INTRODUCTION
La recherche des eaux potables fut depuis les temps les plus reculés de l’histoire une des grandes nécessités sociales. On sait avec quels soucis les Romains se sont occupés des eaux de boisson et quels sont les travaux considérables qu'ils ont mis en œuvre pour s’en approvisionner abondamment.
Toutes les collectivités ont été obligées de s’interresser à leur alimentation en eaux. Au fur et à mesure que la connaissance de l’étiologie des maladies hydriques devint plus parfaite, la surveillance des eaux de boisson devint de plus en plus rigoureuse.
Des épidémies soulevèrent l’émotion d’un grand nombre de villes. De tous côtés on rechercha, par des procédés de purification, la destruction des agents pathogènes véhiculés par les eaux.
Si l’on s’était attaché jusque là à ne capter que
Aro des sources ou des rivières, à n’établir que des dérivations, des canalisations fournissant une eau claire, ayant une composition chimique normale, en somme de bonne qualité, il devenait de la plus haute impor— tance de protéger cette eau contre toute cause de contamination possible, de la défendre énergiquement contre les invasions microbiennes l’utilisant comme moyen de transport. Ces notions de protection et de défense contre les microbes pathogènes des eaux avaient succédé à la connaissance plus parfaite d’un certain nombre de maladies contagieuses épidémiques.
La mortalité très élevée que l’on avait observée dans toutes les épidémies tvphoïdiques et cholériques devait troubler beaucoup de grandes villes et une grande préoccupation des hygiémstes allait être désormais la lutte contre les maladies hydriques.
Le bacille d’Eberth, qui possède à son actif des ravages considérables, devait être l’objet d’observations attentives. Par quels moyens se répandait-il avec tant de rapidité ? La question de la contagion de la fièvre typhoïde fut tout d’abord assez discutée, mais toutes les opinions ne tardèrent pas à se rallier, en France, autour de la contagion indirecte. L'eau potable était à la fois le milieu d'hébergement et le véhicule du bacille d’Eberth. D'ailleurs de nombreuses constatations vinrent à l’appui de cette thèse et l’on observa des épidémies (Paris 1911, Avignon 1912) qui rétrocédèrent et furent arrêtées rapidement sous l’mfluence d’une purification des eaux de boisson. Si toute épidémie typhoïdique massive est sans aucun doute d’origine hydrique, il est malheureusement très
difficile, pratiquement, de déceler le Bacille pathogène dans l’eau, malgré qu’il y ait une vitalité très grande.
Le vibrion cholérique, comme le bacille typhique a lui aussi le même habitat préféré. L’eau potable se trouve être son mode de transmission le plus fréquent. Toutes les épidémies de choléra que l’on a pu étudier et qui ont eu une certaine importance (exemple Marseille 1911) ont révélé, dans les villes atteintes, que les groupes d'individus ayant succombé au fléau avaient été desservis par une même canalisation infectée (J. Courmont). La recherche du vibrion cholérique est aussi difficile dans l’eau que celle du bacille d'Eberth, en raison de sa faible résistance qui ne lui permet pas de lutter longtemps contre la concurrence vitale. (Dopter et Sacquepée).
L'eau joue également un très grand rôle dans la propagation de beaucoup d’affections, telles les dysenteries et diverses formes de diarrhées ou d’embarras gastriques.
Dans la dysenterie bacillaire la contagion se fait surtout par les eaux de boisson. Dans la dysenterie amibienne on ne peut pas dire que l’amibe emprunte uniquement ce mode de dissémination, en tous les cas l’eau joue certainement un rôle très important.
Tous ces microbes pathogènes ont une vitalité telle qu’ils ne peuvent subsister longtemps dans les eaux. S'ils y restent suffisamment pour commettre leurs nombreux méfaits, on arrive très difficilement à déceler leur présence et à les cultiver, ils ont disparu depuis longtemps lorsque se déclare l’épidémie. Heureusement une mauvaise graine, le coli bacille,
beaucoup plus résistante, les accompagne toujours. Sa vitalité considérable a permis aux bactériologistes de le rechercher et par suite d’apprécier par des analyses qualitatives et quantitatives la valeur d’une eau de boisson, Il est un principe, à la base de toute recherche sur la qualité d’une eau, admis aujourd’hui par tout le monde : la présence du coli bacille dans une eau Indique toujours une contamination humaine ou animale, ce micro-organisme étant un hôte normal de l'intestin de l’homme et de différents animaux domestiques. C’est done sur lui que s’appuieront toutes les analyses bactériologiques.