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nous aurions élé obligé de suspendre souvent le lecteur et de fractionner la phrase. Nous n'avons jamais prétendu rendre les formes matérielles spéciales i chaque langue et a chaque prosodie, mais la pensée et l'expression qui appartiennent à tous les temps et à toutes les sociétés. Comparez avec le texte la traduction de Lebrun, et voyez combien de fois, en homme de goût, Lebrun a réuni ou divisé les strophes pour ne point tomber dans le ridicule. Nous n'espérons pas avoir fait connaître toutes les beautés de la Geruuilemme Uberata, mais enfin nous avons tâché d'atteindre un double résultat d'exactitude et de moralité, en effaçant bien des défauts que Ton trouvait dans les traductions antérieures. Nous avons révélé les pieux sentiments du poète, son époque tout entière, et les grandes expéditions dont le Tasse voulut rappeler le souvenir. Désormais la jeune génération pourra lire ce merveilleux poème. Distraire sans corrompre, voilà le but que se propose l'éducation publique, et c'est le plus beau succès auquel notre traduction puisse prétendre.
OBSÏllTATION fef feRRATA.
Le Taste» tu parUit de Sopbronie, « employé ces moU : vrgkiê ara- . . di già matura verginità. Cominent interpréter ces expressions quand on lit le touchant épiaoda d*01f ndé et Soplironté)échange de détbiiemént, d'amour et de naïves pensées? Devions- nous suivre en cette circonstance la traduction technique et matérielle de vierge mdre, c*est-àdite» avancée dans la vie? Ne fallait-Il paa prendre les paroles* dn TàiM dans le sens moral, et supposer que Sophronie était h cet âge où, tous te ciel de l'Orient, les sentiments exaltés laissent une empreinte profonde? On a dit qu'il s'agissait de la princesse Léonore, qui avait déj^ trente ans ; avouons alors que la galanterie du poète amoureux eût été en défaut, et peut-on s'imaginer qu'il ait voulu donner à l'objet de ia paasion l'épithéte de vieille fille ?
figm-
lUêuâBU grande et Injtiste proie, Usai leur grande et tnjnste pfoté.
brillaU dé)à à l'Orient,
bHIlalt à rOrlenl.
formant le cercle.
forment le cercle.
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pour découvrir le pa|S»
afin dé découvrir iè pafi.
afin de faciliter,
pour faciUter.
Si,
la veut seule.
la veut seul.
chroniques ftain^lses.
chroHtqnea de la eroltido^
couverts d'opprobres,
couvertes d'opprobres.
bucoliques,
Géorgiques.
aoi.
rb parler.
parler encore.
superjacta.
8uper|ecta.
tsi.
tacttk.
lacd.
incendlarura.
Inceodiarlilm.
tfvi^xov et Mvx^iob;,
Mv)<^ixov et MTi^etac.
se refuse d'adoucir.
refuse d'adoucir.'
conservent ia vigueur.
conservent la vivacité.
assaillit.
assaille.
toeqtjàto TàSSO<
La grande époque de la renaisMiice te lerail |NH|r Tf urope ; on ëtail à ceUe période de transilioa qui, ite moyen âge« passait au Icinpa modernes, période féconde et remarquable où les œuvres du génie reçureni lu^ si yivç impulsien. Le moyen Ige avait été une ère de croyapçesi de lé{(eodes, de romans el de chroniques ; la renaissance fut spécialemeni empreinte de l'esprit d'imitation et de recherclies ; on copia partout Tantiquité, elle devint le type de tous les travaux.
Le Tasse appartient essentiellement à cette époque ; c'eçt peut-être le génie qui en a le mieux reproduit la tendance ; sa Jérusalem délivrie est un mélange d'antiquité profane et des croyances du christianisme ; il y 9 tout à la fois étude de l'art, tel que les anciens le comprenaient, imitation du podme épique, tel que l'entendaient la Grèce et Rome ; puis enfin, connaissance profonde de la chronique et des mœurs chevaleresques. La charpente de son éix>pée est antique, c*est la méthode d'Homère et de Virgile ; mais Tesprit, la poésie et l'expression surtout sont puisés dans les pieuses émotions des pè-
nûe pour m lypographie dirigée par les Aide Maniuio élait alors europëennet et Tod •ccourait de tous les points du continent ponr y suivre !• correction des premiers li- Très de la renaissance. Le Tasse vint ensuite à Padooe s'initier au droit civil et au droit canon, sous le célèbre Pancirole, l'érudit qui avait commenté les Pandectes et expliqué Thistoire des empereurs.
