‹ La Jeanne d'Arc de M. Anatole FranceChapitre 86 sur 108 · I. Vol. H, pp. iji-i · texte numérisé non relu

I. Vol. H, pp. iji-i

iiO LA JEANNE D ARC DE M. ANATOLE FRANCE

son épée. Mais elle n'en a pas moins toujours porLé une épée, avant comme après la victoire de ^agny : sur ce point, aucun doute n'est possible pour quiconque a ieté les yeux sur les documents anciens de sa biographie. Ce sont ses voix qui, à Melun, en lui annonçant sa prise imminente. Font décidée à ne plus porter Fépée de Fierbois, par crainte que la vénérable relique tombât, avec elle, aux mains de l'ennemi. Et quant aux brusques changements d'humeur des « extatiques », il n'y a pas l'ombre d'un témoignage pour nous permettre de supposer que Jeanne se soit trouvée jamais dans cet état passif qu'est F « extase », et où Fesprit perd conscience des objets environnants.

« J'ai cherché la vérité sans mollesse, je l'ai rencontrée sans peur »', écrit M. France : car il n'a pas laissé entièrement à ses « bienveillants » critiques la tâche de le louer. Mais la réalité, dans son cas, est toute autre. Ce qu'il a « rencontré sans peur », c'est une perversion inconsciente de la vérité historique. Son édition « corrigée » n'est encore, — je crois l'avoir montré assez clairement, — qu'un mélange de vaines « hallucinations », de contradictions mani-

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