DAPHNÉ, SYLVIE, LE CHOEUR
DAPHNÉ
fuisse le vent dissiper , avec la triste nouvelle qui s'était sur toi répandue, tes maux présents et futurs ! Tu es vivante el sauve, Dieu soit loué ! Et moi qui te tenais pour morte, d'après le récit que m'avait fait Nérine ! Ah ! que n'a-t-elle été nuette, ou qu'un autre n'a-t-il été sourd !
SYLVIE
Certes, mon danger a été grand, et Nérine a eu bien raison de me croire morte.
DAPHNÉ
Mais non de le dire. Raconte-moi ce péril et comment tu l'as fui.
SYLVIE
En poursuivant un loup, je m'enfonçai au plus profond du bois, où j'en perdis les traces. Mais, tandis que je cherche à retourner sur mes pas, je le vois et le reconnais à un dard que je lui avais fixé près de l'oreille. Je le vois avec une troupe de loups entourant la dépouille d'un animal récemment tué, mais dont je ne distinguai pas bien la forme. Le loup me reconnaît, je crois, et vient à ma rencontre, la gueule toute sanglante. Je l'attends intrépide, un dard en main. Tu sais si je suis habile à frapper, et si jamais je porte un faux coup. Quand je le vois si proche, que je puisse l'atteindre, je lance, mais en vain, le trait; soit hasard, soit maladresse, au lieu de l'animal, j'atteins un arbre. 11 s'avance alors plus furieux sur moi. Le voyant si pioche, j'estime inutile l'usage de mon arc, et, n'ayant pas d'autres armes, je recours à la fuite. Je fuis , mais il ne laisse pas de me poursuivre. Or, vois la fatalité ; un voile dont j'avais enroulé mes cheveux se déploie en partie, et, voltigeant.