... qu'un peu t'efîrayer? : ... que t'effrayer un peu? (Charp., 1842; C.-L.).
Page 334. — * ... n'êtes donc bonne à rien? : ... n'êtes bonne à rien. (Charp., 1842 ; C.-L.).
Page 335. — * ... n'avez... supporter... : ... n'aurez vous plus à supporter longtemps... (Charp., 1842 ; C.-L.).
* ... del Carmen de Burgos : ... de Chimpaquirà. (Charp., 1842 ; C.-L.).
VAHIANTES ^09
Page 336. — * ... opiniâtre... : ... entêtée... (Charp., 1842; C.-L.).
* ... qu(; lui. Mais... : ... qno lui. — (Bas.) Mais... (Charp., 1842; C.-L.).
Page 339. — *...](■ me retirerais... : ... j'entrerais... (Charp., 1842; C.-L.).
Page 344. — * ... qu'ils disent être si juste ! : ... qu'ils disent juste! (Charp., 1842; C.-L.).
* ... destiné... : ... créé... (Charp., 1842 ; C.-L.).
Page 349. — * ... quelque part, dans... : ... quelque part, sur... (Charp., 1842; C.-L.).
Page 351. — * ... pour l'emporter : ... pour le recevoir... (Charp., 1842; C.-L.).
Page 352. — * ... que font des chevaux dans les herbes sèches. : ... que font les fers de leurs chevaux. (Charp., 1842; C.-L.).
Page 354. — * ... ma main la lancera... : ... ma main lancera... (Charp., 1842 ; C.-L.).
Page 358. — * ... ni jolie, ni aimable. : ... ni jolie. (Charp., 1842; C.-L.).
Page 360. — * ... pour m'enlever. : ... pour /'enlever... (Charp., 1842; C.-L.).
Page 367. — * ... madame. : ... madame, dès que vous m'appellerez. (Charp., 1842 ; C.-L.).
Page 368. — * ... douleur. Don Alonso est il mort? : ... douleur, mais je n'entends rien aux secrets. (Charp., 1842; C.-L.).
* ... est un... : ... est de... (Charp., 1842 ; C.-L.).
Page 369. — * Une fille père : Vous êtes mon père.
(Charp., 1842; C.-L.).
* ... main et la porte à ses lèvres, puis... : ... main, puis... (Charp., 1842 ; C.-L.).
Page 370. — * Je ne... mère. : De ma mère, je ne crois rien de déshonorable. (Charp., 1842 ; C.-L.).
Page 371. — * ... adorable, laisse moi te presser sur mon sein... : ... adorable, si tu lisais dans mon cœurl (Charp., 1842 ; C.-L.).
* ... se dégageant avec violence. : ... s"* éloignant avec effroi. (Charp., 1842 ; C.-L.).
* Ah !... amour. : Ah ! pour toi ']e m'élancerais au miheu des flammes de l'enfer. (Charp., 1842 ; C.-L.).
Page 372. — * Jamais..., sans... : Pour satisfaire un désir jamais je n'ai hésité à braver toutes les lois... Tiens, vois ce bras, sans... (Charp., 1842 ; C.-L.).
Page 373. — * ... je ne serai point à vous. : ... je ne vous craindrai pas. (Charp., 1842 ; C.-L.).
Page 375. — * ... bouche. : Tout ce qui précède depuis : Pourquoi ai je bu... est supprimé dans l'édit. Charp., 1842, et dans l'édit. C.-L.
Page 376. — * ... fille ! Oh ! quelle agonie... Et... : ... fille!... Et... (Charp., 1842; C.-L.).
Page 377. — * ... malade... Don José : ... mal... Don José. Toute la phrase incise est supprimée dans l'édit. Charp., 1842, et dans l'édit. C.-L.
* ... mensonge. Croyez en... fidèle. : ... mensonge. Mais... vous le savez bien... Catalina est votre fille... vous n'en avez jamais douté. (Charp., 1842 ; C.-L.).
* Don José... prie. : Excusez moi si dans un moment de mauvaise humeur... Pardonnez moi, je vous en prie... (Charp., 1842; C.-L.).
* ... main.) Dites moi... n'ose. : ... main.) Promettez moi... c'est la prière d'une mourante^ don José! (Charp., 1842; C.-L.).
* Catalina... foi. : Cette réplique devient dans les édit. Charp. et C.-L. : Soyez un père pour Catalina^ don José!
VARIA.NTES 411
Jurez le moi... Songez que les jugements de Dieu sont terribles.
Page 377. — * Au moins... voir... : Cest voire fille ! vous Hes son seul protecteur/ vous clés son père/ (Charp., 1842; C.-L.).
Page 378. — * José. Elle n'est plus ici. II... : José. II... (Charp., 1842 ;G.-L.).
* ... je souffre !... : Toute cette réplique devient dans les édit. Charp., 1842, et C.-L. : La laisser seule ici... et mourir sans lui dire adieu / oli / mon doux Sauveur /
* ... Ah!... côté? : ... Ah! pourquoi ce poignard? (Charp., 1842; C.-L.).
* ... dague. : ... dague. Vous savez que je la porte toujours. (Charp., 1842 ; C.-L.).
* ... vous m'avez tuée... : ... pitié pour elle... (Charp.,
Page 379. — * ... main. : Toute cette réplique est supprimée dans les édit. Charp., 1842, et C.-L.
Page 381. — * Mieux aurait valu un bon coup de pistolet dans la tête... — Ce qui... : Mieux aurait valu... — Ce qui est... (Charp., 1842 ; C.-L.).
* Si j'allais être trahi par la nature? (Il rit amèrement.) Oh ! quelle honte \... \\ y di... : Si la nature, si la voix du sang, comme ih disent, allait faire un miracle... Et... j^ai quarante six ans... [Avec un rire amer.) Il y a... (Charp., 1842; C.-L.).
* ... troublé. : ... effaré? (Charp., 1842 ; C.-L.).
Page 382. — * ... peuvent... : ... savent... (Charp., 1842; C.-L.).
Page 384. — * ... que l'on a ôté à ma fille son poignard ? : ... que ma fille n'a plus son poignard? (Charp., 1842 ; C.-L.).
Page 386. — * ... et cependant... moment... : Toute cette
proposition est supprimée dans les édit. Charp., 1842, et C.-L.
Page 386. — * ... bouleversée... : Les édit. Charp., 1842, et C.-L. suppriment les phrases suivantes : Je crains... jusqu'à l'indication : (Elle s'assied...
Page 387. — * ... chambre.) Que... : (Elle se lève impétueusement). Cest ce qu^il veut^ parce qu'alors je serais à sa merci. O Jésus, Jésus ! aie pitié de moi ! donne moi du courage l {Elle se met à genoux et prie. Se relevant.) Que... (Charp., 1842; C.-L.).
* ... plutôt... : ... plus tôt... (C.-L.).
* ..., nous allons vous donner... : ..., vous allez avoir...
Page 388. — * Que me voulez vous?... Je suis sauvée! : Dans les édit. Charp., 1842, et C.-L., ce passage devient :
Dona Catalina : Au secours ! au secours !
Don José : Tes cris sont inutiles !
Dona Catalina : Ne m'approchez pas !
(les cris et les coups d'arquebuse se rapprochent).
Don José : Ils vont entrer, mais ils viendront trop tard. (Il s'élance...)
* ... tes supplices... : ... ton supplice... (Charp., 1842; C.-L.).
* Ouvrez ! ou j'enfonce la porte ! : Frappez I enfoncez la porte! (Charp., 1842 ; C.-L.).
NOTES ET É(JLAIH(:iSSEMENTS
Page 3, ligne 2. — Dans Froissard... : Sur les emprunts que Mérimée fit à Froissart, cf. P. Trahard, La jeunesse de P. Mérimée, t. I, p. 321 et suiv. Il s'inspire de lui plus qu'il ne le dit ici. Mérimée devait, en 1856, lui rendre hommage. Cf. Portraits historiques et littéraires, p. 47.
— , ligne 8. — Quant aux causes. . . : Mérimée se garde bien de les indiquer. Les historiens de la Jacquerie devaient, par la suite, le lui reprocher. Il se borne à signaler les « excès de la féodalité » ; il eût pu parler des routiers et de leurs crimes, et dire avec plus de détail que la misère du peuple, succédant à une ère de prospérité, était due surtout aux exactions de ces derniers en Champagne et dans l'Ile-de-France. Cf. S. Luce^, p. 7 et suiv.
— , ligne 18. — John Bail. : Disciple de Wiclef, il marcha sur Londres à la tête des révoltés. Arrêté, puis délivré, il menaça un moment Richard II dans la tour de Londres. Arrêté à nouveau, il fut exécuté en 1381. — Sur la Jacquerie anglaise, cf. H. Wallon, Richard II, épisode de la rivalité de la France et de V Angleterre. Paris, Hachette, 1864, 2 vol. in-80, et Froissart, livre II, ch. xiii, édit. S. Luce, t. X, p. 94 et suiv. Sur Bail, cf. ib., t. X, p. xxxiv, note 5.
Page 4, ligne 39. — Beauvais. : Mérimée ne situe pas de façon précise le lieu de la Jacquerie. C'est à Saini-Leu qu'eut lieu le premier « effroi ». La révolte gagna vite, avec le
1. Nous citons simplement par le nom de S'. Luce son Histoire de la Jacquerie. Paris, Durand, 1859, in-8°.
Beauvaisis, la partie nord de l'Ile-de-France et la Champagne. Il existe dans l'Oise, près de Senlis, au sud-est de Beauvais, un village d'Apremont : c'est près de ce village que Mérimée situe en partie l'action de son drame.
Page 5, ligne 7. — Le loup Garou : Le chef des Jacques se nommait en réalité Guillaume Karle. Mérimée, pour corser le scénario de son drame, fait de ce capitaine, « homme bien sachant et bien parlant », une sorte d'outlaw qui rappelle les héros des romans sataniques de Maturin, de Lewis ou d'Anne Radcliffe, et ceux de d'Arlincourt ou de Pixérécourt. Il va plus loin : il en fait un personnage mystérieux auquel il donne le nom d'un être cher à la superstition populaire. L'existence du loup-garou, ou lycanthrope, est mentionnée déjà par des auteurs anciens : Virgile, — que cite, d'ailleurs, Mérimée (cf. note 24), — Strabon, ou Pomponius Mêla. Au moyen âge, théologiens et jurisconsultes reconnaissent l'existence des loupsgarous, race maudite, qui portent, retournée en dedans, la peau du loup. On racontait qu'on avait pris à Padouo un loup-garou auquel on coupa les pattes : on vit aussitôt apparaître à sa place un homme sans bras ni jambes. On allait jusqu'à écorcher vivants ceux que l'on soupçonnait d'être loups-garous pour voir s'ils avaient la peau de loup retournée. Cf. De Beauvoys de Chauvincourt, Discours de la lycanthropie ou de la transmutation des hommes en loup; — Archives curieuses de Vhistoire de France, V^ série, t. VIII ; — Collin de Plancy, Dictionnaire infernal..., 26 édit., 1825, t. III, p. 472 et suiv. Le loup-garou avait sa place dans la littérature, et non pas seulement dans le folklore, depuis les romans bretons : Marie de France avait, dans ses Lais, conté l'histoire de Bisclavret (cf. Marie de France, Les Lais, édit. Bibl. romanica. Strasbourg, Heitz, 2 vol. in-16, t. II, p. 141), comme il l'avait dans la vie sociale : le parlement de Dôle, en 1573, condamnait G. Garnier « pour avoir en forme de loup-garou dévoré plusieurs enfans » (cf. Archives curieuses, loc. cit., p. 7).
Sources de cette scène : Shakespeare, Le roi Henri VI, acte IV, scène 2 : plaintes du peuple sur sa misère.
Page 6, ligne 23. — Et les chiens F : Source de ce passage : Jean do Vonette. (Cf. G. do Nang-i?, Chronique latine, édit. II. Géraud. Paris, J. R(;nouard, 184.S, 2 vol. in-H», t. II, p. 328-329.) La fable du loup et du chien a été résumée par S. Luce, toc. cit., p. 42.
