Vol. I, p. 199. note
cette réalité. Il y a d abord une lettre écrite de Lyon par Rotselaer, le 22 avril 1429 : un y lit que, en plus des trois prophéties qui se sont réalisées, Jeanne a dit au roi « maintes autres choses que celui-ci tint secrètes dans son cœur » ^. En juillet 14:^9, Alain Chartier écint ; « Le roi a fait appeler Jeanne en sa présence, et la écoutée attentivement. Personne ne sait ce qu'il a dit, mais il a été évident que le roi a été rempli dune émotion non petite, comme si c était 1 effet de l'Esprit » -. Ceci correspondrait au témoignage déjà cité de Simon Charles, sur la joie du roi en entendant le secret de Jeanne^. DAulon, lui aussi, nous dit : a Elle lui disait aucunes choses secrètes ; quelles, je ne scay » *. Ainsi nous avons maintes preuves que Jeanne a dit un secret au roi; et Pasquerel ne diffère du reste des témoins quen ajoutant que le roi a dit aux assistants que Jeanne « lui avait communiqué des secrets connus seulement de lui-même et de Dieu ». D'où nous pouvons conclure, une fois de plus, que cette communication a ému le jeune roi : ce qui, certes, n'aurait pas eu lieu si la Pucelle lui avait révélé un secret sans importance !
M. France poursuit : « Si vraiment des doutes pénibles tourmentaient le roi, comment croire qu'il s'en délivra sur le dire dune jeune lille dont il ne savait encore si elle était sage ou folle, ni si, même, elle ne lui était pas envoyée de ses ennemis?... La première pensée qui devait venir à son esprit, c'est que des clercs avaient endoctriné la jeune fille. » Oui, cela est bien certain : et, par conséquent, il faut que Jeanne ait dit au roi des secrets que iml « clerc w ne pouvait connaître. S il u en avait pas