La Jérusalem délivrée, suivie de L'Aminte
Écrite et publiée en 1840, re'imprimée en 1845, puis en 1849, celte traduction de la Jérusalem délivrée se réimprime de nouveau en 1865. Ces éditions successives, tirées à un grand nombre d'exemplaires, prouvent uniquement à nos yeux la popularité dont jouit en France le beau génie du Tasse. Mais ceux qui, ne lisant pas le texte original, ne connaissaient le poëte de Ferrare que j)ar plusieurs traductions trop répandues jusqu'alors, en pouvaient-ils avoir une juste idée ? Celle de Lebrun surtout, en possession depuis 1774 de la faveur publique, n'estelle pas beaucoup moins une interprétation fidèle qu'un travestissement pompeux? Pour quiconque a le moindre sentiment des nuances poétiques, ce n'est pas une question susceptible de controverse. Par quelle aberration de goût M. de Lamartine, parlant, dans les Confidences, de cette traduction qui l'avait charmé tout enfant, est-il donc venu à dire que la Jérusalem de Lebrun était « épurée par le goût exquis du traducteur de ces taches éclatantes d'affectation et de faux brillant qui souillent quelquefois la mâle simplicité du récit du Tasse? » C'est précisément le contraire, il nous semble. Toutes les métaphores ronflantes, toute la fausse élégance du style fané de son époque, le traducteur en a plaqué les stances du poëte. S'il rencontre df>n? l'italien (pour cit^r un seul trait) ces mots sansempuase: