‹ La Jeanne d'Arc de M. Anatole FranceChapitre 34 sur 108 · Procès, vol. I, p · texte numérisé non relu

Procès, vol. I, p

L INSPIRATION CLERICALE DE JEANNE ïi

blée, toujours parce qu'aucun prêtre n'a pu essayer de stimuler, chez Jeanne, une résolution dont elle n'a parlé à personne. Le fait historique est celui-ci : le cousin de Jeanne. Durand Lassois, qui l'a conduite vers Baudricourt, le capitaine de Yaucouleurs, a plus tard déclaré, sous serment, que sa jeune cousine lui avait dit : « Est-ce que vous n'avez pas entendu que la France, ruinée par une femme, devait être restaurée par une Pucelle ' ? » Et nous connaissons fort bien, aussi, la source de cette tradition. Une vingtaine d'années auparavant, une femme, appelée Marie d'Avignon, avait rêvé qu'elle voyait une armure et des armes ; elle avait dit, en rêve, qu'elle était hors d'état de s'en servir, et une voix lui avait répondu que ces objets étaient réservés pour une Vierge qui devait restaurer la France après la ruine de celle-ci par une femme, — par où il faut entendre la reine Isabeau de Bavière, femme du roi fou, Charles VI. Ce rêve, ainsi que d'autres pareils de Marie d'Avignon, s'était largement répandu à travers le royaume, comme nous l'apprend Quicherat ; et nous voyons que la prophétie contenue dans le rêve était parvenue, notamment, jusqu'à

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