‹ La Jeanne d'Arc de M. Anatole FranceChapitre 94 sur 108 · QUELQUES PETITES RECTIFICATIO.XS A LA VIE DE JEANNE D'ARC · texte numérisé non relu

QUELQUES PETITES RECTIFICATIO.XS A LA VIE DE JEANNE D'ARC

ÏO.ME I

I. — Page 29, note i : « S. Luce, Jeanne D'Arc à Domrémy. Preuve LI. » La « preuve LI » ne fait aucune mention de l'impôt « de 220 écus d'or », dont parle >L France.

II. — Page 3o : « Les paysans cachaient leurs chevaux pendant le jour, et se i^elevaient la nuit pour les mener paître. » La source indiquée est : « Procès^ t. I, p. 66 ;). Cette page ne contient aucune allusion à une telle conduite des paysans.

I. Je me suis borné, dans cette liste, à relever quelques passages où les sources citées par M. France ne font aucune mention des faits qu'il prétend y avoir puisés. Mais il y aurait, en outre, à signaler une foule de cas où les sources sont indiquées inexactement. Par exemple, dès la p. i5, du t. I, la note 3 cite le « Procès, t. I, p. 450 » tandis que la source véritable est t. II, p. 187.

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III. — Page 35 : « Elle reconnut l'ange à ses armes, à sa courtoisie et aux belles maximes qui sortaient de sa bouche. »En témoignage de quoi, la note 4 cite le « Procès, t. I, pp. ^3, 93, 173, 2/j8, 249 », Pas une de ces pages ne contient un seul mot qui confirme l'assertion susdite : mais, à la page T74 du t. I, Jeanne dit qu'elle croyait en saint Michel à cause de ses bonuin consiliuin et bona doctrina. En outre, il convient d'observer que M. France, qui cite ici la page ^3 comme preuve que Jeanne a reconnu le saint « à ses armes », cite le même passage, dans la page 278 de son volume II, pour établir que Jeanne « n'avait pas congé de dire » sous quelle forme saint Michel lui apparaissait. Plus loin (p. 293), il écrit : (( Elle avait vu de ses yeux saint Michel, elle le disait, et ne pouvait dire autre chose. » Ce qui est vrai, c'est qu'elle ne voulait pas « dire autre chose » : mais de là résulte que M. France a inventé, sans l'ombre de preuves, tout ce quil a écrit sur la forme sous laquelle Jeanne voyait le saint.

IV. — Page 5G : « Isabelette la blasonnait. » La note 1 cite le « Procès, t. II, p. 4'-^^ ^^ qui ne i)arle de rien de tel.

V. — Page 65 : « Fille de Dieu, tu conduiras le Dauphin à Reims, lui disait Monseigneur saint INIichel. » La note I cite : « Procès, t. I, p. i3o ; t. II, p. 450 ; t. III, p. 3, elpassim. » Aucune de ces trois pages ne contient même le nom de saint Michel.

YI. — Page Cy : « Et il l'encouragea dans sa merveilleuse entreprise.)) La note 1 cite «.Procès, t. II, p. 442.» Vainement j ai cherché la moindre allusion à cela, dans cette page.

VII. — Pages 71, 73. Ici, M. France arrête brusquement un discours de Jeanne (p. 71, ligne 21), et le reprend deux pages plus loin (p. 73, ligne iGj, en omettant le mot très important quia. Cela alin de servir

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la thèse de l'auteur, suivant laquelle Jeanne imiterait un personnage d'une légende datant de la bataille de Poitiers.

VIII. — Page 74 : « Jeanne était en conversation spirituelle avec plusieurs prêtres », dont M. France ne nomme que deux. La note 2 cite : « Procès, t. II, pp. 392-393. )) D'après ce document, l'un des prétendus « prêtres » avait huit ans lorsque Jeanne a quitté Domrémy.

IX. — Page 77 : « Les outrages de la garnison ». La note I cite, comme référence, le « Procès, t. II, p. 53 », — ce qui est évidemment une faute dimpression au lieu de « t. I, p. 53 ». Mais cette page elle-même ne fait aucune mention d' « outrages ». M. France paraît, ici, avoir mal compris une phrase latine.

