‹ La Jeanne d'Arc de M. Anatole FranceChapitre 31 sur 108 · I . Procès, voL V, pp. 4*J-47- 2. \o\. I, pp · texte numérisé non relu

I . Procès, voL V, pp. 4*J-47- 2. \o\. I, pp

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Cette théorie, dont M. Salomon Reinach nous dit justement qu'elle est comme un leitmotiv revenant sans cesse à travers tout le livre de M. France, cette théorie de l'inspiration cléricale de Jeanne ne repose absolument sur aucune ombre de témoignage ni de preuve, directe ou indirecte. Ou, pour mieux dire, cette théorie n'est pas seulement gratuite, mais encore tout à fait impossible : car nous savons, par Jeanne elle-même, qu'elle n'a parlé à aucun prêtre ni laïc de son « don de voir des choses invisibles au commun des chrétiens » ; et, par suite, il n'y a nul moyen de concevoir que des prêtres aient dirigé le cours de ses visions.

M. France, lui, tout en avouant que Jeanne « ne révéla rien de ces choses à son curé » \ tient pour accordé qu'elle a dû les révéler à d'autres hommes d'église. « Jeanne, nous dit-il, fréquentait beaucoup de prêtres et de moines » -, aux environs de Domrémy.

Qui étaient ces « moines et prêtres » ? M. France admet que le curé du village ne savait rien des visions de la jeune fille, et d'ailleurs était trop stupide pour en tirer parti, s'il les

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