Page 7, ligne 5. — ... mal Saint Quenet,... : Saint Quonel, dit M. Sainéan, ost « un nom facétieux sur lequel on a fait toutes sortes d'hypothèses, dont aucune n'est plausible ». Il est difficile de dire le mal dont il est ici question. On jurait familièrement : « Ventre Saint Quenet ! » Cf. ci-dessous, p. 11, et Rabelais, Gargantua, ch. v, ou N. du Fail, Propos rustiques, édit. L.-R. Lefèvro, 1929, p. 40. Rabelais cite nombre de ces jurons familiers : a Par sainct Fiacre de Brye ! Saint Treignant ! Je foys veu à sainct Thibaud ! Par sainct Andouille ! » Cf. Gargantua, ch. xvii, éd. J. Plattard. Paris, 1929, p. 217.
Les médecins étaient alors presque tous clercs ou moines : Girart de Roussillon, blessé, a près de lui un moine : « Il n'y a tel médecin jusqu'en Babylone » (édit. P. Meyer, p. 35). Sur la médecine et les médecins, cf. S. Luce, Histoire de B. Du Guesclin. Paris, Hachette, 1876, in-S», p. 69.
Page 9, ligne 4. — ... S^ Ferréol (TAhbeville,... : On connaît plusieurs saint Ferréol, qui furent évoques de Besançon et de Limoges, d'Autun, de Grenoble et d'Uzès. Ulysse Chevalier, dans son Répertoire des sources historiques du moyen âge. Bio-bibliographie, t. I, 2® édit., col. 803, ne mentionne aucun saint Ferréol d'Abbeville.
— , ligne 5. — ... par Golfarin... : Sur Golfarin, cf. Chevalet, Mystère de saint Christophe, et le Roman de Mahomet, par Alexandre du Pont (1258).
Page 10, ligne 8. — ... routier... : Sur les routiers, cf. ci-dessous la note de la p. 17, ligne 3.
Page 11, ligne 22. — ... Saint Nicolas... : Les serfs invoquaient saint Nicolas, protecteur des faibles, comme les nobles saint Georges.
Page 12, ligne 21. — ...la franchise. : Le droit d'asile était un des privilèges des abbayes et des églises. Hugo devait en parler dans Notre-Dame de Paris, comme Byron en avait parlé dans son Élégie sur Vahhaye de Newstead, monastère où, dit-il, « les divers crimes de la superstition vinrent chercher l'abri sous le froc protecteur du prêtre » [Œuvres complètes, trad. A. Pichot. Paris, Furne, 6 vol. in-8o, 1836, t. I,p. 87).
Page 13, ligne 8, — ... messe de sang... : Souvenir de Goëtz von Berlichingen (édit. E. Lichtenberger. Paris, Hachette, 1885, in-80, p. 79-80).
Page 14, ligne 2. — ... voici sa croix pour signature. : Mérimée avait pu se renseigner sur l'ignorance des chevaliers dans les Mémoires sur l'ancienne chevalerie, de Lacurne de Sainte-Palaye (édit. Nodier, t. I, p. 356 et 407). G. d'Apremont et Siward se glorifient de leur ignorance ; cf. ci-dessous scènes 3 et 23 : la clergie n'est pas qualité noble.
Page 17, ligne 3. — Navarrois,... : Les trois termes dont use ici Mérimée servaient communément pour désigner indifféremment les aventuriers qui ravageaient alors la France. (Cf. Froissart^, t. 1, 1. I, p, 392.) Les Navarrais servaient sous les ordres du roi de Navarre, Charles le Mauvais, et de son frère Philippe, alors en lutte perpétuelle avec le roi. Philippe de Navarre était en Normandie le lieutenant d'Edouard III d'Angleterre. Installés autour de Paris après la défaite de Poitiers, les Navarrais étaient plus puissants que le dauphin Charles.
Sur les Tard-Venus, aventuriers qui ravagèrent la Bourgogne et la Champagne en 1360, et sur les grandes Compagnies, on consultera Coville, I^s premiers Valois et la
1. Quand nous ne mentionnons pas de nom d'édition, nous renvoyons à l'édit. J.-A.-C. Buchon. Paris, J. Desrez, 3 vol. in-8«, 1837.
NOTES ET ÉCLAIHCISSEMENTS '117
guerre de Cent ans, dans Vllistoire de France de Lavisse, t. IV, vol. I, p. IGl et suiv. ; S. Luco, loc, cit., ch. i, p. 7, et Froissait, 1. I, ch. lxxxv, éd. S. Luce, t. VI, p. 59 et suiv. On désignait sous le nom général de malandrins des band»!S de gens sans aveu de toute nationalité qui louaient leurs services en temps de guerre et en temps de paix rançonnaient pour vivre le pays où ils se trouvaient^. Ils n'hésitaient pas à affronter les troupes royales (où se trouvaient souvent des leurs), qu'ils battirent, un jour, à Brignais. (Cf. Froissart, 1. I, ch. lxxxv, éd. Luce, t. VI, p. 65-G9.) Du Guesclin en débarrassa la France en les emmenant en Espagne. Soldats de métier, ils constituaient des compagnies régulièrement organisées, dont F. Jean parle un peu plus loin, aux effectifs parfois importants, munies de tous les « services » nécessaires, charrons, selliers, maréchaux ferrants, etc., qui pratiquaient une tactique assez stmiblable à celle des pillards du nord de l'Afrique. L'effectif de la grande compagnie s'élevait en 1360 à 15,000 hommes (cf. Froissart, édit. Buchon, livre I,
ch. LXXVI, LXXVII, LXXX, LXXXI, LXXXV, CII, CVI, CXIV,
cxxiii, et s. Luce, Histoire de B. Du Guesclin. Paris, 1882, in-12, ch. x).
Mérimée marque ici, un peu trop discrètement peutêtre, que la jacquerie des brigands — conséquence directe et immédiate des trêves qui suivirent la bataille de Poitiers — précéda celle des paysans. « Une véritable jacquerie de gens d'armes précéda et prépara la jacquerie des paysans », écrit S. Luce, p. 7.
Page 17, ligne 12. — ... coup de flèche... : Peut-être Mérimée pensc-t-il ici à frère Jean des Entommeures et aux moines de l'abbaye de Seuillé? Cf. Gargantua, ch. xxvii et suiv. On sait qu'il n'était pas rare au moyen âge de voir combattre les gens d'Église.
— , ligne 22. — ... Jacques Bon-homme... : o A cette époque,
1. Ils considéraient la France, dit Froissart, comme « leur cambre », édit. S. Luce, t. VII, p. 65.
La Jaq\ie)'ie. il
dit J. de Venette (cf. Chronique latine de G. de Nangis, édit. H. Géraud. Paris, Renouard, 1843, 2 vol. in-8o, t. II, p. 238), les nobles, pour tourner en dérision la simplicité des paysans et des pauvres gens, leur donnaient le nom de Jacques Bonhomme... » S. Luce ajoute que le prénom de Jacques était, au xiv^ siècle, frappé de ridicule (cf. lac. cit., p. 1 et suiv.). Il ne faut pas chercher ailleurs que dans ce nom, considéré comme un sobriquet, l'origine du surnom employé ici. Cf. Secousse, t. I, p. 227.
Page 19, ligne 2. — ... miracles? Inspiré de Shakespeare, Le roi Henri VI, acte II, scène 1 : un habitant de S* Albans recouvre la vue.
Page 20, ligne 28. — ... concile! En principe, les abbés étaient élus librement, à l'abri de toute influence laïque : «... qu'aucune puissance, la nôtre ou celle d'autrui, ne s'oppose à cette libre et religieuse élection », disait le règlement de Guillaume d'Aquitaine. La règle étant souvent violée, les abbés procédaient fréquemment de leur vivant à la désignation de leur successeur (cf. Lavisse, Histoire de France, t. II, vol. II, p. 124).
Les abbayes déléguaient leurs représentants aux conciles : il y avait au concile de Latran 800 abbés ou prieurs pour 412 évêques.
Page 21, ligne 13. — ... de souper. : Cette réflexion de F. Ignace fait penser à F. Jean des Entommeures faisant passer le « service du vin » avant « le service divin » ( Gargantua, ch. xxvii).
Page 22, ligne 2. — ... (violer notre franchise ! Les franchises n'étaient pas toujours respectées : le dauphin Charles fit ainsi saisir contre la franchise dans l'asile Saint-Merri, à Paris, Perrin Marc, meurtrier de son trésorier. Ce fut le geste qui provoqua l'émeute dirigée par Etienne Marcel. Cf. Coville, loc. cit., p. 127.
Page 24, ligne 10. — ... Hector le Troyen ou du noble baron Themistocles? : CL VHystoire du noble preux Hector. Lj'on,
in-40 (vers 1525). On sait le goût du moyen âge pour les romans imités des épopées ou de l'histoire de l'antiquité (cf. L. Gautier, La cliei^alerie, p. 165 et suiv.), que la vogue dos Romans de Troie, de Thcbes ou d'' Énéas balança celle des chansons de geste et des romans bretons, et que, sans souci de la couleur locale, les poètes prêtaient aux Grecs et aux Romains les mœurs du moyen âge : Rabelais cite encore {Gargantua, édit. J. Platlard, p. 40) « Périclès, duc des Athéniens ».
Page 26, ligne 3. — ... le sénéchal... : Sur le rôle du sénéchal, ci". L. Gautier, La chevalerie, p. 561.
Page 30, ligne 5. — ...sa clergie... : Ce mot désigne la science que pouvait acquérir un homme d'Église et, par extension, un lettré. « Toutes gens de religion, toute clergie, tout chevalier », distinguait nettement le Livre des métiers.
Page 31, ligne 9. — ... Vannée dernière a été malheureuse,... : Le fait rapporté ici par Mérimée est exact, mais il se place en 1358. Le continuateur de G. de Nangis (cf. Chronique, t. II, p. 294) le constate : « La misère la plus complète régnait partout, principalement parmi le peuple des campagnes... Quoiqu'il restât bien peu de bétail, les seigneurs exigeaient encore une redevance par tête... » Cf. S. Luce, p. 40 et suiv.
Rapprocher de cette supplique d'Isabelle : Le roi Henri VI, acte I, scène 3 : les pétitionnaires présentent leurs suppliques à Suffolk et à la reine Marguerite.
— , ligne 16. — ...ce que j'ai perdu à Poitiers. : La rançon de Jean II fut fixée au traité de Brétigny à 600,000 écus vieux, à l'effigie de Philippe VI, l'écu valant, d'après M. Goville, 13 fr. 66 or. Le florin avait une valeur de 13 fr. 17. La rançon de Montreuil se serait donc élevée à 100,000 fr. or environ. Celle d'Apremont devait être plus forte.
Page 34, ligne 9. — ... V aiguière... : Pour se laver avant de s'asseoir à table. Cf. L. Gautier, La chevalerie, p. 602.
Page 34, ligne 11. — ... souper. : Dans cette scène, comme dans la suivante, Mérimée indique, sans y insister assez, une des causes déterminantes de la Jacquerie : l'attitude de la noblesse à l'égard du peuple qui lui reprochait et son incapacité militaire depuis Crécy et Poitiers, et plus encore son attitude pendant les trêves : loin de protéger les paysans, elle les rançonne et les oppresse autant que les routiers et les brigands, au lieu de s'occuper des affaires du royaume et de l'amélioration du sort de ses vassaux. Sur ce point, cf. S. Lucc, ch. ii, p. 32 et suiv.
— , ligne 12. — Scène 4. Comparer à cette scène Secousse, Mémoires pour servir à Vhistoire de Charles II, roi de Navarre... Paris, Durand, 1758, in-4o, t. I, p. 228.
— , ligne 26. — ...le prix. : Les archers anglais étaient d'une adresse qui étonnait leurs adversaires (cf. Froissart, livre I, ch. lx, § 278 : les Génois, à Crécy, n'avaient pas encore « apris a trouver telz arciers que cil d'Engleterre... »). Sur les archers anglais, cf. des notes de S. Luce dans son édit. de Froissart, t. III, p. lui, note 1, et t. V, p. VII, note 4, et son Histoire de B. Du Guesclin, p. 151.
