I. Vol. I, p
en I ',56 le confesseur de Jeanne, Pasquerel : « Je te dis, de la part de Messire, que tu es vrai héritier de Frahce, et fils de roi ^ » ! A quoi M. France ajoute : « Ce qui est certain, c'est que les Armagnacs en tirèrent bientôt un miracle en faveur de la maison des Lys. On prétendit que ces paroles... correspondaient cà une secrète et cruelle inquiétude du roi... », c'est-à-dire sa crainte de n'être que le fruit d'un amour adultère de sa mère. « On assura, continue M. France, qu'à la révélation qu'il était vrai héritier de France, son visage avait resplendi de joie » -. A l'appui de cette dernière phrase, les sources citées sont le Procès, t. III, p. ii6, et le livre de Siméon Luce, Jeanne d'Arc à Domréniy, p. LXI. Cette seconde source ne fait aucune mention des paroles de Jeanne au roi ; la première, dans une déposition de Simon Charles, ne dit rien de la nature des paroles prononcées par la jeune fille.^ Le témoin déclare seulement qu'elle « a longuement parlé au roi, et que celui-ci, l'ayant entendue, a paru tout joyeux ». Plus loin, M. France me semble ne pas s'être rendu un compte bien exact de l'importance réelle des faits de la question. « Pasquerel, écrit-il, est seul à dire que Jeanne a révélé au roi un secret qui n'était connu que de lui »3. Le point essentiel, en effet, n'est pas que Jeanne ait dit à son roi qu'il était le fils légitime de Charles \i, — car son opinion sur ce point, en soi-même, ne pouvait être de nulle valeur pour le roi, — mais bien qu'elle lui ait révélé un secret. Or, la réalité de cette révélation ne nous est pas affirmée seulement par Pasquerel, bien que celui-ci seul nous dise que le roi a fait part de cette révélation aux assistants. Au contraire, un grand nombre de témoignages contemporains s'accordent à nous attester
I, Procès, vol. III, p. io3.
a. Vol. I, p. 198.