‹ La JaquerieChapitre 68 sur 139 · I.A .JA(H KIHK 16r · texte numérisé non relu

I.A .JA(H KIHK 16r

H Alt riIKLI.MY.

l'as (lu loiil. Nous irons le cliercliei- dans son lit. et le iiiiérir Je la aouite.

MORAND

Paile plus bas, de grâce.

MANCEL

Regarde, Simon, n'est-ce pas Thomas de Genêts qui est monté sur cette charrette, là-bas?

SIMON

C'est lui, ma loi, et il a la mine d'avoir fait un beau coup dans son pays. Je m'en vais lui parler.

(Il sort : le beffroy sonne.) MORAND, se signant.

Sainte-Vierge! voilà* le bcffroy c[ni sonne pour l'exécution.

BARTHELEMY

Je voudrais savoir à quoi pense lienaud dans ce moment-ci. Je parie qu'il ne se doute guère...

MORAND

Chut! — ]je pont-levis se baisse.

r. JEAN, entrant. Mas.

Eh bien! mes enlans, chacun est-il prêt?

BARTHELEMY, entr'ouvrant sa casaque et montrant une poignée d'épée.

Voyez-vous ce bel outil?

F. JEAN

Bon, cache-le encore (juelques instans.

MORAND

Voici la procession qui descend.

F. JEAN

Allons; à ton poste, Barthelemi! Au premier son du cor...

BARTHELEMY

Oui oui.

F, JEAN

Morand, suis-le.

MORAND

Donnez-moi votre bénédiction, mon père.

F, JEAN

Va, ne crains rien, monsieur saint Leufroy nous aidera.

MORAND

Amen !

Et Pierre, où est-il

F. JEAN

Là-bas, caché dans son manteau; il te fait signe.

(Morand et Hartheleini sortent.) MANCEL à F. Jean.

Voyez-vous, mon père, cette fumée là-bas! ce sont nos amis de Lasource.

F. JEAN

Bien ! bien !

SIMON, enlranl.

J'ai vil Thomas, révérend père. Messirc de I^ate-

lOl... (Il pnss».' sa main sur son rou,

F, JEAN

Bien!

SIMON

Thomas a vu en chemin le Loup-garou ; il est prêt, l'arc bandé, la flèche encochée.

F. JEAN, à Simon.

Tu as la voix forte, tu pousseras le premier cri. — Gaillon, as-tu ton cornet?

GAILLO.N.

Le voici. J'ai bu bouteille ce matin pour me préparer le gosier.

MANCEL à r. Jean.

Mon père, encore une autre fumée!

UN PAYSAN, entrant, à F. Jean.

Tout est bâclé chez nous, nous venons vous aider.

F. JEAN

Paix! le moment approche.

(Entre Thomas conduisant une charrette de paille' THOMAS.

Qui veut acheter ma paille? cette charrette-là vaut de l'argent.

SIMON

Un bout de lance passe : je vais le renfoncer.

(Entrent Montreuil, Siward, Conrad, son précepteur, tous quatre à cheval. Renaud, le bourreau, un crieur, hommes d'armes.)

MONTKEUIL.

Place !

CONRAD

Place, canaille !

LE PRÉCEPTEUR

Place à monseigneur Conrad d'Apremont!

SIWARD, monlranl Thomas.

Ce vilain a une bonne idée. Du haut de sa charrette il est placé à merveille pour voir l'exécution.

CONRAD, riant.

Ah, ah, ah! si on mettait le feu à cette paille pendant que ce vilain est étendu dessus, comme cela le ferait gigoter !

LE PRÉCEPTEUR

Ah, la drôle d'idée! Monseigneur, vous êtes un espiègle ; mais, monseigneur, ne voyez-vous pas que cette paille appartient sans doute à monsieur votre père, et si vous la brûliez vous détruiriez ainsi votre propre bien.

CONRAD

Bah ! cela m'est éi>:al. Je donnerais bien toute cette paille pour voir la mine de ce vilain quand il se sentirait flamber.

Page 1