X. — Page 8j : « Ses parents lui donnèrent tort; elle déclara^ plus tard, que dans cette affaire elle leur avait désobéi. » La note 2 cite le « Procès, t. I, p. 128 », mais cette page ne fait aucune mention de l'ien de pareil. Cf. dans le Procès, t. I, p. 219, une autre erreur du même clerc.

XI. — Page 91:0: Elle fréquentait l'église paroissiale en compagnie de Catherine. » La note 2 cite le Procès, « t. I, pp. Ji et 21 ', ; t. II, pp. 392, 390 et suiv. ». Aucune de ces pages ne mentionne le fait, dont l'unique mention est à la page \\6 du tome II.

XII. — Page 10 1 : « Encore attendaient-ils d'être assurés de l'agrément du Dauphin. » La note 2 cite le 8* compte de Guillaume Charrier, dans « Procès, t. V, pp. 257 et suiv. » Ces pages ne contiennent rien sur le fait susdit.

XIII. — Page 102 : « Enfin un messager royal vint apporter au capitaine de Vaucouleurs la réponse du roi Charles. » La note 5 cite le « Procès, t. II, p. 406, et S. Luce, Jeanne d'Arc à Doinréiny, p. 160, note 6. » Ni

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l'une ni l'autre de ces deux sources ne parlent de la réponse du roi.

XIV. — Page I T 'i : « N'aj^ez crainte n, etc. Dans la i""^ édition, la note i citait le « Procès, t. II, p. 449. » L'édition « corrigée » cite «t. II, 4^8, 4^9»- La source véritable est t. II, pp. 4^7 et 438.

XV. — Page ii5 : « Le capitaine de Vaucouleurs faisait parvenir fréquemment des lettres au Dauphin. » La note 4 citele«P/'ocès, t. II, pp. 40^, A ^'^5 4 'i^, 4^8, 457»- Celles de ces références qui mentionnent le sujet se bornent à nommer le compagnon de Jeanne dans son voj'age à Chinon, Colet de Vienne, comme étant «messager du roi ».

XVI. — Page 116 : « Ils voulaient s'emparer delà jeune fille, la jeter dans une fosse- » La note 2 cite le « Pi-ocès, t. III, p. 293 )), qui ne parle de rien de pareil. Si M. France a voulu dire : « t. III, p. 2o3 », cette page ne contient point, non plus, l'histoire telle qu'il nous l'expose.

XVII. — Page l'y] : (f Eux-mêmes, en lan 1425. » La note I cite le « Procès, t. V, p. 34 1 ». Or, les faits rapportés dans ce passage du religieux de Dunfermline sont de l'année i4'iS, et non pas de l'année 1425. Ce moine, qui affirme être resté auprès de Jeanne « jusqu'au bout w^ déclare qu'elle était « petite et légère de corps ».

XVIII. — Page 167 : « Elle répondait qu'il ne lui en souvenait plus. » La note 2 cite le (( Procès, t. I, p. 5() et 75 ». La page 5G ne fait aucune allusion à l'oubli de Jeanne : mais dans la page 76, l'accusée affirme qu'elle croit (videtiir ei) avoir dit au roi, dans sa lettre de (^binon, qu'elle saurait le reconnaître. On aurait peine à ti-ouver là un exemple de cette « confusi(m » de mémoire (pie lui attribue M. l'rance.

XIX. — Page 181, « Durant les deux jours,... elle vécut recluse agenouillée .» Le note 3 cite le « Pro-

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cè5, t. III, p. io3 ». Aucune mention de ce fait, ni de rien d'approchant, dans la page citée, non plus que dans la précédente.

XX. — Page 192 : « En ce moment même, le Dauphin Charles gardait près de lui, à Chinon, un vieux astrologue normand nommé Pierre, lequel revenait d'Ecosse, oij il était allé chercher Madame Marguerite, fiancée du Dauphin Louis. » Dans la page du Procès (t. V, p. 3^) citée ici, il n'est nullement dit que 1' « astrologue » soit allé chercher, en l'i^g, la princesse IMarguerite, qui n'a été emmenée d'Ecosse qu'en i436.