Page 37, ligne 24. — ... dans son lit. : C'est un des thèmes les plus usés des fabhaux et des pastourelles que celui-là, mais il est traité bien souvent dans un esprit hostile à la noblesse, et l'on voit parfois le chevalier trop entreprenant dupé par la vilaine qu'il courtise.
Page 38, ligne 19. — ... ce vieux loup blanc... : Source : Le roi Henri VI, acte II, scène 4.
Page 39, ligne 11. — ... tous ces contes de vieilles? « Pouvez vous bien... croire tous ces contes de vieilles? » s'écrie Wick dans la Maison d'Aspen de W. Scott (acte IV, scène 19).
— , ligne 23. — ... un gambison... : De gambais (du germ. wamba, ventre). Le gamboison ou gambais était un pourpoint garni de bourre que les chevaliers portaient sous le haubert. C'était le vêtement habituel des gens de pied.
Joinville, à la bataille do la Mansourah, Irouva un « gamboison d'estoupes » dont il se fit un écu.
Page 41, ligne 9. — ... me pèse sur la poitrine. : Le, peuple avait été fortenu'iil ému par la défaite de Poitiers et courroucé contre la noblesse qui s'était fait battre. Cf. la Complainte sur la bataille de Poitiers, publ. par Ch. de Beaurepaire {Bibliothèque de V École des chartes, t. XII).
— , ligne 18. — ... six mois. : En réalité, Jean le Bon avait signé après la bataille de Poitiers une trêve de deux ans. Cf. Coville, loc. cit., p. 107.
— , ligne 24. — ... tombaient sous nos flèches,... : Les archers anglais (cf. Froissart, 1. I, ch. lxxviii, édit. S. Luce, t. V, p. 32-37 et 263-266) occupaient deux positions dominantes sur le plateau de Maupertuis, d'où ils pouvaient croiser leurs feux sur les trois « batailles » françaises. — Quant à l'allusion de Renaud : « Ce sont les seigneurs qui ont laissé prendre le Roi », elle semble se rapporter au fait que la seconde « bataille » et une troupe forte de 800 lances, commandées par le duc d'Orléans et le duc de Normandie, se dérobèrent sans combattre (cf. Froissart, édit. S. Luce, t. V, p. 40-42, p. XII et note 1) et qu'on signala, après la défaite, nombre d'exemples de lâcheté : un seul chevalier anglais fit trente-cinq prisonniers.
Page 42, ligne 12. — ... nos archers s'' étaient bien battus à Poitiers,... : Les archers de Jean le Bon ne paraissent pas avoir joué un rôle à Poitiers ; Mérimée fait allusion aux fautes commises par la gendarmerie française aux batailles de Courtrai (1302) et de Crécy, où les chevaliers avaient chargé leurs propres arbalétriers, cette « ribaudaille » qui les empêchait de combattre assez vite à leur gré.
Sur Poitiers, cf. Froissart, 1. I, ch. lxxviii, édit. S. Luce, t. V, p. 21 et suiv., 252 et suiv., et S. Luce, Histoire de B. Du Guesclin, p. 143-183. D'après le P. H. Denifle (La guerre de Cent ans et la désolation des églises... Paris, A. Picard, 1899, 2 vol. in-S^, t. II, l^e partie, ch. ii), la
défaite de Poitiers a été due à des circonstances malheureuses plus qu'à la lâcheté des nobles (p. 132-133). Cf. aussi S. Luce, loc. cit., p. 180.
Page 44, ligne 2. — ... de se rendre libres. : Mérimée n'exprime-t-il pas ici son opinion sur la situation politique en France en 1828? — L'amour du pays natal, dont Brown se moque ici, est souvent indiqué par J. de Venette (cf. Chronique latine de G. de Nangis, t. II, passim).
Page 46, ligne 11. — Entrent le sénéchal... : Flammermont a établi que la Jacquerie éclata à la suite d'une rixe semblable à celle que va décrire Mérimée (cf. Revue historique, t. IX, p. 129). Le régent, par l'ordonnance du 3 mars 1357, avait autorisé les paysans à se défendre eux-mêmes contre les excès des soldats. Les Jacques usèrent de ce droit. D'où la révolte du 28 mai 1358.
Page 54, ligne 10. — ... d'un jacque... : Habillement d'homme court et serré. On disait jacque de mailles pour désigner une armure de fer allant du cou aux cuisses. Cf. S. Luce, p. 3. Le mot ne désignait pas nécessairement une armure.
Page 55, ligne 3. — ... la quintaine. : La quintaine était un mannequin sur pivot, armé d'un bâton qui venait frapper celui qui, en courant, le touchait maladroitement de sa lance.
— , ligne 17. — Les Anglais! Sur la tactique des routiers, cf. Froissart, 1. I, ch. lxxvi, § 315, édit. S. Luce, t. IV, p. 68. Les routiers semaient la panique dans les villages qu'ils attaquaient en incendiant une ou deux maisons : Mérimée prête ce procédé d'attaque à la troupe du Loup- Garou.
Page 56, ligne 15. — ... de cuirasses I J. de Venette {Chronique de G. de Nangis, t. II, p. 280) notait qu'à cette date villes et villages prenaient des mesures pour se défendre contre de pareils coups de main.
Page 58, ligne 10. — ... A moi... : Source : Le roi Henri VI y acte IV, scène 2.
NOTES ET ÉCLAIHCISSEMENTS 423
Page 60, ligne 11. — ... à la rescousse! Le mot avait pris au moyen Agn le sons p^énéral de secours, aide. Cf. le verbe rrscoNsser, signifiant délivrer.
— , lign<! 24. — ... miséricorde... : P<'lit poignard que portaient les chevaliers avec lequel ils pouvaient achever leurs adversaires démontés et maîtrisés s'ils refusaient de se rendre. Cf. ces vers du Roman de la Rose :
Pitié... tenoil une miséricorde En lieu d'espée... (vers 15593.)
Page 64, ligne 5. — ... bien gagnées. : Le roi infligeait une amende aux paysans qui payaient rançon aux routiers. Cf. S. Luce, p. 15. Le mot rescousse est employé ici au sens archaïque de : reprise de ce qui a été enlevé de force.
Page 66, ligne 14. — ... servir les grands. : J. de Venette note (Chronique de G. de Nangis, t. II, p. 313) que les grands ne se faisaient pas faute de rançonner sans mesure leurs vassaux; «... non erat qui populum defensaret », écrit-il encore p. 325, et, p. 328 : « sub praetextu et colore patriam defendendi et inimicos offendendi maximae talliae et impositiones levabantur ». Mérimée développe cette indication de façon concrète.
Page 68, ligne 2. — N^êtes cous pas des hommes... : N'y a-t-il pas ici un souvenir de la vieille chanson :
Nous sommes hommes comme ils sont, Des membres avons comme ils ont.
Un aussi grand cueur nous avons, Tout autant souffrir nous pouvons?
Page 70, ligne 10. — Nous sommes des lâcJies... : Comparer aux actes de cruauté et à la conduite des soudards dont il est question ici : Shakespeare, Le roi Jean, acte V, scène 2 ; Le roi Henri IV, 2® partie, acte III, scène 2 ; Le roi Henri V, acte III, scène 2, et acte IV, scène 1, et Le roi Henri VI, acte IV, scènes 2 et 7.
La misère des paysans telle qu'elle est dépeinte dans cette scène et dans la scène suivante était réelle : Mérimée
accentue à peine la vérité historique. Cf. Jean de Venette [Chronique de G. de Nangis, t. II, p. 245-247 et 258-263) : il faut pourtant noter que l'imagination du dramaturge romantique brode sur les sèches indications du chroniqueur et que de phrases incolores il tire un tableau assez vivant.
Page 78, ligne 24. — ... de ces coquins là dans la Provence^. . . : Mérimée renvoie dans sa note aux cagots, peuplade des Pyrénées, affectée d'une sorte de crétinisme, que l'on croyait descendre des Goths ou des Sarrasins. C'étaient, en réalité, des lépreux isolés par crainte de la contagion (cf. F. Michel, Histoire des races maudites de France et d'Espagne. Paris, 1846, 2 vol. in-8o).
L'Abdérame dont il est question dans la note de Mérimée est Abd Ar Rahmân, qui fut battu et tué à Poitiers en 732.
— , ligne 25. — ... le feu Saint Antoine les arde ! Cf. Gargantua, ch. XIII et XLV ; Les Cent Nouvelles nouvelles. Paris, Delahays, 1858, t. I, p. 231. Imprécation fréquente au moyen âge.
Page 82, ligne 17. — ... garni de vair : Cf. Lacurne de Sainte- Palaye, Mémoires sur V ancienne chevalerie... (Registres de l'Académie royale des inscriptions et belles-lettres, t. XX, p. 661).
Page 88, ligne 9. — ...de Genêts,... : Nous n'avons pas trouvé mention de ce village, non plus que de Roseval, Bernilly, Lasource ou Val-au-Cormier dans le Dictionnaire géographique de la France de Joanne, non plus que dans le Répertoire [Topo-Bibliographie] d'Ulysse Chevalier.
Page 90, ligne 21. — ... nous n'avons pas de chef... : Cf. Froissart, 1. II, ch. cvi, cxvi ; J. de Venette, t. II, p. 263 (sur le choix de G. Karle). Sur le complot, cf. Secousse, loc. cit., p. 228 et 237. «... rustici... capitaneum quemdam... rusticum magis astutum ordinœrunt », écrit J. de Venette. Mérimée donne à ses Jacques un chef plus averti.
NOTES ET ÉCLAIHCISSEMENTS 425
Cf. la manière dont les paysans allemands choisissent Goëtz von Berlichingen pour capitaine (édit. Lichtenbergcr, p. 32 et 105). Il y avait parmi les Jacques plusieurs prêtres. Cf. S. Luce, p. 72.
Page 97, ligne 11. — ... de la mandore et de la samhuque. : La mandore était un instrument à cordes plus grand que la mandoline et plus petit que le luth, avec lequel elle finit par se confondre. La sambuque ou saquebuque était une sorte de harpe.
— , ligne 12. — ... ménestrel... : Le jongleur attaché à la personne de son maître d'une façon permanente. Cf. L. Gautier, La chevalerie, p. 565.
Page 98, ligne 19. — ... du vilain? : Peut-être est-ce du fabliau de Guillaume au Faucon que Mérimée s'est inspiré pour la déclaration de Pierre à Isabelle. Cf. Recueil général et complet des fabliaux des XI 11^ et XIV^ siècles, publ. par A. de Montaiglon. Paris, 1872-1890, t. II, p. 92, n" 35 : un damoiseau, Guillaume, aime la femme de son maître. Elle ne le sait pas. Un jour que son seigneur part pour un tournoi, il feint d'être malade pour ne pas le suivre, puis va trouver sa maîtresse et la consulte pour un ami soidisant amoureux d'une dame et qui n'ose lui avouer sa tendresse. Que doit-il faire ? Avouer, répond la dame. Sur quoi Guillaume : « Je vous aime depuis sept ans. » D'où colère de la dame qui bannit Guillaume de sa présence. Pour le fabliau que Pierre propose de conter, cf. Montaiglon, t. II, p. 215, no 50.
Page 99, ligne 2. — ... du mal des prêtres. : Les prêtres, très souvent mis en scène dans les fabliaux, y étaient copieusement ridiculisés. Cf. Le clerc caché de J. de Condé ; Le curé qui mangea les mûres de Garin ; Frère Denise de Rutebœuf ; Brunain la Vache au prêtre et le Vilain de Bailleul de J. Bodel (cf. La Fontaine, Le berceau), etc. Cf. Montaiglon, loc. cit., t. I, p. 194 ; t. II, p. 8, 24, 46, 235, etc.
Page 100, ligne 8. — ... sourire cV encouragement. : Les dames assistaient aux tournois et encourageaient les combattants. Cf. L. Gautier, La chevalerie^ p. 695.
— , ligne 13. — ... Merlin... : Sur Merlin, cf. Vita Merlini (1130-1150), par G. de Monmouth ; La vie de Merlin le Calédonien (anonyme du xiii^ siècle) ; Le roman de Merlin^ Élie et Robert de Borron, 1498, et les Romans de la Table ronde, publ. par J. Boulanger. Paris, Pion, 1922 et suiv., 4 vol. in-16.