Au milieu de ses études sérieuses, quand son esprit était préoccupé des codes Justinien et Théodosien, le Tasse, fc dix-huit ans, publia son poème de RintMo ou de Renaud, le courageux paladin du cycle des romans de Gharlemague, ce Renaud de Montauban, avec sa flamberge et son bon cheval Rayard chantés par les chroniques de Tarchevéque Turpin. Le JttnaUo du Tasse est une osu» vre d'étonnante imagination , où la poésie revêt de ses formes brillantes les merveUleux récits de Turpin et des romans de chevalerie. Aussi ce travail iit une grande sensation, et déjà le nom de son auteurdevint retenti^isant '.
A cette même époque, le Tasse conçut l'idée de son poème de la Gerusalemme^on plutôt desonG oj|r€do,comme il le nomma d'abord. Pour expliquer ce sujet, il faut se rappeler que l'esprit des croisades se réveilla au xvi* siècledans tonte sa ferveur; les Turcs avaient débordé sur l'Europe, Gnistantinople était au pouvoir des Infidèles ; les Rarbaresques parcouraient la Méditerranée, les armées du croissant dévastaient la Hongrie ; on ne parlait que des dangers imminents de la chrétienté ; les papes élevaient leur voix puissante, et la ligue protestante de Smalkade même avait appelé la chevalerie allemande à ce grand œuvre de la délivrance de l'Europe. Qui ne sait que sans la bataille de Lépante, l'Italie eût été ravagée par les Rarbares ?
Ce fut dans ces préoccupations que le Tasse entreprit son poème sur la croisade, dont le but est de rappeler au peuple chrétien les jours de victoire ou l'islamisme fut attaqué jusque dans Jérusalem ; l'œuvre du Tasse est une
^j TOBiQ6ATO XASSO.
ékMfiieBie prëdicatiM poop engager tons les Fidèles à f 'utinr contre le Turc ; c'esl ce qui résalte de plus d*an passage que nous avons eu soin de signaler dans les noies. El s'il était besoin de pins grandes preuves, nous pourrions citer la lettre du po6te à Horace LombardelU qui critiquait le titre de Jérusalem déihrée : ce titre n*exciteratt-il pas les moqueries des Musulmans, redevenus maîtres de la ville sainle ? « L'objection m'inquiète peu , répondit le Tasse, parce qu'il me semble que des raiUeries capables d'irriter U g^éreux courroux des Chrétiens ne sont pas inutiles. J*ajouterai que ces railleries ne seraient point raisonnables, car les Chrétiens ont délivré la Cité sainte avec une telle efifiision du sang des Sarrasins, que ceux-ci n'ont pas sujet de se moquer * . x>
La réputation du Tasse grandissait ; bientôt il se rendft à Ferrare. L'habitude de ces tempsétait que chaque grande race eût des gens de lettres, des artistes à son service, comme on avait des gentilshommes ; le moyen Age avaH créé ces liens de domesticité dans toute ia hiérarchie, depuis le baron qui servait le roi dans les festins d'honneur, jusqu'au troubadour qui chantait ses batailles et ses bons eoiqia d'épée. Le Tasse fut (H^ésenté par le cardinal Louis d'Esté au duc Alphonse, quelques jours avant les noces de ce prince avec une archiduchesse d'Autriche ; les (êtes du mariage, ces joutes, ces carrousels où Ton se disputait à lance émoulue le prix de la beauté, frappèrent Timagination du jeune poCte ; Tauteur du Rinaldo put justement se complaire au milieu des tournois qui reproduisaient les cours plénières de Charleraagne, le grand empereur.
