‹ La JaquerieChapitre 4 sur 139 · Paris, C. Le Tellier, 2 vol. in · texte numérisé non relu

Paris, C. Le Tellier, 2 vol. in

AVANT-r»ROI'OS. V

noir », les mélorlrarnes du viromtn d'Arlincourt, 1ns tableaux et les dessins de L. Boiilcngcr si fantaisistes, mais si évocatcurs, révélaient au public un moyen âge assez fartice. Nodier en publiant les études de Lacurne deSainte- Palaye sur la chevalerie, Barante, dont Vllistoirc des ducs de Bourgogne atteignait en 1820 sa quatrième édition, Buchon avec sa Collection des Chroniques nationales françaisesXc mettaient à même de connaître historiquement le passé'. C'était donc le flatter que lui offrir un drame national, conforme à la fois à la réalité historique et aux tendances littéraires nouvelles, et qui, de plus, affirmait, quoique discrètement, alors que grondaient les bruits précurseurs de la révolution que beaucoup sentaient prochaine, que le temps des privilèges et de l'arbitraire était passé.

La Jaqucrie est une œuvre de combat, une œuvre libérale aussi bien au point de vue politique que littéraire : ne faisons pas de Mérimée un farouche adversaire du trône et de l'autel, ni, de sa pièce, un pamphlet dirigé contre les Bourbons et les ultras. S'il est faux d'écrire, comme A. Chuquet-, qu'on découvre dans le drame la « haine » de Mérimée à l'égard du peuple, — c'est une erreur grossière, — il paraît exagéré de dire que les « tendances libérales » de l'auteur n'y transparaissent pas. On les devine au contraire, croyons-nous, dans la nuance

1. Sur le détail des publications qui favorisèrent ce mouvement, cf. J. Marsan, La Bataille romantique , Paris, Hachette, 1912, in-l(>, p. 127 et suiv. Sur le ^oùt pour le moyen Age, cf. celte phrase du Mercure du XFX' siècle (1831) : « Il nous faut tout le moyen âge pour nous faire oublier les misères profondes et les dégoûts amers de ce présent qu'on nous vante. »

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