— , ligne 28. — ... chevaliers hannerets... : Le banneret était le chevalier propriétaire d'un fief et capable d'entrer en campagne avec, sous sa bannière, plusieurs vassaux à ses ordres. La bannière avait une forme rectangulaire, ou carrée, le pennon une forme triangulaire :
« Li barunz orent gonfanons, Li chevaliers oent pennons... »
[Roman de la Rose, v. 11646.)
Cf. Lacurne de Sainte-Palaye, loc. cit., p. 404 et 668, et L. Gautier, La chevalerie, p. 190. Le banneret était audessus du bachelier, chevalier sans fortune et sans fief.
Page 102, ligne 18. — Il V épousa donc... : Sur les amours de roturiers, cf. Froissart, 1. I, 1, ch. clxvi. Le thème ici indiqué par Mérimée était cher aux romantiques : c'est celui d^Hernani, de Ruy-Rlas et de Le rouge et le noir, S. Luce cite, p. 84, un vilain, Fremy Houdrier, marié à une femme d'origine noble.
Page 110, ligne 21. — ... me soucie encore. : La dévotion à la Vierge était poussée si loin au moyen âge que l'on admettait volontiers l'intervention de la mère du Sauveur en faveur de pécheurs endurcis. Cf. les Miracles de Nostre Dame de Gautier de Coinci et de Jean Le Marchant : la dévotion à Marie y est représentée comme un moyen infaillible d'assurer son salut. On y voit un voleur fidèle à ce culte soutenu par la Vierge sur le gibet où il est pendu jusqu'à ce qu'on le gracie, ou une nonne, qui a quitté son
NOTES ET ÉCI.AHICISSEMENTS 427
couvent pour mnnor une vie de débauche, remplacée dans son monastère par la Vierge jusqu'au jour où elle y revient (cf. G. Paris, La littérature française au moyen âge. Paris, Hachette, 1914, in-16, p. 226 et suiv.).
Page 111, ligne 19. — ... elle aurait rouf;i... : Souvenir de V Histoire du vaillant chevalier Tiran le Blanc, t. I, p. 90, trad. par le comte de Caylus (1786). Mérimée cite ce roman dans son étude sur Cervantes {Portraits historiques, édit. Calniann-Lévy, p. 41, note 1). a J'ay ouy parler, écrit Brantôme {Recueil des Dames, publ. par R. Gaucheron. Paris, Payot, 1926, in-16, p. 165), d'une belle et honeste dame..., laquelle se faisant un jour tirer sa chausse à son varlet de chambre, elle luy demanda s'il n'entroit point pour cela en tentation. . . Le varlet luy respondit que non. . . Il y a force varlets de filles aujourd'huy qui ne sont si continans en levant, habillant et chaussant leurs maistresses. »
Page 112, ligne 6. — ... visière... : Cf. Froissart, 1. IV, ch. vi, XII ; Lacurne de Sainte-Palaye, loc. cit., p. 628. Sur les tournois, cf. Tiran le Blanc, t. I, p. 31 et 64. Mérimée a pu s'inspirer aussi de VHistoire du petit Jehan de Saintré. Sur les règles des tournois, cf. L. Gautier, La chevalerie, p. 691 et suiv.
Page 115, ligne 3. — ... le roi Francus ;... : La légende de l'origine troyonne des Francs n'avait pas attendu Ronsard pour se développer : Frédégaire racontait qu'après la prise de Troie les Troyens avaient formé deux troupes, les Franci et les Torchi (Turcs), qui étaient allées coloniser l'une les bords du Rhin, l'autre ceux du Danube. Les Grandes Chroniques de France mentionnaient que Francio (= Francus) était fils d'Hector. Cf. L. Gautier, La chevalerie, p. 168-169, note 1, Froissart, 1. IV, ch. i, et le Roman de Troîlus, dans les Nouvelles francçiises en prose du XIV^ siècle, publ. par L. Moland et d'IIéricault, p. 64-65 et 117-304. On retrouve dans ce passage la théo-
rie chère aux romantiques que les vilains étaient d'origine gallo-romaine, les nobles descendant seuls des Francs.
Page 115, ligne 4. — ...fer iorgé;... : Le haubert, tissu de mailles fines et serrées, avait peu à peu fait place à l'armure de plates qui est seule employée au xiv^ siècle, mais au xiv^ siècle seulement (cf. VioUet-le-Duc, Die tionnaire raisonné du mobilier français, t. V).
Page 119, ligne 20. — Ayez pitié de nous ! Cf. Goëtz von Berlichingen, p. 80 et suiv. et p. 288.
Page 125, ligne 2. — ... dix mille francs...? Le franc valait alors 13 fr. 38 (et avait sensiblement la même valeur que le florin et l'écu). Mais il semble que Mérimée emploie ici le mot en donnant au franc sa valeur moderne de monnaie divisionnaire, puisqu'il estime qu'un écu vaut trois francs. Cf. Coville, loc. cit., p. 444.
— , ligne 9. — ... pauvre capitaine d'aventure... : Eustache de Lancignac plaide la misère : tel n'était pas le sort des capitaines d'aventure : « Toujours gagnoient pauvres brigands à dérober et piller villes et chasteaux, écrit Froissart (hvre I, ch. cccxxiv), et y conqueroient si grant avoir que c'estoit merveille et devenoient les uns si riches... que il y en avoit de tels qui avoient bien la finance de soixante mille escus... » Il faut lire les confidences naïvement lyriques que Froissart prête à Aimerigot Marchés, livre IV, ch. xiv. Le métier de routier avait ses avantages en une époque où la force était tout. « Par ma foy, ceste vie estoit bonne et belle », dit A. Marchés (cf. S. Luce, loc. cit., p. 22 et suiv. : le capitaine Fordrigais se fit 100,000 francs en peu de temps en déUvrant des saufconduits. Jean de Poix ne put rentrer en possession de son château qu'en versant 15,000 deniers d'or aux routiers qui l'avaient pris). Et la chose est si vraie que Perducas inflige lui-même un démenti à son ami quand, un peu plus loin, cf. p. 127, il hésite à louer ses services pour 5,000 fr. Le fameux Robert Knolles avait 3,000 hommes sous ses ordres, occupait quarante châteaux et possédait 200,000 flo-
riiis (Froissarl, édil. S. Luce, t. V, p. xli, p. 134 à 136 et 350). Sur It'S rançons qu'ils exigoaiont d<; lours prisonni'TS, cf. S. Luce, Histoire de B. Du Guesclin, p. 332.
Page 127, ligne 5. — ... un gros coquin de meunier... : Discrète allusion aux résistances isolées auxquelles se heurtaient parfois les routi( rs et dont la plus célèbre e.st cellf du Grand Ferré.
— , ligne 7. — ...le grasset. : Partit' niollc qui entoure la rotule.
— , ligne 20. — ... pendant une année... : Usage commun à cette époque : les routiers eux-mêmes prenaient à leur service les nobles qui ne pouvaient payer rançon. Cf. S. Luce, lac. cit., p. 41 : « ... d'un povre gentilhomme qui n'avoit de quoy rien payer, ils prennoient bien le service un quartier d'an... » (Froissart, livre I, 2, ch. lxxvi). On payait alors un homme d'armes dix livres par mois, un archer quatre livres. La paye était mensuelle pour les mercenaires : on la doublait les jours de combat.
Page 128, ligne 26. — Jean Chandos,... : L'un des plus habiles capitaines d'Edouard III. Il fut tué en 1369 à Lussac, près Poitiers.
Page 129, ligne 25. — ... six cents francs. : On payait en 1237 un cheval de 12 à 18 livres suivant sa couleur (cf. L. Gautier, La chevalerie, p. 338, note 3) et, un peu plus tard, de 16 à 28 livres {Ibid., p. 724, note 9). On appelait « guilledin », de l'anglais gelding, les chevaux hongres. Sur les chevaux des chevaliers, cf. L, Gautier, La chei'alerie, p. 722, note 6,
Page 130, ligne 25. — ... à chevaU : Le château de Siward, où se déroule la scène 12, est un château français pris et occupé parle capitaine anglais. Froissart, 1. 1, ch.ccccxviii, indique avec netteté comment les forteresses qu'ils prenaient servaient de points d'appui aux aventuriers et, de temps à autre, de monnaie d'échange.
Page 131, ligne 26. — ... une trousse au côté. : L'étui dans
lequel l'arbalétrier mettait ses carreaux. La trousse, en bois recouvert de peau de truie, pouvait en contenir vingt (cf. Viollet-le-Duc, Dictionnaire du mobilier français^ t. VI, p. 351 et suiv.). Bellisle dira plus loin, p. 278, vingtquatre.
Page 140, ligne 17. — ... venaison. : Sur les repas au moyen âge, cf. L. Gautier, La chevalerie, p. 631 et suiv. On voit dans Perceçal manger « un cerf de craisse au poivre chaut... ». On aimait les sauces bien épicées, « poivre chaut » ou « sauce giroflée ».
Page 145, ligne 23. — ... courtoisie... : Cf. Froissart, 1. I,
Ch. CLXI.
Page 149, ligne 1. — ...le château d''Apremont... : En réalité, le premier assaut donné par les Jacques à une maison noble les fit s'attaquer non à une forteresse, mais, dit Froissart, à la « maison » d'un simple chevalier. Ils ne se lancèrent qu'ensuite contre un « chastel ». Cf. Froissart, 1. I, ch. Lxxx, édit. S. Luce, t. V, p. 99 et suiv. Mérimée dramatise à dessein. A moins qu'il ne faille admettre que le meurtre de Ph. de Battefol, dont il sera question plus loin, corresponde au meurtre du premier chevalier, l'attaque d'Apremont à l'assaut dont parle Froissart.
Page 155, ligne 21. — ... mal aux femmes. : Goëtz von Berlichingen (p. 35) fait promettre à ses bandes « de s'abstenir de brûler ou endommager la maison d'aucun prince ou gentilhomme ».
Page 160, ligne 23. — C'est pour les retenir... : Sur les excès des paysans, cf. Secousse, p. 235, et Froissart, édit. S. Luce, t.V, p. 99-100 et 318 à 320.
Page 170, ligne 25. — ... les seigneurs de ce pays sont riches ;... : Cf. Froissart, 1. I, 2, ch. cxvi.
Page 172, ligne 20. — Voyez cette tête,... : Sur les violences commises par les révoltés, cf. Froissart, édit. S. Luce, t. V, p. 99-100, 318 et 320, et ci-dessous, p. 185. Mérimée, par
souci dramatiquo ou doutant un pou do l'impartialité (\o Froissart, les indique à peine ici, dans la scène 17 et dajis les scènes 23 et 27. 11 lui était difficile, même en se targuant des principes romantiques, d'appuyer davantag».' son trait.
Page 173, ligne 19. — ... armes... de toute espèce,... : Sur le pillage des abbayes, cf. J. de Venette, t. II, p. 270. Sur les fortifications de fortune qui furent alors organisées, Jhid., p. 280 : « Multae villae campestres... munierunt de se ecclesias suas de quibus inhabitantes populares fecerunt sibi fortalitia... repleta lapidibus ac balistis. »
Page 178, ligne 6. — ... nous sauver à Beauvais,... : Comme les religieux des couvents de l'Ile-de-France s'étaient réfugiés à Paris (cf. S. Luce, p. 21, qui cite les sœurs de Poissy et de Longchamp, les religieuses de Maubuisson et les dames de Montmartre, et comme encore ceux du Beauvaisis avaient été se mettre à l'abri à Beauvais, cf. /6irf., p. 96).
Page 188, ligne 13. — Sur la résistance des chevaliers contre les Jacques, cf. J. de Venette, t. II, p. 265.
Sur la mentaUté des chevaliers au combat et sur leurs disputes, cf. Secousse, p. 238. Il s'était produit des disputes semblables à celle que va mettre en scène Mérimée au début de la bataille de Poitiers : le maréchal de Clermont jugeait hasardeux d'attaquer les Anglais de front ; le maréchal d'Audrehem sembla douter de son courage ; ils échangèrent des propos assez vifs. Mêmes querelles avant Grécy : l'ardeur de certains chevaliers fit seule engager la bataille. Cf. Co ville, loc. cit., p. 62 et 106.