A la cour de Ferrare, le Tasse vit la princesse Léonore, sœur du duc Alphonse. Une légende d'amour a raconté
• . Qifel che.r. S. suggiunga appresso, cht 'l Moto pargtrehhe màùtrig éi scherno, non mi muoi'e molto, perche mi par che niuna scherna vke poss^ ùrtiûre il generoso sdegno ie* Christiani sia inutiU. Oltredicih non é ragionet'ole h sfhfitno, ptrchè i Chriiliani ferameute U rac^uiêlarono con tanto sgngut di Sarûcini, che non hanno di che schernirci. » Tom. v des Œuvres du Tasse, Firente, 47J4, în-P». Letter» postiche, »«»• 4», 43.
1544-1595. Yiij
qœ le Tasse aima Lëonore et qae ses seRiimenls farent partagés par la princesse ; cette légende platt toujours dans la rie d*nn poète, parce qu'elle suppose Fégalité entre la naissance et le génie, elle élève la condition du talent. IKscuterons-nous cette question si longtemps agitée : le Tasse fut-41 heureux en ses amours * ? Esprit essentiellement chevaleresque, nourri de la lecture de toutes les productions des troubadours et des trouvères, il a pu prendre sans doute une dame de ses pensées, objet de ses vœux et de ses adorations ; le Tasse célèbre Léonore dans tous ses vers, il la place dans tous ses chants ^. La Jérusalem même s'empreint de ce culte poétique ; le personnage de Sophronie fut le symbole de Léonore de Ferrare, et les lamentations d^Olinde ne sont que l'expression des désirs chastes et timides du poète.
Le Tasse avait vingt-six ans lorsqu'il partit à la suite du cardinal Louis d'Esté, chargé d'une mission du souverain pontife auprès du roi de France^. Depuis la publication du RinaUo^ la réputation du poète retentissait même à la cour du Louvre; Charles IX, qui régnait alors, accueillit le Tasse avec distinction. Ce prince, qu'on a présenté comme un iyran sombre et farouche, charmait ses loisirs par la
* Le MasM, narrais de Villa, ami MBcère da Tamc, et Vthhé SeraMÎ, de- «ané à U mAÎMa d*E«te. qui ont écrit chacun en italien nne Vie du grand portf « ^atrenl dao« beaoroup de détails à re «ujet : iii»i« leur* récits >e rontredi<enl, ^1 doivent être li» avec une extrême réserve. •
* N^ua atQDt compte plus de cent odes, «oimets, cunzoni et madrigaux adressés par le Tasse à Léonore ; tom. ii de »9$ ŒoTres^ édition de Florence, 17S4, in-^. Il jone quelquefois, i la manière de Pétrarque, sur le nom de la dame de set pensées, comme, par exemple, dans ces rers :
Sgfarir brami, scemdi ai petto, nemdi • E di tï degtto fOr tua stra ut OKOâA. ,
* A son départ ponr la France, T. Tasso fit une espèce de testament confié à son ami Hercule Rondinelli ; il lui recommande »ts poésies mannscriles, et le ckugc de SCS dnraièrts dîtposîtjoBs : •• Si mes volontés rencontrent quelque obstaele, disait-il en finissant, le seigneur Hercule aura recours à la fareur àm PezcelleDtc madfine Léonore, laquelle lui accordera, je Tespère, sa protee* lion pour Pamonr de moi : - Bieorra il signor Ercole al favùr delV eccellentis^ sima mndama Leonnra, latfuitl vrmfidA thf prr amor mio, glitne sarh /iherair, Tom. V de .«e« CRnvre«. d^jii citées.
ilT TORQOATO TASSO.
