Vol. I, p. m
ffil'il a écrit quelques pages plus haut. Pour ce qui est de Jeanne, nous l'entendons, parfois, répondre à ses juges : « Je ne me souviens pas », ou : «Je ne sais pas ». Mais nous reconnaissons tout de suite que c'est là une manière de dire : « Passez outre ! » Jeanne refusait de répondre à des questions qu'elle jugeait indiscrètes : et cela non point parce qu'elle gardait un « souvenir confus », mais, au contraire, parce qu'elle se rappelait trop bien le caractère secret des choses qu'on aurait voulu lui faire révéler.
Je n'insisterai pas sur l'cfFort de M. France pour réduire à néant la valeur des chroniqueurs français qui nous ont parlé de Jeanne entre i43o et 1470. Gomme tous les autres chroniqueurs anciens, ces auteurs ne doivent être interrogés qu'avec une critique pleine de prudence. Ignorant les procédés modernes de notre histoire scientifique, jamais ils ne ("itent les sources des renseignements qu'ils nous donnent ; et, certes, ni la confusion ni l'erreur ne sont rares chez eux. Mais lorsque M. France nous dit, par exemple, que, dans la chronique de Perceval de Gagny, « la Pucelle est considérée comme opérant par des moyens surnaturels », et que, « ses actes y revêtent un caractère hagiographique qui leur été