ACTE V
doute, notie douleur se tempéra. Alors Tivcis me conta les chagrins amoureux du pauvre berger. Noms tentions tous les moyens de le rappeler à la vie ; déjà nous avions fait avertir Alphésibée, à qui Apollon enseigna la médecine lorsqu'il m'enseignait le cistre et la lyre, quand aiTivèrent ensemble Daphné et Sylvie, cherchant, comme elles nous l'appurent ensuite, ce corps qu'elles croyaient sans vie. Mais Sylvie, dès qu'elle reconnaît Aminte, les joues si décolorées, que la violette n'a point de plus douce pâleur, et qu'elle le voit si languissant, qu'il semble rendre l'âme en ses derniers soupirs, alors, criant comme une bacchante, elle frappe son beau sein, et se laisse tomber sur le corps gisant d'Aminte, le visêige sur le sien, et la bouche sur la sienne.
LE CHOEUR
La honte ne la retint donc pas, elle si austère et si hautaine?
ELPIN.
La honte retient le faible amour, mais c'est un frein débile à l'amour puissant. Ensuite, comme si ses yeux se fussent changés en fontaine, elle arrosa de ses pleurs le froid visage, et telle était la vertu de ces larmes, qu'il revint à la vie. En ouvrant les yeux, il poussa du fond de sa poitrine un amer soupir; mais, sorti douloureux de son cœur, ce soupir, rencontrant celui de son amante, fut recueilli par ses lèvres suaves et soudain adouci. — Qui pourrait dire l'ivresse de leurs embrassements ! Sylvie certaine de la vie de son amant, Aminte assuré de l'amour de sa nymphe. Que celui-là qui aime en juge par lui-même, mais cela ne se peut redire.
LE CHCEUR.
Les jours d'Ammte sont-ils hors de danger ?
ELPlN.
Oui, sauf qu'il a le visageun peu meurtri et le corps froissé ; mais il n'en tient lui-même aucun compte. Heureux d'avoir donné une si grande preuve d'amour, et d'en goûter aujourd'hui la douce récompense, les soucis et les périls lui font
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plus cher son bonheur. Mais Dieu vous garde ; pour iPci, }t poursuis man chemin, et vais trouver Montan.
LE r.HOEUR.
J'ignore si Famertume que ce berger a trouvée dans son amour, ses pleurs et !?on désespoir, est pleinement radoucie par sa joie présente, mais le bonheur devient plus cher et se goûte mieux après la douleur. Je ne te demande pas, Amour, cette grande félicité. Comble les antres de la sorte ; mais que ma nymphe m'agrée sans de longue" prières et sans un long esclavage, et que les stimulants de nos amours soient do douces colères et non pas de si cruels tourments.