La Jérusalem délivrée
^.S3^m"Î"aÎ^ "*^'î»î'^- ™p»»« par Biaise de Vig«Qèw» erpréte qui voulut iBoalrer ^ wiDineat avait été délivrée kk
le, que de hwluctioiu n'ont iqu'au travail de Lebrun, ^n beau poème! Mais ua fait le, de toutes ces tradoctioRa, lie eiacle, qui fasse connaîtra à Bot el même la pensé» in-
* D>M l'appendice pUci en tttc de 1i Indaction de Lebrun, «dltion de 1813. M. Smrd dit qse k tnvail de Vigenire t Hé perds el qa'oa n'en eoomH plu qne le titre. Cela e*l insaid: la Bibliothèque royale en possède un exemplaire, imprimé à Paris en 1610, cbei A . du Bmeil. m wuml SaM-Hilaire. r«« tEtntH. d/#CoroMW,col. Y.358S.
lime du poêle. A prendre les deux extrémités de ces travaux, le bon Yigenère et le traducteur Lebrun» que trouvons-nous dans leur œuvre? Le pre*» mier, empreint des mœurs de son temps, de la renaissance de toutes choses, de .cet esprit mélangé de moyen âge et d'antiquité païenne, s'est jeté dans d'incessantes digressions ; il aime à développer à sa manière les idées du poète; il fait de la mythologie, de l'histoire naturelle, de l'alchimie; il ne croit pas le Tasse assez intéressant pour la génération; il l'explique et le commente.
Un autre esprit domine Lebrun, qui écrivait à une époque de vie élégante et philosophique ; il a revêtu la Jérusalem délivrée, non point des couleurs dont le poète s'était servi, mais des idées du xviii® siècle. Lebrun n'a pas compris que le Tasse parlait des pieux Croisés, dont il partageait les convictions et la croyance, car le poète qui chantait les pèlerins était lui-même sous l'empire de la pensée religieuse. Ceci a entraîné Lebrun dans une fausse route. De là son dédain pour toute expression puisée dans la chronique : le mot pèlerin lui a paru vulgaire; la désignation de Païens ^, que le Tasse applique aux InGdèles, lui a semblé mauvaise ; le nom de Jérusalem appartenait à une géographie trop simple ; Lebrun a préféré les poétiques changements de Voltaire ; sous
* Voyez la note 3 da chant YI, page 131 de ce volume.
sa plume, Jérusalem, c'est SoUme; les pèlerins deviennent les kéras, les Pagani du Tasse les Musulmans; et» au besoin, il ferait de Soliman une espèce d'Orosmane : tant Tadmirable Zatr^a fait impression sur le traducteur !
De là aussi ces fréquentes inCdélités, ces phrases redondantes, ces développements que Ton ne trouve pas dans le Tasse. Si le vieux Biaise de Vigenère pèche par trop de naïveté, par une admiration trop profonde, Lebrun a le tort, de son côté, de donner du brillant encore à un poème si brillant déjik par lui-même. Ce que nous reprochons à Lebrun, ce n'est pas d^avoir fait une œuvre médiocre, mais d'avoir accompli autre chose qu'une traduction fidèle de la Jérusalem délivrée, avec ses pieuses expressions et les souvenirs de la croisade^.
* Il y a, au sojct de la Iradaction de Lebnin, one anecdote peu connue. Lorsque, consul de la République française, Lebrun siégeait à odiè de Bonaparte, la conversation s'engagea un soir, dans le brillant salon de Saint-Cloud, sur la Jinualem délivrée, « Il me semble, Lebrun, dit le premier consul à son collègue, que vous n'auriei pas dû commencer ainsi : « Je chante la guerre sainte et le héros qui délivra le tombeau de Jésus-Christ. » Il y aurait eu plus d'exactitude si vous aviez mis : « Je chante les pieux combats et le guerrier, etc. » Bonaparte, on le sait, possédait à fond la langue italienne; il la parlait avec tonte la facilité et la verve que lui donnaient ses souvenirs d'enfance. Lebrun reconnut la justesse de cette observation, et, quelques mois après, parut une nouvelle * édition de son travail avec la variante du premier consul. Telle est la cause du changement qui existe dans les éditions de Lebrun antérieures à 1803 et dans celles qui suivirent cette époque.
