RÉSULTATS
Cette évolution régulière de la javellisation due à la collaboration constante du Service de Santé et du Service des Eaux, s'était traduite par une amélio— ration considérable de l’épuration de l’eau de boisson.
Il était désormais acquis qu’une javellisation consciencieusement effectuée avec des postes bien organisés était capable de fournir à des armées nombreuses une eau potable très bonne. La saveur désagréable observée durant la première période de la campagne ne se retrouvait plus. Malheureusement, la javellisation devait supporter longtemps la méfiance des hommes ayant bu de l’eau dans laquelle subsistaient de trop grands excès de chlore dans des récipients non appropriés donnant à l’eau un mauvais goût.
Toutes les fois que les résultats bactériologiques furent médiocres où mauvais, il y avait toujours une négligence ou un dosage mal fait à incriminer. Si au contraire on se conformait honnêtement aux principes indiqués, la disparition totale du coli. bacille et la dimimution considérable du nombre des germes étaient toujours observées. Il n’était pas noté de différence entre les diverses sortes de récipients employés,
RL Evidemment, il ne fallait pas attendre de ce procédé chimique d'épuration une disparition intégrale de la flore microbienne d’eaux souvent très polluées. Dans le rapport de M. Remlinger, résultat de nombreuses analyses effectuées sur des eaux renfermant de 100.000 à 2 millions de germes par centimètre cube et de 1.000 à 50.000 coli bacilles par litre, on avait différencié avant l’épuration des espèces variées :
«€ Micrococcus : caudidus candicans, prodigiosus. & Staphylococcus : albus, aureus, citreus.
Bacillus : mesentericus, subtilis, megaterium, & mMmycoides concentricus, violaceus, luteus, flavus « hiquefaciens, fluorescens liquefaciens, fluorescens « de Pacterium termo.
« Des sarcines, des levures, de nombreures moI- « SISSUreS. »
Après la javellisation, les espèces résistantes ont toujours été reconnues pour banales et inoffensives. Seules des moisissures et quelques espèces microbiennes sporulées : Bacillus subtilis, B. mesentericus, furent identifiées. La diminution du nombre des ger— mes a toujours été variant de 95 à 99 pour 100, résultats en accord avec ceux obtenus à Paris en 1911, où l’on avait observé une diminution de ce pour 100.
Au bout de combien de temps pouvait-on considérer | nee obtenue ? La circulaire ministérielle du 15 août 1914 donnait comme principe qu'il ne fallait pas livrer à la consommation une eau traitée avant
une demi-heure. Durant la campagne et surtout avec l'installation de la javellisation automatique, l’épuration était obtenue plus rapidement : en moins de dix minutes à Daours et en quelques secondes seu— lement avec le dispositif de Bunau-Varilla.
Pendant combien de temps la javellisation restaitelle effective ? On peut considérer que les bons effets se maintiennent jusqu’à vingt-quatre heures. Ce terme marquant la limite extrême du moment où la diminution du nombre des germes cesse d’être observée. Au delà de vingt-quatre heures, les numérations décelaient ordinairement une augmentation progressive et considérable du nombre des germes parmi lesquels on ne retrouve, 1l est vrai, que des bactéries inoffensives, du Bacterium termo.
Parmi les divers dispositifs utilisés, la javellisation automatique, en synchronisme avec le débit de l’eau, avait montré dans la guerre de stationnement à quel degré de perfectionnement on pouvait arriver. Malheureusement des installations aussi bien organisées n'étaient pas compatibles avec la progression constante des armées. On ne pouvait pas obtenir au milieu des déplacements continuels, durant la guerre de mouvement qui caractérisa la dernière période de la campagne, une solution aussi parfaite du problème de l’épuration des eaux. Il fallait se contenter des dispositifs mobiles permettant tout de même de fournir
aux soldats une eau de boisson épurée.