Vol. I. p. II
lO L\ JEA>NE D ARC DE M. ANATOLE FRANCE
Jeanne s'en est volontairement tenue à des réponses évasives sur des questions concernant tel ou tel sujet qu'elle était résolue à tenir secret, soit parce que ces sujets étaient sacrés pour elle, se rapportant aux visions et aux voix de ses saints, soit qu'il s'agît du célèbre secret qu'elle avait révélé à son roi, ou bien encore, simplement, parce qu'elle découvrait un piège sous les interrogations deses juges. Dans les occasions de ce genre, — toujours très faciles à distinguer, — ses réponses n'étaient pas d'une « clarté limpide », quoique nous n'ayons pas de peine à en pénétrer le sens : et quant au reste de ses réponses, le jugement de M. France sur elles ressort trop évidemment de la lecture du Procès pour qu'il soit possible à personne de le contester.
Mais, dans ces conditions, comment M. France n'hésite-t-il pas à nous déclarer, dès la page suivante, après avoir loué la limpidité et la franchise ordinaires des réponses de Jeanne, que, « ses hallucinations perpétuelles la mettaient, le plus souvent, hors d'état de distinguer le vrai du faux » ^ ?
S'il en était ainsi, la valeur de ses réponses