XXI. — Page 194, note i : « Jeanne cite comme présents la TrémoïUe et l'archevêque de Reims, mais elle cite aussi le duc d'Alençon, qui certainement ne s'y trouvait pas. » Lorsque Jeanne mentionnait la présence de d'Alençon, peut-être ne pensait-elle pas à sa première entrevue avec le roi à Chinon, mais à une entrevue ultérieure, où Charles avait révélé à quelques-uns de ses conseillers le « signe » quelle lui avait donné dès cette première rencontre [Procès, t, I, p. iV^)- Quand elle disait : « Et, quant est de la couronne, plusieurs gens d'église et autres la virent qui ne virent pas l'ange », elle entendait par là que les clercs avaient été instruits de la nature du « signe », encore qu'ils n'eussent pas été présents à l'entrevue où elle l'avait donnée. Cette nature leur avait été révélée plus tard, et avait vaincu, à Poitiers, leur répugnance à la prendre au sérieux : « les clercs cessèrent de l'arguer, quand ils eurent vu ledit signe » (Procès, t. I, p. 121). Je reconnais, cependant, que Jeanne confond ici, — mais tout à fait <à dessein, — les deux faits de sa révélation du signe au roi et de la communication de ce signe à quelques membres du Conseil,

XXII. — Page 19',, (( Jeanne fut introduite par le comte de Vendôme .» La note i cite le « Procès, t. I,

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pp. 79 et 141 », mais ces deux pages ne renferment aucune mention du fait, dont l'unique mention se trouve à la p. io3 du t. III.

XXIII. — Page 197. « Elle demanda qu'on la mît en œuvre, promettant que par elle serait levé le siège d'Orléans .» Pas un mot du siège d'Orléans dans la p. io3 du t. I, du Procès, citée à l'appui.

XXIV. — Page 199. « Peu d'instants après lavoir congédiée, le roi appela le sieur de Gaucourt et quelques autres de son conseil, et leur répéta ce qu'il venait d'entendre... il n'ajouta point qu'elle lui avait révélé un secret connu de lui seul. » La note i cite le a Procès, t. III, p. 17 et 209 f). Cette dei'nière page ne contient aucune mention de Gaucourt, mais nous offre le témoignage de d'Aulon, affirmant que Jeanne « lui (au roi) dit quelques choses secrètes ». Dans la note 2 de la même page, M. France observe que Pasquerel est seul à faire mention de l'aveu par le roi d'une communication secrète de Jeanne. Cela est vrai, mais il convient d'ajouter que l'existence du secret nous est attestée par d'Aulon (Procès, t. III p. 209) par Rotselaer [ibid, t. IV, p. ^26), écrivant à un mois de distance des faits, comme aussi par d'autres contemporains (voyez notamment le Procès, t. V, p. i33, et Morosini, t. III, p. 97, note 2). Au reste, il n'y a pas dans toute l'histoire un fait plus certain que cette communication par Jeanne d'un secret au roi.

XXV. — Page 21', : « Elle crut d'abord qu'on la menait à Orléans » — pendant qu'on la conduisait à Poitiers. Aucune référence n'est citée à l'appui de cette assertion toute fantaisiste, et dont on chercherait vainement une mention dans les sources citées par M. France à l'appui des phrases suivantes de son livre (C/ironiquc de la Pitccllc, p. 275; Journal du siège, p. /,8).

XXVI. — Page 228 : « Elle se représentait ses saintes à la ressemblance des figures taillées et peintes qui peu*

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plaient les églises. » La note i cite le « Procès, t. I, pp. iji, ^2, ^3, 171 », tous passages où Jeanne se refuse obstinément à dire sous quelle forme elle voyait ses Saintes. M. France, d'ailleurs, répète plusieurs fois son assertion, et toujours allègue, à l'appui, des passages qui la contredisent.

