I. Procès, vol. 1 pp. /|7() ot suiv
go LA. JEA^ÎNE D ARC DE M. ANATOLE FRANCE
dont jadis, dans une prière secrète, il s'était résigné à la volonté de Dieu. Enfin nous lisons que Jeanne, sur une autre question, répond « qu'elle a constamment sollicité de Dieu le signe, dans ses prières », — c'est-à-dire un gage pouvant convaincre le roi de Tauthenticité de sa mission.
Puis, développant la pleine signification spirituelle et mystique de son allégorie, Jeanne a dit à ses juges : « Cette couronne venait de Dieu, et il n'y a point d'orfèvre au monde qui puisse la façonner si riche et si belle... Elle est d'une odeur exquise, et le restera toujours, aussi longtemps qu'elle sera convenablement gardée » ^ Tout cela est d'une limpidité parfaite : sans aucun doute, Jeanne déploie toute la richesse de son imagination à décrire cette couronne allégorique qu'est la royauté de Charles, couronne non faite de main d'homme, présent de Dieu, merveilleusement parfumée et pouvant durer à travers les temps.
Voilà, en vérité, une allégorie mystique pour le moins aussi subtile que la phrase de Jeanne à Baudricourt sur la remise du royaume en commendc ! Et cependant M. France, qui veut voir