‹ La JaquerieChapitre 54 sur 139 · F. .IRAN · texte numérisé non relu

F. .IRAN

Tu appelles cela un tnalheui? tu ne serviras plus.

PIERRE

Pendant long-temps j'ai cru que je pourrais être heureux dans ce manoir.

F. JEAN

Qu'as-tu fait?

PIERRE

Maudite soit la science que je tiens de vous! Je m'en suis enoioueilli ; j'ai oublié que je n'étais qu'un misérable, (ju'un chien. — J'ai parlé d'amour à la damoiselle ([ui habite là.

F. JEAN

Sainte Vierge! trahison au premier chef!

PIERRE

Je suis chassé, et demain je dois être hors des limites de la baronie.

F. JEAN

Et cette lourde bête qui se fait appeler le baron de Montreuil doit épouser la dame.

PIERRE

Oh! ne me dites pas cela!

F. JEAN

Ne le sais-tu pas?

PIERRE

Oui, je le sais; mais quand je l'entends dire, il me prend envie de mettre le feu à ce château.

La JatjUfrie. 8

F. JEAN

Cela vaudrait mieux que de s'en aller piteusement comme un coquin.

PIERREj après un silence.

Pourquoi penser à ces rêves-là!

Qui te dit que ce sont des rêves?

PIERRE

Les vilains ont des cœurs de boue, et ils n'oseraient jamais lever la tête pour demander compte à leurs maîtres des cruels traitemens qu'ils endurent.

F. JEAN

On m'a dit cependant que quelques hommes courageux s'étaient enfin avisés qu'ils pouvaient pnr la force se débarrasser de leurs maîtres, et que déjà ils travaillaient dans ce but*.

PIERRE

Que dites-vous?

F. JEAN

Si tous les serfs de la baronie prenaient les armes ; si ce château était en feu; si Montreuil avait la tête cassée; si tu tenais dans tes bras madame Isabelle, crois-tu qu'elle pourrait te dire alors : « Retire-toi, vilain ! »

PIERRE

Vous faites bouillonner mon sano-.

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