XXVII. — Page 235 : « Après un examen qui dura six semaines, les docteurs se déclarèrent édifiés .^) La note i cite le Procès, t. III, pp. 19-20 )) ; mais ce passage nous dit que l'examen a duré environ trois semaines, ce qui n'est pas six. Il est vrai que^ précédemment, Jeanne avait eu déjà à subir les questions de plusieurs clercs.

XXVIII. — Pages i\^i-i\C) -. « Plusieurs religieux choisis... parmi ces moines mendiants. » La note i, cite le « Procès, t. III, p. 82 ». Cette page ne fait aucune allusion aux « moines mendiants » ni aux « religieux » qui hantent 1 imagination de M. France.

XXIX. — Page 264 : « Jeanne y fit mettx'e ce qu'elle appelait le Monde. » La note i, cite le « Procès, t. I, pp. 'j'-j, 179, 23G ». Aucune de ces pages ne fait mention de rien de pareil.

XXX. — Page 29 '( : « Jean d'Aulon vint la rejoindre à Blois. » La note 2 cite le « Procès, t. III, p. 211 » oîi aucune mention n'est faite de cela. Par contre, la page 210 du tome III nous apprend que d'Aulon est venu rejoindre Jeanne d'Arc « à Tours ».

XXXI. — Page 297 (éditions de 1908) : « Cette bannière était blanche; il y avait dessus Jésus en croix entre Xotre Dame et saint Jean. » La note i de ces éditions citait le « Procès, t. I, pp. 78, 117, 181 ». Ces pages nous offrent une description toute différente, et, d ailleurs, ne se rapportent pas à la bannière, mais à l'étendard. Sur l'étendard, on voyait Jésus assis entre deux anges, et non pas « crucifié entre Notre Dame et saint Jean ». Dans son édition de 1909, M. France cite Pasquerel

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[Procès, t. III, p. 104), où nous lisons, en effet, que la « bannière » portait une image du Christ crucifié. Voilà, du moins, un heureux effort de correction, qu'il convient de signaler !

XXXII. — Page 3o5 : « Elle avait dit aux docteurs d'Orléans : Le siège sera levé et la ville affranchie de ses ennemis après que j'en aurai fait sommation de par le roi du ciel ! » A l'appui, la noie i cite la Chronique de Chartier, p. 68, et le Journal du Siège, p. 48. Mais M. France, en réalité, cite simplement sa propre façon d'interpréter le témoignage de Seguin, telle qu'il la donné à la page 233, d'après le Procès, t. III, p. 2o5. Dans ce passage, M. France fait dire à Jeanne : « Le siège sera levé et Orléans délivrée, après que j'en aurai fait sommation de par le roi du ciel. »

XXXIII. — Page 3oG. « Elle voulut se montrer devant le guet de Saint-Jean-le-Blanc. » La note 1 cite le « Procès, t. III, pp. ijS et 214. » Mais cette seconde référence traite d'un événement qui s'est produit une semaine plus tard.

XXXIV. — Page 3io-3ii. « Pensant que ses gens seraient bien confessés, elle consentit à rester. » La note I cite le « Procès, t. III, p. io5 )), où il n'y a pas un mot qui se rapporte à la « confession » des soldats. F^t, d'autre part, nous savons, par la page 78 du tome III que si Jeanne a résisté à laisser repartir ses troupes d'Orléans pour Blois, c'est « parce qu'elle craignait qu'ils ne revinssent pas. » La note 2 de la page 3 10 cite également la Chronique de la Fête, dans le Procès, t. V, p. 'j.SG. Cette page ne fait aucune allusion au sujet.

XXXV. — Page 3iC). L'histoire d'une « révolte des bourgeois », racontée ici comme aj'ant eu lieu en avril i43o, ne trouve aucune référence dans les sources citées.

XXX\ I. — Page 322 : M. France se trompe, dans la

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noie I, en citant le « Procès, t. III, p. io8 ». Ce témoignage se rapporte à un événement ultérieur.