Sur la bannière, le pennon et l'armement, cf. Lacurne de Sainte-Palaye, p. 663.
Cette scène 19 est de l'invention de Mérimée : il ne semble pas qu'une troupe noble se soit heurtée aux révoltés et ait été mise en déroute par eux.
Page 190, ligne 6. — ...je vous délivrerai. : Le verbe délivrer
signifiait : dégager quelqu'un de son vœu, en le mettant en état de l'accomplir, — d'où les sens secondaires de : accepter ou offrir le combat, consentir à rompre une lance. Mérimée s'inspire peut-être de telle anecdote contée par Froissart au livre II : « Un baron de Poictou... prit paroUes au seigneur de Vertaing et dit que volontiers il feroit d'armes de trois coups de lance et de trois coups do hache, et le sire de Vertaing ne luy voulut pas refuser, mais les luy voulut accorder et les voulut tantost faire délivrer... »
Page 191, ligne 16. — ... le duc de Normandie... : Tel était le titre couramment porté alors par le dauphin, le futur Charles V, régent du royaume pendant la captivité de Jean le Bon.
Page 192, ligne 13. — ... saluent sa bannière. : L'usage était, au moment de livrer bataille, de choisir le chef qui la dirigerait et de saluer sa bannière. Avant la bataille de Cocherel, les Français « pourparlerent longuement quel cri pour la journée ils crieroient et à la quelle baniere ou pennon il se retrairoient ». On choisit d'abord le comte d'Auxerre et son cri : « Nostre Dame, Auçoirre ! » Il décline l'honneur, en arguant de sa jeunesse (plus sage en ceci que Florimont) : « ... s'est la première journée arrestée ou je fui onques », dit-il ; on choisit alors Du Guesclin et son cri : « Nostre Dame, Claiekin ! » Cf. Froissart, 1. I, ch. Lxxxviii et suiv. On avait d'abord élu le comte d'Auxerre parce qu'il était « li plus grans de mise, de terre et de linage » : les arguments que Mérimée place dans la bouche de Florimond étaient donc arguments de poids à cette date (cf. Froissart, édit. S. Luce, t. VI, p. 117 et suiv. et p. 300 et suiv.). Sur les cris de guerre, cf. L. Gautier, La chevalerie^ p. 753, qui renvoie au glossaire de Du Cange, édit. Didot, t. VII, p. 46.
Page 193, ligne 24. — Montjoie Saint Denis! Sur l'origine et le sens de ce mot, cf. une savante note de L. Gautier dans
sa 8^ édit. de la Chanson de Roland. Tours, Mamo, 1881, in-16, p. 279-281.
Pago 194, ligne 5. — ... de ce qu'ils ont vu. : Comme, à la bataille de Poitiers, Eustache de Ribemont avait reconnu, fort mal, d'ailleurs, les forces anglaises, et comme, à Crécy, Le Moine de Bazeilles et trois autres chevaliers avaient examiné les positions d'Edouard III, cf. Froissart, édit. S. Luce, t. III, p. 171.
— , ligne 11. — ... archers en tête. : La position adoptée par les Jacques, purement défensive, s'inspire de la tactique en honneur chez les Anglais et qui leur avait donné de si bons résultats à Crécy et Poitiers (cf. Froissart, 1. I, ch. Lxxviii ; S. Luce, t. V, p. 20), où ils avaient mis en ligne leurs archers devant la gendarmerie en partie démontée.
Page 195, ligne 4. — ... lances mornées. : Du verbe morner, rendre une lance inofïensive en garnissant l'extrémité d'un anneau. On appelait morne ou frette cet anneau. On donnait encore au xvi® siècle des courses à lances mornées (cf. Chronique de François Z^'", édit. Guifïrey, p. 305).
— , ligne 17. — ... voici un prisonnier... : Au moment de la bataille de Cocherel, des chevaliers français, prisonniers des Anglais sur parole, vinrent renseigner l'armée de Du Guesclin sur les intentions de ses adversaires, mais sans intention de tromper leurs compatriotes (cf. Froissart, édit. S. Luce, t. VI, p. 117 et suiv., 300 et suiv.).
Page 196, ligne 2\. — ... ils vont nous échapper. : C'était un procédé classique que de feindre une retraite pour forcer un ennemi ardent à combattre. Du Guesclin en usa à Cocherel ; les Anglais s'y laissèrent prendre : l'ardeur de Florimont rappelle celle du capitaine Jehan Jeniels : « Sire, sire, descendons apertement ; ne vees vous pas la manière comment les François s'en fuient... » Et son chef, aussi sage que le sénéchal, de répondre : « ... ne crées pas que si
La Jaqueric. 28
vaillant homme qu'il sont la s'en fuient ainsi ; il ne le font fors par malice et pour nous attraire... ». Cf. Froissart, loc, ciu
Page 197, ligne 26. — ... qu'ils plantent des pieux... : L'usage de la fortification de campagne, ou, pour employer les termes techniques, de l'obstacle, était déjà fort en honneur : à Crécy, les chevaux de la gendarmerie française s'étaient écrasés dans des fosses préparées par les Anglais. A Poitiers, le prince de Galles s'était retranché derrière des haies et des fossés (édit. S. Luce, t. V, p. 18), à quoi il avait fait ajouter des tranchées [Ibid., p. 29). A Azincourt, les archers anglais plantèrent des pieux 'pour se protéger.
Page 198, ligue 27. — ... Ou^en dites vous...? Ces délibérations avant la bataille, où prenaient part tous les personnages d'importance, étaient courantes : cf. dans Froissart les délibérations qui précèdent les batailles de Poitiers et de Gocherel.
Page 199, ligne 16. — ... il a plu beaucoup hier,... : Mérimée se souvient des orages qui, la veille de Crécy, avaient détrempé le sol et, le matin même de la bataille, achevé de le rendre impraticable, et de ceux qui provoquèrent en partie le désastre d'Azincourt (cf. Froissart, 1. I, ch. lx, § 278, édit. S. Luce, t. III, p. 176).
— , ligne 27. — ... mettre pied à terre,.. . : A Azincourt pourtant la gendarmerie française combattit à pied, sans succès, d'ailleurs. Cf. Coville, loc. cit., p. 368-369.
Page 200, ligne 13. — ... les archers!... : Cf. Froissart, 1. I, ch. Lxxviii (S. Luce, t. V, p. 21 à 23 et 252 à 254). La première ligne anglaise était formée d'archers ; les hommes d'armes étaient rangés derrière eux à pied. Eustache de Ribemont, pour rompre cette formation, avait conseillé à Jean le Bon de lancer en avant 300 hommes d'armes seulement, « tous des plus apers », suivis par les gendarmes « tout à piet ». C'est la tactique que veut appliquer le séné-
chai. Sur l'armement et la tactique des archers, cf. L. Gautier, La chevalerie, p. 742 et note 5. Sur les arbalétriers, p. 743 et note 3.
Page 201, ligne 7. — ...au héron,... : Le Poème du vœu du Héron, reproduit par Lacurne de Sainte-Palayo (édit. Nodier, t. II, p. 95), a été réimprimé à Mons en 1839. Mérimée lui emprunte la formule du serment que fait ici Florimont. Cf. J. Gollin de Plancy, Légendes du moyen âge» Paris, Pion, s. d., in-16, p. 159.
Page 202, ligne 19. — ... quatre lieues dans la boue... pour se reposer. : Souvenir de Grécy. Cf. Froissart, 1. 1, ch. lx, édit. S. Luce, t. III, p. 418 : « On voelt, tous lassés que nous sonmes, que nous allons tantos combatre ! » aurait déclaré le maître des arbalétriers.
— , ligne 24. — ...au lion rouge I : Même geste imprudent de l'Anglais Jehan Jeviaus à Cocherel : a Saint Jorge ! Passes avant ! Qui m'aime si me siewe : je m'en vois combatre. » Cf. Froissart, 1. I, ch. clxx, éd. S. Luce, t. VI, p. 117 et suiv. Sur le refus d'obéissance des chevaliers français, cf. Ibid., ch. LX, § 276. Froissart estime justement que l'indiscipline de la gendarmerie fut une des causes déterminantes de la défaite de Grécy (cf. édit. S. Luce, t. III, p. 426 : « Par orgoel il se combatirent sans arroy, sans ordonnanche et oultre le vollente dou roy... »).
Page 203, ligne 26. — ...de réparer leur faute. : C'est aussi ce que fait, à Cocherel, le captai de Buch, quand il voit l'imprudence de Jehan Jeviaus (cf. Froissart, 1. I, ch. clxx).
— , ligne 30. — ... arbalétriers. : Gomme à Grécy. a On se doit bien cargier de telle ribaudaille qui fallent au plus grand besoin », s'était écrié le comte d'Alençon (cf. Froissart, 1. I, ch. LX, § 278), et le roi : « Or tos, or tos, tues toute ceste ribaudaille... » {Ibid., édit. S. Luce, t. III, p. 176, 177 et 418, 419).
Page 204, ligne 9. — ... sous leurs flèches. : Cf. Froissart, 1. 1,
ch. Lxxviii, édit. S. Luce, t. V, p. 38 : « Il traioient si ouniement et si espessement que li François ne savoient auquel lès entendre... » A Poitiers, aucun des chevaliers français ne put arriver jusqu'à la bataille anglaise.
Page 204, ligne 25. — F. Jean : Comparer au rôle de F. Jean dans la bataille celui de certains prêtres soldats dont parle Froissart, 1. I, ch. lxxxviii et cxlv.
Page 207, ligne 13. — ... cent gendarmes abattus... : A Crécy les troupes royales avaient perdu, d'après Froissart, onze princes, quatre-vingts bannerets, douze cents chevaliers et seize mille gens de pied. S. Luce estime ce dernier chiffre fort exagéré (t. III, p. lx-lxi).
Page 209, ligne 26. — ... pardonnez moi mes péchés! : C'est, ou peu s'en faut, le dernier cri de Roland à Roncevaux.
Page 211, ligne 12. — ... tuer mon prisonnier? Cf. Goëtz von Berlichingen, p. 20 : « Avise toi encore de battre des prisonniers à moi, et tu verras si je le souffrirai. »
Page 212, ligne 15. — ... Vavait fiancé... : En vieux français, fiancer avait le sens de : engager par une promesse. L'expression fiancer prisonnier signifiait : laisser libre sur parole. Cf. Froissart, t. VI, p. 167 : « En celle presse prist et fiança pour prisonnier li dis messires Jehan Chandos un baron de Bretagne... »
Page 218, ligne 20. — ... monseigneur le duc... : Le dauphin Charles, duc de Normandie.
— , ligne 25. — ... dans la ville. : Les choses ne se passèrent pas tout à fait à Beauvais comme le raconte Mérimée : les bourgeois de la ville étaient d'accord avec les Jacques ; ceux-ci leur ayant un jour envoyé quelques nobles qu'ils avaient faits prisonniers, le maire et les échevins les firent mettre à mort (cf. S. Luce, p. 96). Les Jacques se bornèrent à ravager les environs de la ville. En fait, les citadins participèrent à la révolte : sans parler des Parisiens, citons, avec S. Luce, p. 78 et suiv., les habitants de Mont-
NOTES ET ÉCI^AIRCISSEMENTS 437
didicr ; d'autres villes se défendirent : Compiègne, Ermenonville.
Sur la discussion en Ire les bourgeois, cf. .1. de Venette, t. II, p. 355-356.
Page 219, ligne 24. — ...les métiers. : Les corporations. Dès le début du xiv® siècle s'était formée au-dessus des corporations une aristocratie bourgeoise, — changeurs, orfèvres, drapiers, pelletiers, — qui cherchait à imiter la noblesse et à obtenir du roi charges et anoblissements. Cf. Coville, loc. cit., p. 25 : Mérimée a donc raison d'opposer ici aux artisans les riches bourgeois de Beauvais, encore qu'historiquement les choses ne se soient pas passées ainsi à Beauvais.