poéftio ; il élail imladif , ei son oœur avail besoin de cek dis* iracUons qui Uenneol à Tesprit ; souveiii il s'enireliûi avec le Tasse dans celle magniAque langue ilaltenne que Ga- Iherine de Mëdicis enseigpail à son Bis ; les Médicisf alliés à la maison de Ferrare» avaienl lous leurs souvenirs en Ilalie. Quelques letlres du Tasse nous reslenl sur son séjour à Paris ; elles indiquenl la vérilable hilualion de la luUe enlre les proleslants el les catholiques ; Torqualo signale un conflit comme imminent : quelques mois plus lard écla** laient la Sainl-Barlhélemy el les terribles massacres. Dans une autre lettre le poêle décrit* avec un accent de critique à peine déguisé» la vie et les mœurs de Paris ; habitué au beau soleil d'Italie» vivant dans ces palais de marbre qui embellissent Naples el Florence, il n'est pas étonnant que le Tasse ait été tristement affeqlé de ce ciel de brouillards, de ces maisons étroites el de ces escaliers lorlueut dont il parle tant dans sa lettre ' ; d'ailleurs, il n*avail pas été heureux à Paris : presque disgracié par le cardinal d'Esté, il reprit le chemin de Tllalie, dans un étal de déntlment tel, qu'il fut réduit, dit-on, à emprunter un écu pour sa dépense personnelle '•
Le voilft donc sur la route de Rome« el dès qu'il louche la capitale du monde chrétien, il se montre impalienld*en(rer loul à fait au service du duc de Ferrare, brillant protecteur de tout ce que l'Italie produisait de poêles et d*arti$les. Torqualo Tasso fut reçu par le duc Alphonse dans sa noble domeslicilé ; l'histoire nous a conservé le Iruté passé entre le prince el le poète ; le Tasse eut le logement, la nourriture el 50 livres 10 sous par mois ^. Dans les loisirs de Ferrare, le poêle composa YÀminta; après le genre chevaleresque vint le genre pastoral. Tel tût le type de la
* leiterûmMtt ^uûU si pûrmsonmVitalim ûUa Ftêncin; imprimée k Manlé«e« i 581 , in-t". Le Taue écrÎTit celle lettre «a comie de* Contraij, de Ferrare.
* Guy Pitin rapporte qne Torqualo lit cet emprant à nn de tes amU, Balt«« dit k «ne amie. SeraMÎ, on ne tait pourquoi, nie re fait, qui parait contlaul : tl^p de témoif nages raffirment pour en douter.
1 Voye» Seratti, f'iia M Tasso, édition de Bergame, 1790, iii-4^ pag. i€3.
IHléraldre do xVi* sièele ; on mélail les bergeries àul exl^oilsdes paladins; h côté des baiailles,on plaçaii les amoars naffes, Texislence Iranqnille de la campagne, celte vallée de Tempe emprantée à la Grèce et aux grands romans de cheYalerie. VAminia fut jouée à la cour de Feltak^ areo un éclat inouïe II y a des époques où Ton a besoin des sentiments tendres et de la vie simple des pasteurs ; ce sont en général les temps agités ; on cherche des eon** trastes, on se délasse ainsi des trop vives émotions de la guerre étrangère ou des désordres civOs. Quelqtie édalant que fût le succès de YAsnintaf le Tasse demeiira pré«« eccupé de sa GerusaUtnme ; retiré alors cbes Lnerèoe d'Esté^ princesse d'IIrbin, ce fut à Castet-Durante qui! composa les derniers chants de son poème épique ; pois il accompagna le duc Alphonse qui allait à Venise au-*devaiit de Henri II î, prince fugitif du royaume de Pologne* et qui secouait ce pesant diadème comme un poids im*^ portun.
Les souffrances du Tassé commencent ; celte existenoe active, ce travail persévérant lui avaient donné une vîo^ lente fièvre. On ne sait pas assez tout ce que coûte de touiu ments une vaste composition littéraire, et le frémissement de Tâme» et l'agitation de l'esprit, et la crainte de la cr»^ tique* et le sentiment de sa propre imperfection, et Ten* thousiasme même du succès. Ce fut pourtant au milieu de cette crise que le Tasse acheva son travail ^ ; il en etpédia le manuscrit à Rome chez son ami Scipion de Gonzague^ avec prière de le lire attentivement et de lui en signaler les défauts ; d'autres copies furent également envoyées à ses amis de Ferrare et de Padoue. 11 en résulta beaucoup d'observations, quelques-unes sages, plusieurs étroites et pleines de préjugés. Le Tasse prit la peine de les réfuter une k une ; jamais peul-élre on ne déploya une plus
' Dant let premiertmoiide 4573 j pablitfê à Venîie chm les AMt, en iSS9, M«icc titre . AmiBia /tvoia buscareccim, tn-S*. Il en «ftiile de nemlireiitM éditî«M el de* IradnclioBt dans looles lec langue*.