XXXVII. — Page 347 : « Ils se donnèrent, en attendant les autres, l'amusement de détruire la forteresse de Saint- Jean-le-Blanc. » La note 2 cite la Chronique de la Pucelle, p. 290. » Mais, d'après la transcription de la Chronique (dans le Procès), t. IV, p. 11^, c'est Glacidas « qui fil ardoir la Bastide de Saint-Jean-le-Blanc. »

XXXVIII. — Pages 352-'35'j : «Ils appelaient la Pucelle à grands cris pour secourir le peuple abandonné, trahi, vendu. » La note i, dans la première édition, citait trois références, dont deux ont été effacées. La troisième, la page 292 de la Chronique de la Pucelle, dit seulement que « par l'accord et consentement des bourgeois d'Orléans, mais contre l'opinion de tous les chefs et capitaines qui étaient là de par le roi, la Pucelle se partit à tout son effort", et passa Loire ». Il est très difficile de découvrir si les capitaines se sont ou non opposés à l'effort décisif de Jeanne le 7 mai i j29, c'est-à-dire à l'attaque des Tourelles. La Chronique de V Etablissement de la Fête (^Procès, t. V, p. 293) dit que les bourgeois ont prié Jeanne de tenter l'assaut, et que les seigneurs sont allés avec elle.

XXXIX. — Page 359 : « Elle n'entendait bien les voix que dans la solitude, au tintement des cloches lointaines, et dans les sons légers et rythmés qui montent, le soir, des champs et des prairies. » La vérité est que Jeanne entendait fort bien ses voix, et leur obéissait, même lorsqu'elle n'était pas seule, ni dans les champs, mais, par exemple, sur son échafaud, et pendant qu'elle écoutait non moins attenlivement les sermons d'Krard, le jour de son abjuration (Procès^ t. I, p. 4'>7)- ^'^ note 3, à l'appui de l'assertion ci-dessus, cite le v Procès, t. I, pp. 52, 62, i53, 480, et t. II, pp. /|2o, fii\ ». Ces deux dernières pages ne font aucune mention des voix. Dans la page 52 du tome I,

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Jeanne dit à ses juges que, si elle était dans un bois (au lieu de se trouver parmi les rumeurs du tribunal), elle entendrait mieux ses voix lui arriver. Dans les pages Gi et 62, elle dit que, trois fois durant un certain jour, elle a entendu ses voix (Semel in mane, semel in vesperis, et tertia vice ciim pulsaretur pro Ave Maria), et que, la veille encore, une voix l'a tirée de son sommeil dans sa cellule, qui était toute pleine de bi'uyants soldats anglais. Dans la page i53, elle dit que « le tumulte et le bruit de la prison et de ses gardes l'ont quelquefois empêchée de bien comprendre ce que lui disait sainte Catherine. » Enfin l'unique autre mention de ce sujet se trouve dans l'informe relation posthume du dernier jour de sa vie : « Elle disait qu'elle avait surtout entendu ses voix à l'heure de complies, quand les cloches sonnent, et puis aussi quand elles sonnent le soir. )> ]\Iais nous avons de nombreux témoignages de circonstances où, par exemple sur le pont d'Orléans, sur l'échafaud, devant ses juges, et en prison, elle a entendu ses voix, sauf à percevoir moins distinctement leurs paroles lorsque les soldats faisaient grand tapage, et que ses juges vociféraient. D'où il suit que ses voix ne dépendaient nullement de « points de repère » tels que ceux que lui donnaient le son des cloches ou le murmure des feuilles dans un bois.

XL. — Page jGG : « On avait vu, dans le ciel, planer sur les Tourelles, au moment de l'assaut, deux évoques resplendissants de lumière. » La note 3 cite]« la C/ironifjue de la Pucelle, p. 295, et le Journal du Siège ». Aucune de ces deux sources, telles que je les ai trouvées réimprimées dans le Procès, ne fait la moindre mention de cette singulière histoire.

