Procès, vol, III, pp
LES « SOUVENIRS CONFUS » DE JEANNE u;
quelques cas douteux, nous pouvons être sûrs que les questions et réponses nous sont inexactement rapportées, et que c'est le compte-rendu qui est coupable de la « confusion » ou de la lacune, mais non pas la mémoire de la Pucelle. Au reste, en examinant les cas allégués de « confusion » dans les souvenirs de Jeanne, nous devons nous rappeler qu'il est très difTicile d'opposer d'autres témoignages à ceux de la jeune fille. Nous ne pouvons comparer ceux-ci qu'aux témoignages apportés au Procès de Réhabilitation de 1^56; et nous avons grand'peine à décider, lorsque nous rencontrons une différence, si la vérité se trouve chez ces témoins ou chez Jeanne elle-même \
Le lecteur veut-il connaître quelques exemples de ces cas, où l'on a prétendu que Jeanne avait manqué de mémoire ?
Dans son premier examen, elle a dit à ses juges que, suivant ce qu'elle croyait, elle était alors. — en février i43i, — âgée d'environ dix-neuf ans -. Au second interrogatoire, elle a dit, — et M. France a bien soin de le noter,
I. Cf. Jeanne dans le Procès, vol. l, p. !>i, et d'autres témoins ihid., pp. 392, 411, 4 '4. 4ï7. 454a. Procès, vol. I, p. 46.
— qu'elle ne pouvait pas répondre sur le sujet . ; de son âge \ Mais il se peut fort bien que ce refus de répondre ait été dû à une irritation passagère : car, tout de suite après, nous l'entendons déclarer qu'elle avait environ treize ans lorsque ses visions ont commencé, c'est-à-dire à peu près sept ans avant la date de Tinterrogatoire ■. D'autre part, en février 1429, elle a dit à Jean de Novelonpont que quatre ou cinq ans s'étaient écoulés depuis que ses Voix lui avaient enjoint d'entreprendre sa missions D'une façon générale, nous découvrons qu'elle était dans l'incertitude sur la question de savoir si elle était née en i4ii ou en 1412 : mais il n'y a ici, comme l'on voit, aucun défaut de mémoire, et cette incertitude s'explique plus naturellement encore si réellement Jeanne est née au début de janvier, le jour de lEpiphanie, ainsi que l'affirme une lettre de 1429.
Au sujet des premiers actes de Jeanne à Chinon, en mars 14^9, le compte-rendu du procès nous dit : « Elle est arrivée à Chinon vers midi, s'est logée dans une auberge, et, après dîner, s'est rendue au château, auprès de