Page 224, ligne 15. — ...au lieu de trente l : Sur les salaires au xiv^ siècle, cf. S. Luce, Histoire de B. Du Guesclin. Paris, Hachette, 1876, in-S», p. 62 : un batteur en grange touchait trois sous par jour. Au début du xiv^ siècle, la prospérité était générale en France : il fallut les guerres de PhiHppe VI et de Jean le Bon pour amener la misère : S. Luce, loc. cit., et Coville, loc. cit., p. 19 et suiv., insistent sur les progrès accomplis depuis le xii® siècle et sur l'aisance relative dont on jouissait partout vers 1325. La situation changea quand la guerre prit un caractère endémique.
Page 228, ligne 1. — ... un chandelier d'argent... : Ce détail est emprunté aux Grandes Chroniques de France (édit. P. Paris. Paris, Techener, 1838, 6 vol. in-8o, t. VI, p. 61). Cf. Trahard, La jeunesse..., t. I, p. 323 : « La vigile de la my Aoust, l'an... 1357, offrirent ceux de Paris à Notre Dame une chandelle qui avoit la longueur du tour de la dite ville... »
— , ligne 23. — ... les métiers/ : Comparer à la marche des Jacques sur Beauvais celle des rebelles anglais dans Henri VI, acte IV, scène 4.
Page 229, ligne 2. — ... château d'Apremont : Sur les sièges de châteaux, cf. Froissart, 1. 1, 2, ch. ccl, et toute la 2« partie.
Page 230, ligne 25. — ... rendre la paix... : Le dauphin Charles se débattait au milieu de difficultés de tout ordre, intérieures (E. Marcel, la Jacquerie), extérieures (captivité du roi Jean, guerre avec l'Angleterre), financières, militaires, etc.
Page 234, ligne 3. — ... par la poignée. : Faut-il rappeler ici ce que représentait l'épée pour un chevalier ? On se souvient des adieux de Roland à Durandal. Mais il est peu probable que Mérimée ait connu la Chanson à cette date, Fr. Michel ne l'ayant éditée qu'en 1837.
— , ligne 21. — ... s^est rendu... à la bataille de Poitiers. : Froissart (t. V, p. 47-48) ne le nomme pas parmi les prisonniers.
Page 245, ligne 7. — ... barbacane... : Le mot n'est pas pris ici au sens d'ouvrage de fortification extérieur à un château, mais au sens, qu'il avait alors, de meurtrière. Il s'employait souvent en architecture pour désigner une ouverture. Cf. Viollet-le-Duc, Dictionnaire d' architecture , t. I, p. 352. Mérimée l'a, par la suite, remplacé par son synçnyme : meurtrière.
Page 248, ligne 10. — ... à mort! Cf. Froissart, 1. I, 2,
Ch. COL.
Page 249, ligne 25. — ... bien doux de sel.' : « J'estois en ce temps là bien doux de sel, parce que je n'avois encores veu traiter les playes faites par harquebuses... » (A. Paré, Discours premier sur le fait des harquebuzades, édit. J.-F. Malgaine. Paris, Baillière, 3 vol. in-8o, 1841, t. II, p. 127).
— , ligne 26. — ... les onze mille vierges... : Sur cette légende, cf. La vie et passion des onze mille vierges de Cologne, Bibl. nat., ms. 6447-6456). Byron en parle dans Don Juan (ch. X, st. 62) et Cervantes dans El Rufian dichoso (j. II et III). Sur les violences que Mérimée narre ici discrètement, cf. Froissart, t. V, p. 99-100 : « ... efforçoient toutes dames et pucelles, sans pité... »,
NOTES ET ÉCLAIUCISSEMENTS 439
Papn 250, ligiio 20. — ... sU-f^e de Hennés. : Kn 1356, Du Gucsclin oblifîoa les Anglais à lu It^vor. Cf. Froissarl, 1. I, ch. Lxxix, éd. S. Luco, t. V, p. 85-86, ot S. Luce, Histoire de B. Du Gucsclin, p. 185-229.
Page 254, ligne 25. — ... confesseur de ma compagnie? : Les routiers avaient avec eux des prêtres qui leur servaient plus souvent de secrétaires que de directeurs do conscience : le plus souvent, c'étaient des prisonniers qu'ils ne consentaient pas à relâcher. Cf. S. Luce, Ibid.^ p. 329.
Page 260, ligne 9. — Par la barbe de Mahom,... : Cf. Byron, Don Juan, ch. VI, str. 113 : « Baba ne manqua pas d'y faire attention et la supplia par tous les poils de la barbe de Mahomet... »
Page 261, ligne 16. — ... à Meaux. : Le dauphin avait établi une garnison au marché fortifié de Meaux. Pendant la Jacquerie, bon nombre de nobles y cherchèrent refuge, notamment sa femme, sa fille, sa sœur et environ 300 dames nobles. Les gens de Meaux, aidés par les Parisiens, tentèrent d'enlever la forteresse ; ils en furent empêchés par l'arrivée du captai de Buch et de G. de Foix, qui les taillèrent en pièces. Il y eut de terribles représailles. Cf. Coville, loc. cit., p. 135-136 ; Froissart, 1. I, ch. lxxx, édit. S. Luce, t. V, p. 103 et suiv. ; Secousse, p. 243 ; Lacurne de Sainte-Palaye, p. 644, et S. Luce, 3® partie, ch. III, p. 149 et suiv. Parlant des dames réfugiées à Meaux, Froissart écrit [loc. cit., p. 105) : « Elles euissent esté violées, efforcées et perdues, com nobles que elles fuissent, se ce n'euissent esté li gentil hommes qui la estoient, et par especial li contes de Fois et messires li caplaus de Beus. »
Page 273, ligne 10. — Anaxagoras,... : La ridicule harangue de Langoyrant rappelle celle d'Olearius dans Goëtz von Berlichingen (p. 67) et plus encore celles du L'Intimé des Plaideurs et de Janotus de Bragmardo [Gargantua, ch. xix). Est-il besoin de signaler que cette scène et la
suivante n'ont, historiquement, rien de vrai, et que ces pourparlers entre le dauphin et les Jacques, et la trêve de trois mois dont ils conviennent sont nés de l'imagination du conteur? La Jacquerie qui éclate le 28 mai était jugulée fm juin.
Page 282, ligne 15. — ... mortes de peur. : De fait, il n'y avait à Meaux qu'un petit nombre de chevaliers, parmi lesquels le duc d'Orléans.
Page 286, ligne 13. — Les trêves vont bientôt finir... : En avril 1357, après Poitiers, Jean le Bon avait conclu avec le roi Edouard une trêve de deux ans. La trêve n'empêchait pas les routiers de poursuivre leurs exploits.
Page 288, ligne 14. — ... parmi les tenans,... : On appelait tenant celui qui, dans un tournoi, était prêt à soutenir la lutte contre tout venant.
— , ligne 21. — ...je m'étais forfait;... : Sur les règles du tournoi, cf. L. Gautier, p. 693, note 3.
Page 290, ligne 20. — Le captai de Busch... : Jean III de Grailly, le plus fidèle lieutenant du prince Noir. Après Poitiers, il était allé guerroyer en Prusse. A son retour, il délivra Meaux ; fait prisonnier à Cocherel, puis à Soubise en 1372, il mourut, captif, en 1376. Cf. S. Luce, Histoire de B. Du Guesclin, passim, et les Grandes Chroniques de France, t. VI, p. 165, note 1.
Page 291, ligne 14. — ... votre ancien capitaine,... : Le roi n'hésitait pas à prendre à son service et à payer grassement les pires des routiers. Cf. Froissart, édit. S. Luce, t. IV, ch. Lxvii : le brigand Bacon, après avoir reçu 24,000 écus de rançon du vicomte de Comborn, vend à Philippe de Valois le château qu'il a pris et se le fait payer 20,000 écus, puis entre au service de Philippe comme huissier d'armes. Philippe offre 2,000 livres de pension au routier Croquart pour qu'il se fasse Français.
Page 294, Scène 34, — En réalité, c'est le roi de Navarre,
NOTKS KT KCKAÏUCISSKMENTS 441
(îharles l»; Mauvais, qui, !♦' 10 juin, bouscula los Jacqurs, après avoir appelé leur chef G. Karlo à uno nntrovue et l'avoir retenu prisonnier. Cf. S. Luce, p. 172 et suiv.
Page 298, ligiK; 2. — Voilà bien des corbeaux... : Souvenir de PYoissart, 1. I, ch. lx, édit. S. Luce, t. III, p. 170. Au matin de Crécy avait paru a grant fuison de corbaus », et les ch(>valiers de dire que « c'estoit uns signes de grant bataille et de grant efïusion de sanch ».
— . Scène 35. — Une plaine auprès de Meaux : C'est, d'une part, sur le pont de la Marne, et, par ailleurs, dans l'Oise, que le captai de Buch et Charles le Mauvais détruisirent les deux principaux partis de Jacques. Cf. S. Luce, p. 162 et 174. Mérimée fait de ces deux rencontres une seule bataille et la situe à sa fantaisie, près de Meaux.
Page 304, ligne 4. — ... V arrière garde avec moi. : Comparer à la débandade des Jacques celle des troupes de J. Cade dans Henri F/, acte IV, scène 8.
Page 307, ligne 27. — Sur les représailles qui suivirent la Jacquerie, cf. Froissart, 1. I, ch. lxxx, édit. S. Luce, t. V, p. 106 et suiv.
Page 308, ligne 6. — ... incrédules. : C'est ainsi que saint Eutrope passait pour guérir de l'hydropisie, saint Sébastien de la peste, saint Genou de la goutte : « Ainsi preschoit à Sinays un caphart, déclare Grandgousier {Gargantua, ch. XLv), que sainct Antoine mettoit le feu es jambes, sainct Eutrope faisoit les hydropiques, saint Gildas les folz, sainct Genou les gouttes... » Cf. les savantes notes de l'édit. A. Lefranc, t. II, p. 365-366.
— , ligne 34. — ... de la France. : Sur le rôle et le pouvoir de Charles le Mauvais, roi de Navarre, on consultera, avec le livre de Secousse, le résumé de Coville, loc. cit., p. 92 et suiv. Charles, arrière-petit-fils de Philippe le Hardi par son père et petit-fils de Philippe le Bel par sa mère, le dernier des Capétiens directs, prétendait à la couronne de France et ses revendications furent une di^s principales
causes des malheurs de la France au xiv® siècle. En 1357- 1358, les Anglo-Navarrais étaient installés à Étampes, Épernay, Arpajon, Montlhéry, Pithiviers, Meulan et Mantes, et faisaient la loi aux environs de Paris. Cf. Goville, p. 124-125.
Page 309, ligne 5. — ... quelque château... : Cf. les textes de Froissart cités par S. Luce, p. 22.
— , ligne 15. — ... ducs de Bourgogne) : Anecdote empruntée à V Histoire des ducs de Bourgogne de Barante (t. VI, p. 264).
— , ligne 18. — ... avoir été racheté. : Le duc d'Anjou, otage du roi Edouard à la place de son père, ayant profité des libertés qui lui étaient accordées pour s'évader, Jean le Bon pensa que son fils avait commis une faute contre l'honneur et retourna en Angleterre, où il mourut le 8 avril 1364. Cf. Froissart, édit. S. Luce, t. VI, p. 99.
— , ligne 39. — ... cri de guerre... : Cf. ci-dessus, p. 193, note de la ligne 24.
Page 311, ligne 25. — ... Padoue. : L'Empereur voulait faire donner l'assaut à Padoue par ses piétons et par les gendarmes français. La Palisse demande à Bayard ce qu'il en pense : « C'est un passe temps assez fascheux à hommes d'armes que d'aller à pied... », répond le chevalier qui estime dangereux de mélanger la noblesse aux piétons, dont l'un est « cordoannier », l'autre « mareschal », l'autre « boulengier » ; mêler les gentilshommes « parmy gens de pied qui sont de petite condition seroit peu fait d'estime d'eulx ». Mais il se tire d'affaire en suggérant à La Palisse de demander à l'Empereur qu'il remplace son infanterie par ses gendarmes démontés. Ce dernier trouva la réponse « très honneste ». Cf. La très joyeuse, plaisante et récréative histoire du gentil seigneur de Bayart, par le Loyal Serviteur, édit. J. Roman. Paris, Renouard, 1878, in-80, p. 179-183.
