Vol. I, p. /(Oa
cela, elle n'aurait pas été loin d'être bonne prophète : car, après la bataille de Patay, — le 18 juin 1429, six jours avant la Saint-Jean, — le fait est qu'il ne devait pas y avoir « un seul Anglais qui se laissât voir en campagne par la France ». Mais pour prouver que Jeanne avait émis cette prédiction, M. France, avec r« hallucination » qui lui est habituelle dès qu'il aborde les « meilleures sources », citait comme témoignage la copie d'une lettre du 22 avril 1429. Cette lettre contenait bien quatre prophéties de Jeanne, et notamment celle de la blessure, non mortelle, qui devait être causée par une flèche à Orléans : mais, naturellement, la lettre ne conlenait pas la prédiction que M. Franco y avait trouvée!
Dans son édition « corrigée », il a effacé cette fausse référence : mais, toujours suivant son habitude, il a gardé laffirmation que Jeanne avait fait la prétendue prophétie non réalisée. La source invoquée par lui, désormais, est un document (juc lui-même nous dénonce comme « faux, fajjuleux, et imaginaire »'. Ce document sur lequel se fonde M. France est une lettre écrite sans adresse, d'une ville inconnue de l'Allemagne, et