*> ml:m^: repnxli*. ii<>us redresserons à bieo des lr^'J'jf:f-'irs ijiii n'oiil pas éludi*^ la merveilleuse t-,\ft\pt:K -, \(^ Inductions |HjlluleQl, el c'est uoe des pbie!> des grdndes œuvres du géoie, d'élrc soumises â r|.- r.tîiUiins esprits qui ne peuvent jamais s'élever jusqu'à elles.
expliquons le but de cette nouvelle traduction. On u'\ [leut se le dissimuler, il s'opère en ce rooint-'iil une transformation dans tous les qrts; on veiil lii vérité technique; bonne ou mauvaise, on Va viiut : On ne demande d'autre vêtement que le l'iisiuiiit! naturel de chaque œuvre. Pourquoi la Iriidurliun ne subîrait-elle pas cette destlDée?pouri|ni<i lit- IKis reproduire le sens de l'original mot k mitl, .|ii;ind on possède une langue aussi flexible que l.i l.int^iu' rran<,-^iisc?
\\ \\ r.mt'kouoke et Framery lenlèrent, sur la On ilii iK-niicr sièrio, un essai imparfait de traduction lilti'i'iili'. Il« uiri-oni le texte en regard, et imitèrent h>ll«iuom los fornifs de la poésie italienne, que leur icn ;)il lui iuiulolligible, leur style presque barbare. 1\iiili'-> I*'!' I^'i^ '!"*' '^ dilliculté était trop grande, •.s> imv>unii> ;«\;u<'iil cvpii' textuellement Lebrun, M l\ai wi l*' iJii^disjinicieux uiébuge d'une pbrase \K'^<M>u- vvusuo i I.VU' d uu idiome à peine lisible. I • t oso .» t'iaivitit-tU îuipirf quelques tuduc- K-tu-* .■' ^'■''^ Mrcl-^' a^J'' ^" Mille jn^tir ioteriwv^v. Iv »*--■*■ * '-' ^ lîJOui^Loraiiaa. U succès
couronna cette tentative; mais les deux langues aont trop difiërentes pour qu'on puisse en identifier les prosodies. H. Baour-Lormiao ne pouvait aller au deli du possible : les exigences de la rime française ne lui permettaient pas de rendre textuellenient la Jérusalem délivrée. M. Baour-Lormian est resté: poêle : a*t^ii élé aussi heureux comme traducteur?
Si notre traduction a quelque mérite, c'est d'avoir vaincu la difficulté d'un mot à mot que notre langue puisse avouer. Nous avons voulu faire connaître U Jérumlem délivrée, ses pieuses émotions, les senti-* monts des pèlerins, et l'esprit du xvi« siècle dans lequel le poème fut conçu. Nms nous sommée identifié avec le Tasse, nous avons vécu avee so» cBuvre, et lorsque nous avons eu lé bdnbeur de la réproduire, ndns nous sommes elbcé pour laisser rayoïiner toute la beauté de l'original .
La heufe liberté que nous nous soyons permise, les bons esprits la comprendront. Lie xvi* siècle est «ne époque de naïf larigage ; les poêles italiens avaient enapruiité aux trouvères et aux troubadours des expressions souvent licencieuses. Le Tasse est, eeries^ le plus ^aate des auteurs eontemporains, c(iiànd on le compare surtout au Boiardo et a l'Ariclste : il a néanmoins cdnservé des lableauA que l'ea iie peut toujours traduire dans le sens abeoki du mot à mot« Nous aVons pensé que. IravaiUaAt pedr la jeune génération et voulant prépa-
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Tcr un ouvrage que tout le monde pût lire, il fallait s'efforcer, en conservant la ûdélité du texte, de voiler les descriptions trop hardies. Ce but moral, nous osons l'espérer, méritera les suffrages de ceux qui protègent les mœurs de la jeunesse et la sévérité de l'éducation.
Nous* appelons l'attention du lecteur sur les notes multipliées que contient ce volume : il a paru curieux de placer l'histoire en face de la poésie, et la vérité des chroniques de la Croisade en regard d'un poème destiné à chanter les Croisés. Le Tasse est historien plus qu'on ne le croit, et cela explique l'union qui s'est toujours produite entre le Tasse et les hommes supérieurs qui ont écrit sur les Croisades. Ainsi, toutes les fois que M. de Chateaubriand a parlé des saints lieux, il s'est insfûré du Tasse, et l'éminent historien des Croisades, M. Michaud, n'a-t-il pas été aussi bon poète que chroniqueur exact? Ne pourrait -on pas dire qu'il y a autant de poésie dans le beau tra^'ail historique de M. Michaud que d'histoire dans la magnifique poé* sie du Tasse? ^
On nous demandera peut-être, comment, traduc** teur textuel du Tasse, nous n'avons pas suivi la forme adoptée par le poète, c'est-à-dire traduit la Jérusalem strophes par strophes. A ceci nous devons une réponse simple. La poésie italienne permettant de couper le sens d'une strophe à l'autre,