XLL — Page 'i'j'i : « Le roi l'embrassa ». La note > cite : « Windecke, p. 177 » ; mais cet auteur écrit seulement : « Le peuple pensa qu'il l'aurait embrassée, à force de joie. » [Procès, t. IV, p. '197.)

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XLII. — Page 388 : « Le Bâtai'd alla sur Jargeau avec un peu de chevalerie et des routiers de Polon. » La note \ cite la Chronique d'Orléans et la Chronique de la Pucelle. Cette dernière, — dans le Procès^ — ne dit absolument rien de l'échec de Jargeau, mais le Journal, d'autre part, prouve que l'affaire a eu lieu avec beaucoup plus de troupes que « le peu de chevalerie et les routiers de Poton ». Nous voyons, en effet, que l'expédition a eu pour chefs « le Bâtard d'Orléans, le maréchal-Saintc- Sévère, le seigneur de Graville, le seigneur de Courraze, Poton de Saintes-Trailles, et plusieurs auti'es chevaliers, écuyers et gens de guerre dont il y en avait partie portant guisarmes, là venus de Bourges, Tours, Angiers, Blois, et autres bonnes villes w. Mais Jeanne était absente, et cette nombreuse troupe échoua pitoyablement, de même qu'à Paris, étant arrêtée, dans les deux cas, par la profondeur des fossés pleins d'eau. {Procès, t. IV, p. 167.)

XLIII. — Page 4o5 : « Elle était entourée de moines mendiants. » La note i cite le « Procès, t. V, pp. 106, 107 ». Ces pages n'ont pas un seul mot relatif à des « moines mendiants ».

XLIV. — Page 410 : « Les Anglais demandaient... », La note i cite le « Procès, t. I, p. gj ». Cette page ne contient absolument rien qui se rapporte au sujet.

XLV. — Page 4^5 : « Les gens du commun en réclamaient leur part. » La note i cite le Journal du Sièi^e d'Orléans, qui, dans le Procès, tome IV, ne fait aucune mention des « gens du commun », ni des nobles.

XLVL — Page 42$ : a II avait passé la Loire. » La note 3 renvoie au « Procès, t. III, p. 3i5, 3 16 » : ces pages ne contiennent rien de tel. Deux autres références inexactes ont été corrigées en cet endroit : mais celle-là se trouve maintenue.

XLVII. — Page 434 • « L'armée de Charles, forte de douze mille hommes. » La note 3 cite, à côté d'autres

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sources fort peu sûres, la « Lettre de Charles VII à la i^ille de Tours, dans le Procès, t. V, pp. 262-26^ ». Si celle référence était exacte, ce serait là un témoignage des plus importants : mais le résumé de la lettre royale, dans les pages susdites du Procès, ne dit pas un mot de la force numérique de larmée française à Patay.

XLVIII. — Page 4^1 : « Le Régent, tenant la capitale pour déjà prise, s'enferma dans la bastille de Vincennes. » La note i cite la Chronique de la Pucelle, p. 291, qui ne se rapporte pas à ces circonstances, et « Fauquembergue, dans le Procès, t. IV, p. 'j5i », page où il n'est nullement question de Vincennes.

XLIX. — Page jj;2 : « Dans un de ses rêves, elle avait donné naguère une couronne éblouissante à son roi ». La note 3 cite le « Procès, t. I, p. 91 ». Dans ce passage, Jeanne ne dit pas un mot d'une couronne donnée par elle à son roi, et ne dit pas non plus, comme l'assure ^L France, (ju'elle « s'attendait à ce que cette couronne fût apportée dans l'église par des messagers célestes ». Tout cela est simplement un « rêve » de l'imagination du nouveau biographe.

L. — Page 5j/( : « Jeanne se vantait d'avoir donné au Dauphin^ à Chinon, une couronne précieuse. » La note I de la page 555 cite de nouveau, à l'appui, la page 91 du tome I du Procès, où ion ne trouve aucune mention de celte « vanterie » de Jeanne. jMais M. France s'obsline à répéter cette invention de son cru, pour nous prouver que Jeanne, « dans son état d hallucination », était « incapable de reconnaître le vi"ai du faux ».

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