— , ligne 28, — ... d'Azincourt. : Il semble que Mérimée con-
NOTES ET KCLAinCISSEMENTS 443
fonde Crécy et Azincourl : dans cetln dcrnièrf batHillf, If'S gendarmes combattircnl à pied. Cf. Goville, loc. cit., p. 3r)8-:{r,9.
Page :M0, ligne 30. — ... prisonniers. : A Poitiers et Azincourt, la gendarmerie française raccourcit ainsi ses lances.
— , ligne .31. — Amhroise Parc... : Cf. Le voyage de Thurin (1536), dans V Apologie et Traité contenant les voyages faits en divers lieux par Amhroise Paré..., édit. J.-F. Malgaigne. Paris, Baillière, 3 vol. in-S», 1841, t. III, p. 690. Entrant dans une étable, A. Paré y trouve quatre morts et trois blessés, dont les habits « flamboyaient encore de la poudre à canon qui les avoit bruslés ». (Mérimée pai'le de a flasques de poudre. ») « Il survint un vieil soldat qui me demanda s'il y avoit moyen de les pouvoir guérir. Je dis que non. Subit il s'approcha d'eux et leur coupa la gorge doucement et sans cholere. »
Page 315, ligne 2. — ... du malheureux Ustariz... : Le malheureux Ustariz semble être sorti tout armé de l'imagination de Mérimée ; moins heureux que Clara Gazul ou que Hyacinthe Maglanovitch, il n'a eu l'honneur que d'une lettre. (Cf. P. Trahard, La jeunesse..., t. I, p. 342 et suiv.) M. Trahard, contre Filon {Mérimée et ses amis, p. 41) et avec M. Martinonche {V Espagne et le romantisme français. Paris, Hachette, 1922, in-12, p. 120), croit justement à une mystification de plus de Mérimée. La Revue française du 1®^ juillet 1828, p. 261, admettait purement l'affirmation de l'autour : « La famille de Carvajal est un drame véritable dont le sujet est tiré d'une chronique de l'Amérique espagnole. » En réalité, Mérimée emprunte surtout sans doute les détails de couleur locale à un ouvrage de John Miero, Travels in Chile and La Piala. Londres, 1826, 2 vol., dont le Globe avait parlé le 26 octobre et où étaient décrites les mœurs des Araucaniens. On connaît, il faut le noter, deux Hispano-Américains
444 ISOTES ET ÉCLAIRCISSEMENTS
qui portèrent le nom d'Ustariz, un économiste, né à Cuba et mort en 1750, et un homme d'État vénézuélien, mort en 1814.
Page 315, ligne 5. — ... de Carvajal... : Mérimée emprunte à l'histoire le nom de ses héros. Il y avait eu un Carvajal poète napolitain ; Montluc et Brantôme citent des Espagnols portant ce nom. Cf. P. Trahard, loc. cit., p. 343, note 2.
Page 316, ligne 1. — ... Salazar... : Autre nom historique. Cf. L. Salazar, Sloria délia famiglia Salazar et / Salazar in Italia. Bari, 1898 et 1900.
— , ligne 3. — ... à Cumana ; .* Ville et port du Venezuela, à l'embouchure du Manzanarès, fondée par les Espagnols en 1523.
— , ligne 4. — ... à Yztepa ;... : Probablement le port d'Istapa, rade du Guatemala sur le Pacifique.
Page 317, ligne 4. — ... Tainanaques,... : Peuplade habitant les bords de l'Orénoque, dans l'intérieur du Venezuela.
— , ligne 8. — ... Béatrix Cenci : Cf. P. Trahard, loc. cit., p. 342. La légende de B. Cenci, qui devait inspirer une des plus belles Chroniques italiennes de Stendhal, avait, avant 1828, séduit Byron et Shelley, qui, en 1819, en avait tiré une tragédie : The Cenci.
— , ligne 15. — ... colombienne... : Probablement une corvette corsaire : la lutte que la Colombie menait pour son indépendance durait depuis 1811 et ne prit fin qu'en 1823.
— , ligne 23. — ... le capitaine Parry,... : Sir W. Parry (1790- 1856) fit quatre voyages vers le pôle nord en 1819, 1821 et 1826, qu'il raconta dans ses Quatre expéditions au pôle nord. Londres, 1833.
Page 321, ligne 7. — La Araucana : Poème de don Alonzo d'Ercilla (1533-1596) qui relate les exploits de l'auteur dans une expédition contre les Araucans, peuplade du
Chili, il en .ivail paru une traduction procurée par Gilib(ïrt do Mcrlliiac en 182^». Mérimée s'inspire, pour son mélodrame, du passage qu'il cite ici (cf. P. Trahard, loc. cit., p. 343) : Glaura résiste aux tentatives d'un cousin de son père, Fiesolano.
Page 322, ligne 12. — ...le royaume de la Nouvelle- Grenade : Les provinces du nord d(; l'Amérique du Sud constituaient une vice-royauté qui portait ce nom. Elles devaient par la suite former les républiques de Colombie, du Venezuela et de l'Equateur. Elles avaient reçu ce nom du conquistador Quesada, frappé de la ressemblance qu'offrait la [)laine de Bogota avec la plaine de Grenade
Page 324, ligne 26. — Comme elle est belle... : Adaptation d'un passage de El Tejedor de Sevilla (journée I, scène 10) : « Ah ! continuez, vous êtes plus belle que jamais. Un déluge de roses couvre votre blanc visage et, plus je vous écoute, plus je vous admire. »
Page 325, ligne 2. — ... tiiiresse. : Cf. Byron, Don Juan, ch. V, str. 132-135, et Ercilla, UAraucana, ch. XXVIII, str. 18, Ces deux poètes fournissent à Mérimée une image bien romantique.
— , ligne 14. — Par le corps du Christ! : Mérimée aime ce juron dont il goûte la couleur locale. Cf. Le Ciel et VEnfer {Théâtre de Clara Gazul, p. 280).
Page 326, ligne 25. — ...le vieux cacique... : Mérimée emprunte sans doute ce mot exotique à VAraucana. Il l'avait employé déjà dans le Carrosse du Saint- S acre ment {Ibid., p. 360). On sait qu'il désignait les chefs de tribus des peuplades sud-américaines.
Page 328, ligne 2. — ... Tucamba... : Nous n'avons pas trouvé ce nom dans le dictionnaire de Vivien de Saint- Martin.
Page 330, ligne 25. — ... un drôle... : La question de la convenance du rang social dans le mariage est un thème cher au théâtre espagnol (comme aux romantiques, cf. la
Valentine de G. Sand). Mérimée l'avait développé dans Inès Mendo (cf. Ihid., p. 476).
Page 339, ligne 16. — ... te faire enlever? : Procédé banal pour se tirer d*un mauvais pas auquel avaient souvent recours les héroïnes romantiques. Dona Francisca y pense dans VOccasion [Ihid., p. 339).
Page 343, ligne 14. — Ajoute encore... : Mérimée a puisé l'érudition magique dont il fait preuve dans cette scène dans le Dictionnaire infernal de GoUin de Plancy. Peutêtre veut-il ici parodier la première scène de Faust et se moquer du goût du public pour le satanisme et la magie.
Page 362, ligne 2. — ... Notre-Dame de Chimpaquira. : La Périchole parle de sa châsse dans le Carrosse [Théâtre de Clara Gazul, p. 402). Le Dictionnaire de Vivien de Saint- Martin ne mentionne pas Chimpaquira.
Page 373, ligne 8. — ... de son corset) : Sur l'habitude qu'avaient les Espagnoles de porter un poignard et l'usage que firent les romantiques de ce trait de mœurs, cf. A. Morel-Fatio, El punal en la liga [Revue de littérature comparée, t. I, p. 473). Mérimée avait déjà usé de ce trait dans le Ciel et V Enfer (cf. Théâtre de Clara Gazul, p. 299). Il le reprendra dans Colomba, en l'appliquant à la Corse, et dans les Mécontents, 1810.
Page 380. — Scène 7 : Comparer à ce monologue de Don José celui du frère Antonio dans Une femme est un diable [Théâtre de Clara Gazul, p. 162). C'est la même situation psychologique : les réactions des deux personnages sont différentes.
Page 381, ligne 12. — ... trahi par la nature? : Mérimée songet-il ici au chapitre « Des Fiasco » que Stendhal avait placé dans De V Amour?
Page 390, ligne 26. — ... les fautes de V auteur. : Même formule à la fm de Les Espagnols en Danemarck [Théâtre de Clara Gazul, p. 142). Elle était courante dans le théâtre espagnol (cf. Ibid., p. 465).
LA JACQUERIE {Le Globe, 11 juin 1828, t. VI, n" 66, p. 463.)
P. 468. — Littérature.
La Jaquerie, scènes féodales, suivies de la Famille de Carvajaly drame, par l'auteur du Théâtre de Clara Gazul (note 1. 1 vol. in-80, chez Brissot-Thivars, rue de l'Abbaye-Saint-Germain-des-Prés, n^ 14.)
Nous examinerons bientôt ces deux nouvelles compositions de l'auteur spirituel et plein de verve qui fit paraître ses premiers essais sous le nom de Clara Gazul : nous ne pouvons aujourd'hui que les annoncer. Dans la Famille de Carvajal, il nous donne comme un pendant de V Amour africain. Dans la Jaquerie, il a entrepris de peindre les mœurs féroces du xiv^' siècle. Le choix du sujet lui laissait pleine liberté. « Il n'existe, dit-il... » (cite le texte de la Préface jusqu'à : « de l'Allemagne »). L'auteur ayant ainsi considéré son sujet devait naturellement faire passer sous nos yeux tous les contrastes du régime féodal. Nous voudrions citer quelques-unes des scènes où il peint la vie des serfs, celle du château et celle du cloître ; mais il est difficile de détacher des parties liées entre elles ; nous préférons donner la première scène do l'ouvrage, où se trouve retracée la sauvage existence de ces espèces de serfs marrons réfugiés dans les forets et qui semblaient appeler les autres à la liberté, comme les Klephtes de la Grèce moderne ont préparé l'insurreelion. (Cite la scène 1 jusqu'à : « Allons souper. »)
[Le Globe, samedi 28 juin 1828, t. VI, n» 71, p. 503.)
P. 503. — Littérature.
La Jaquerie, scènes féodales, suivies de la Famille de CarvajaU drame, par l'auteur du Théâtre de Clara Gazul (note 1. 1 vol. in-80, chez Brissot-Thivars, rue de l'Abbaye-Saint-Germain-des-Prés, n» 14 ; Johanneau, rue du Coq.)
L'auteur du Théâtre de Clara Gazul a commencé dans notre art dramatique une réforme qui est encore loin d'être achevée. Les usages qu'on appelle les règles étaient en possession tranquille de la scène, le public écoutait sans murmure et s'ennuyait sans résistance, lorsqu'un écrivain jeune et inconnu s'avisa de composer des drames libres de toute autre règle que les lois de la vérité ou les caprices de son imagination. Sa tentative à elle seule était un signe d'inspiration. Son mérite était d'autant plus grand qu'il paraissait étranger à la critique littéraire, et qu'aucun conseil, aucune vue systématique ne semblait avoir présidé à son travail. Comme tous les talents naturels, il avait composé, non pour l'intérêt de l'art, mais pour satisfaire un penchant, pour se divertir à sa manière. Rien n'indiquait qu'en écrivant il eût songé d'abord à publier, et peut-être est-ce présomption ; mais il nous semble que si une école de critique ne s'était élevée, qui appelait de tous ses vœux l'innovation et la liberté dramatiques, l'interprète de Clara Gazul n'eût point songé à livrer ce nom mystérieux à la curiosité des hommes, et ses spirituels ouvrages seraient restés le charme ignoré de ses loisirs et le secret amusement de ses amis.
