‹ La JaquerieChapitre 6 sur 139 · VIII AVANT-PROPOS · texte numérisé non relu

VIII AVANT-PROPOS

emprunts et fixé leurs limites. Mérimée a, comme ses contemporains, dévoré les naïfs récits où les chroniqueurs notaient ce qu'ils avaient pu apprendre : Stendhal lisait les manuscrits d'où il tira ses Chroniques italiennes, comme Hugo se documentait aux sources; l'auteur de la Jaquerie a, lui aussi, dépouillé les ouvrages qu'il pouvait avoir à sa disposition. Il ne faut pourtant pas se l'imaginer faisant la chasse aux inédits en de poudreuses bibliothèques; il s'en est tenu, semble-t-il, aux imprimés, c'està-dire à quelques livres récents, celui de Secousse ^ sur Charles le Mauvais, les mémoires sur la chevalerie de Lacurnede Sainte-Palaye-, que Nodier venait de rééditer, les Chroniques publiées par Buchon principalement.

C'est dire qu'il n'a pu étudier ni les Grandes Chroniques de France, ni celle de Jean le Bel, éditées en 18.38 et en 186.3 seulement, ni la Chronique des quatre premiers Valois (édit. S. Luce, Paris, 1862, in-8°) ou la Chronique du religieux de Saint-Denys (édit, L. Bellaguet, Paris, 1839, 6 vol. in-8''), à plus forte raison les documents manuscrits où de plus récents historiens, un S. Luce, un Flammermont, devaient puiser. Avec Secousse et Lacurne de Sainte-Palaye, il ne connaît guère que Froissart et Jean de Venette*^. Il leur demande, en modifiant à sa guise les données historiques, le schéma de son drame. Il leur prend, surtout, les couleurs assez crues avec lesquelles il fait sa

1. Mémoires pour servir à F histoire de Charles 11^ roi de Navarre... surnommé le Mauvais, Paris, in-4°, 1758.

2. Mémoires sur l'ancienne chevalerie considérée comme un établissement politique et militaire C Registres de l'Académie royale des Inscriptions et Belles-Lettres, t. XX).

3. Cf. Chronique latine de G. de Nantis, édit. H. Géraud, Paris, Renouard, 1843, t. II.

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