Procès, vol. H, p. 45y
5o L\ JEANNE D ARC DE M. ANATOLE FRANCE
pouvait pas l'entendre, à un aulre prêtre, avec sa permission. ' » Je laisse à juger s'il est humainement raisonnable de penser que ce prêtre, qui a entendu Jeanne quatre fois en confession, ait été le mystérieux instigateur de la grande œuvre nationale qu'elle a résolu d'accomplir !
Il est vrai que M. France nous parle encore
d'un autre prêtre, Dominique Jacob, de Moutier-
sur-Saulx : mais comme celui-là n'avait que huit
ans lorsque Jeanne, âgée de dix-sept ans, a
quitté Domrémy, ce n'est guère ce petit garçon
qui peut avoir joué le rôle d'inspirateur de sa
mission ^. Et puis, il faut toujours le répéter,
Jeanne nous déclare formellement qu'elle n'a
parlé de ses visions à aucun homme d'église ^ :
et Ton se demande avec stupeur, en présence de
cette déclaration, comment M. France a pu se
hasarder à inventer cette multitude de « prêtres
et de moines » à qui il prétend que la jeune
fille a révélé son secret.
M. France veut encore que ce soit un prêtre qui, pour encourager Jeanne, ait forgé une soidisant prophétie de Merlin l'Enchanteur : théorie que la critique est forcée de rejeter d'em-