Depuis que son premier volume a été publié, d'autres essais ont paru, divers par le tour d'esprit qu'ils accusent, mais analogues par la recherche de vérité qui s'y montre, par la liberté des formes et la familiarité du langage, enfin
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tous dcslinés à conclure l'alliance de l'art historique et do l'art théâtral. Lo mérite de la nouveauté est donc maintenant perdu pour tout le monde. Il ne suffit plus qu'un ouvrage déroge aux vieilles règles, il faut encore qu'il soit meilleur que les précédents pour être distingué. Ce qui méritera désormais notre attention, ce n'est plus le genre, mais le talent, et, à moins d'innover dans l'innovation, à moins de donner à l'école nouvelle les qualités dont elle n'a point encore fait preuve, à moins d'introduire soit la grâce et la sensibilité, soit l'art des combinaisons et des développements dramatiques, soit enfin la poésie des caractères et l'éloquence du langage, dans ces compositions qui ne se sont encore recommandées que par la finesse ou la vérité d'observation, le tour piquant du dialogue, la force de quelques situations ou l'énergie de quelques sentiments, ceux qui marchent dans les voies nouvelles passeront bientôt euxmêmes au rang des imitateurs et pourront bien continuer de nous donner des nouveautés sans faire preuve d'originalité ni d'invention : les esprits sont si prompts aujourd'hui, et il faut si peu de temps pour qu'une découverte devienne un lieu commun ! Heureux du moins ceux qui ne feront que s'imiter eux-mêmes. Ils ont donné le mouvement, ils ont ouvert la route : l'art dramatique leur doit trop pour qu'on exige rigoureusement d'eux un continuel progrès ; en jugeant ce qu'ils font maintenant, on ne peut oublier ce qu'ils ont fait. Si l'auteur de la Jaquerie ne s'est point élevé au-dessus de Clara Gazul, s'il n'a fait que se continuer, reportons-nous dans le passé, oublions les trois ans qui viennent de s'écouler et représentons-nous l'enthousiasme qui se fût emparé de nous s'il nous eût, en 1825, donné ses Scènes féodales au lieu de ses Intermèdes espagnols. La Jaquerie est un beau sujet et un sujet difficile. Épisode presque isolé dans nos annales, c'est un événement, le seul peut-être, qui a mis en mouvement toutes les classes de la société, où du moins chacune a joué un rôle de son propre chef et pour son pro[)re compte. C'est presque la seule fois que l'histoire nonune les vilains, ces nourriciers
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de la société, et dont elle ne tient guère plus de compte que de ses bêtes de somme. On les voit sortir un moment de leur repos ou plutôt de leur obscure misère pour tirer une vengeance horrible et passagère de leurs tyrans et prendre en courant une part sanglante au commun désordre et au pillage général. Puis, aussitôt repoussés, dissipés, remis sous le joug, ils disparaissent, ils se taisent jusqu'au jour mémorable où les siècles leur rendront la parole et la vie, où, ralliés par un sentiment où se mêlera la vengeance, où ne manquera pas la justice, ils s'armeront pour leur propre cause, et, par une courte apparition sur la scène du monde, ils changeront la face de la société et enlèveront à la fois à leurs anciens maîtres le privilège de la propriété et celui de la gloire. Mais leur première révolte, cet événement si singulier, si frappant, si unique, n'a été ni compris ni décrit par les contemporains. La Jacquerie n'a point d'histoire. Car ceux qui l'ont faite n'avaient point d'historiens : ils étaient de ces lions qui ne savent pas peindre. Habitant pour la plupart des palais ou des cloîtres, les chroniqueurs du temps n'ont de curiosité, d'attention, de mémoire que pour les gens d'armes ou les hommes d'Église. C'est tout au plus si les bourgeois trouvent place dans leurs récits, et ce n'est guère qu'avec des fragments épars, des passages détachés que le savoir moderne recompose l'histoire des communes. Quand il est si peu question des villes, de quel droit les serfs des champs réclameraient-ils un souvenir de ceux qui ne les ont jamais ni connus ni comptés? Et ne doivent-ils pas se tenir pour très honorés que l'historiographe de la chevalerie, le narrateur enthousiaste des beaux coups de lance et des nobles prouesses, Froissart, daigne interrompre le récit des magnifiques tournois et gentils carrousels pour dire en quelques lignes qu' « aucunes gens des villes champestres » s'assemblèrent en Beauvoisis et « ne furent mie cent hommes les premiers », et s'étant fait un roy entre eux qui était t le pire des pires » et qu'ils appelèrent « Jaques Bonshoms, ardirent et détruiront environ Corbie et Amiens, et, à Montdidier, plus de 60 maisons bonnes et forts châteaux ». Ainsi,
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prpsquc dénué de renseignant mIs oripinanx, l'autenr dramatique qui (essayait de reproduire sous une fornu' pleine de vie cette audacieuse et cruelle insurrection se trouvait entre deux difficultés, celle do suppléer au silence de l'histoire et celle de ne point lui donner le ton du roman. Si l'événement est peu connu, en eff(U, les mœurs de l'époque commencent à l'être beaucoup. M. de Barante a rendu populaires les souvenirs du \i\^ siècle. L'auteur de la Jaquerie avait donc des conditions diverses à remplir : le sujet presque ignoré l'obligeait à inventer avec hardiesse ; l'époque très connue lui commandait d'imiter avec fidélité. Il fallait faire preuve à la fois d'imagination et d'intelligence. C'était presque un tableau de fantaisie à peindre des couleurs de la vérité.
Le jeune écrivain ne s'est effrayé de rien. Il n'a pas craint d'agrandir le cadre du tableau. On sait que la Jacquerie éclata durant une trêve qui suivit la captivité du roi Jean. Tous les partis, toutes les compagnies qu'entretenait la guerre se trouvaient alors dans une sorte d'oisiveté ; leur violente activité ne savait se dédommager que par des désordres plus terribles que ceux de la guerre. Le pays était infesté par des troupes de gens d'armes étrangers, la plupart anglais, qui, sous le nom de chevaliers d'aventure, forçaient et pillaient les châteaux et les villages et se tenaient pour les représentants de la chevalerie errante. En même temps, au sein du peuple, cette classe d'hommes audacieux et indomptés, que tentent toujours la licence et le danger, et qui se regardent comme placés en hostilité naturelle contre une société qui ne sait ni les protéger ni les contenir, formaient sous des noms bizarres des bandes organisées et vivaient de brigandages ; assez semblables, après tout, aux nobles chevaliers, hormis qu'ils ne devaient point laisser de descendants pour parler du vieil honneur de leurs aïeux. C'est avec la compagnie des a aventuriers », d'une part, et la bande des a loups », de l'autre, que, dans le drame qui nous occupe, les paysans, poussés à bout par l'oppression et la misère, encouragés par l'anarchie et l'impunité univer-
selles, font alliance, en se soulevant, sous la conduite d'un moine mécontent. En regard de ce parti sont placés les nobles du pays, ceux qu'on pourrait appeler les gentilshommes de province, et contre qui la révolte est principalement dirigée. Avec eux sont les prêtres et les moines, qu'ils rançonnent de temps en temps, mais qu'ils protègent contre la canaille, et pour cette fois les bourgeois aussi font cause commune avec les gens d'armes, puisqu'il s'agit de défendre ceux qui ont quelque chose contre ceux qui n'ont rien. Tels sont les deux partis aux prises : le drame qui les oppose les a empruntés à l'histoire. Ils revivent, ils se combattent sous nos yeux, et l'on sent que la victoire finirait par demeurer à la révolte, si un tiers parti n'intervenait, qui réprime tout par l'ascendant de la force régulière et de l'habileté politique : c'est celui de l'autorité royale, qui, dès lors, représentait, quoique avec tous les vices d'un pouvoir égoïste et imprévoyant, ce que doit être partout la royauté, le symbole du droit commun et de l'ordre public. Les « chevaliers de l'hôtel du roi » se distinguent très bien de tous les autres dans les scènes de la Jacquerie, par un savoir-faire, mêlé de prudence et de perfidie, qui suppose toutefois quelque impartialité et qui, dans les temps encore barbares, est la première forme que revêt l'esprit pour dominer la force.
On voit que toutes les classes de la nation figurent dans le drame, et sous ce rapport l'auteur a su distinguer assez heureusement toutes les nuances, toutes les diversités du costume du temps. On peut regretter que les situations ne soient pas toujours assez habilement conçues pour donner à ses peintures toute leur valeur et tout leur relief ; la couleur générale est vraie, mais les détails n'ont pas toujours assez d'effet. Tout amuse, mais rien ne surprend. En tout il y a dans l'ouvrage plus d'esprit que d'imagination.
Il était difficile, on dirait même impossible, de donner à ces scènes l'ordre et la progression d'un véritable drame. Cependant, l'auteur a su les réunir par un lien assez léger, mais qui suffit à l'unité, s'il ne suffit pas toujours à l'intérêt. Il y a peu de confusion et moins de décousu que dans plu-
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sieurs des tragédies chroniques de Shakcspeaic lui-même. Mais, cornnHî h' nœud «'sl, faible, rofnrnelfdévclopfxriicnt du fait liistorique constitue presque toute l'unité du drame, ce mérite, quoique réel, ne suppose ni un art bien profond ni une combinaison bien savante. Je conjecture, et ceci est loin d'ôtn; un reproche, que l'auteur écrit en se jouant. Il ne prend pas fort au sérieux ses ouvrages, et, pourvu qu'ils rendent au public quelque chose du plaisir qu'il trouve à les écrire, il est content. Ses lecteurs peuvent lui dire qu'il a réussi...
[P. 505.] — Il est impossible de lire la Jaquerie sans se rappeler Goëtz de Berlichingen. Après tout, la pièce de Gœthe est le premier essai, le premier exemple de ce retour au moyen âge par l'imagination, de ce goût pour les peintures gothiques et nationales, qui envahit maintenant tous les arts. On sait qu'une traduction de Goëtz de Berlichingen fut un des premiers ouvrages de W. Scott, et peut-être est-ce ce travail qui donna l'éveil à son génie. Et nous, à notre tour, que ne devons-nous pas à W. Scott? Où en seraient sans lui notre critique, notre littérature et même notre histoire? Eh bien ! dans Goëtz, il y a aussi des scènes de paysans révoltés ; il y a une jacquerie allemande, crayonnée en quelques traits simples et expressifs, et l'auteur français, en faisant plus, n'a peut-être pas fait mieux. Mais ce qu'il y a aussi dans le drame allemand, et ce qui manque dans tous les essais analogues qui ont été remarqués depuis ces dernières années, c'est, sous les formes les plus libres et les plus familières, je ne sais quelle grandeur poétique qui ravit l'imagination et qui l'élève sans la dépayser. C'est, par exemple, le caractère de Goëtz, de cet homme si brave et si simple, qui inspire tant d'enthousiasme et d'effroi, qui porte tant d'équité dans la violence et mêle tant de bonté à sa rudesse. C'est ce guerrier infatigable qui, sans cesse à cheval et en plein champ, exerce la lance à la main sa redoutable justice, et, soumis au devoir autant qu'indocile à l'autorité, défend jusqu'au dernier soupir et sans espoir son altière indépendance. C'est ce héros des derniers âges che-
valeresques, en qui se résume et s'éteint tout le génie d'une époque. Et pourtant rien en lui ne ressemble aux chevaliers de bonne compagnie qui figurent sur notre théâtre : dans l'intérieur de Jaxthausen, c'est le meilleur des maris, des pères, des maîtres ; il boit bouteille avec ses vassaux et siège en joyeux convive au festin d'une noce de village ; heureux mélange d'aimables et de nobles qualités unies aux mœurs grossières, aux opinions naïves : c'est le grand homme de tous les temps avec la physionomie de son siècle. Ainsi peuvent se concilier dans le drame la poésie et l'histoire ; ainsi, sans sortir du vrai, le génie s'élève au grandiose. C'est par de telles créations que les productions du théâtre moderne pourront prendre place auprès des chefs-d'œuvre de l'ancien théâtre national. Il faut le rappeler sans cesse à ceux qui sont aujourd'hui l'espoir de l'école nouvelle, l'idéal est de ce monde, puisqu'il entre dans l'esprit humain ; il est dans la vérité, au moins autant que tout le reste, et l'art serait incomplet et mensonger si tout ce que la nature admet et contient n'était reproduit dans ses fictions aussi bien et mieux peutêtre que dans la nature elle-même. Il faut bien qu'il soit plus beau qu'elle, pour qu'il compense en beauté ce qui lui manque en réalité.