•▲▼rin575.
AVj 10R(,>1 VIO TASSO.
prodigieuse inslruclion; ou s*aperçoitque le po<!le,louleuipreint des souvenirs de Tantiquilé, s'est nourri des éludes d*Homëre et de Virgile ; il défend son œuvre en citant mille exemples ; il veut prouver surtout que ce n*est pas une création et qu'il a gardé fidèlement la méthode classique ^ Dans ce siècle on repoussait toute innovation littéraire» et le plus grand reproche fait à Luigi Ariosto fut de s'être affranchi, dans VOrlandofimoso, des règles inflexibles d'Aristote.
Depuis les premières souffrances de sa vie, le Tasse paraît plus inquiet, plus agité ; il a déjà le projet de se séparer de la maison d'Esté, et dans un second voyage à Borne, Scipion de Gonzague le présenta au cardinal Ferdinand de Médicis, devenu plus tard grand-duc de Toscane, qui voulut le retenir auprès de lui. Rome frappait vivement l'imagination du Tasse ; sa poésie s'était inspirée des douces légendes que la piété avait jetées au peuple ; le Sauveur des hommes, la Vierge Marie, les saints, toute cette brillante myriade de bienheureux avaient reçu ses hommages ^. Torquato Tasso est fervent dans sa dévotion ; il assiste à Rome au Jubilé, temps de pardon et de repentir : le spectacle de tout un peuple qui demandait grâce et merci à Dieu parlait à son âme ardente. Le Tasse s'était représenté l'enfer, ses épouvantables tourments : il rivait lin paradis de bonheur et de délires, el cespréorrupalioiis ronlrihiièrenl beauroup ji r^»la( tie sombre exaltation qui le fit confondre a\ec les insensés.
Torquato revint à Ferrare triste et mélancolique; il voyait partout des ennemis ^, Souvent il arrive que les esprits supérieurs s'imaginent élre en proie à la persécution ;
* LeMerr. ptietichc, Uun. \ ilf rrdilioii ilr Floience, lot. t//.
* On peut voir, lom ii de «e». Œuvrer, le« lanzoni adressée^ ;i la Vierge et aux saints patrons; il y a aussi un beau pue me à la Vierge Marie : La grime dt
Varia t'ergi ne, imprimé i parr, Rome, 1593, in-A".
^ Le Tasse «ut alors une affaire qui fit quelque iiriiii à Ferrare; trois jeune» hommes, au détour dNine rue, se précipilèrent sur lui. Torquato, sans se laisser inlimiiler. «aisit oiin é|>re ri mil en fiiile Irv a^Nalilaiiu . la inullifiiiie. «jui admire
l544-i5!l5. ivlj
le Tasse a cela de commiin peai-élre avec Booaseaa â profondimeDl malheiireax« si pesant même pour ceax qui cberchaieni à embellir sa vie : quand le caractère hamain s'est aigrît le mal esi sans remède. Cepeiidanl 11 y avait de la'^réalilë dans cette jalousie qoi s'attachait à la renommée da. poète ; on fouillait ses papiers, on interceptait ses lettres. Le doc Alphonse s'apercevait de ce chagrin, .et' sa sceort' la princesse Léonore, cette favorable divinité, condoisit son poète de prédilection dans une dé* lidease vOla où il reprit avec ardeor la correclion de sa fifenooiemme. •
Toot à conp, tandis qu'il perfectionne son ceavre, et la nuit et le jonr, le Tasse apprend que Ton imprime à son insn la Jénuahm diUvrie» Qnel Umrment ne dnt pas éprouver son âme ! Vous tous qui travailles laborieusement, et qui saves les douleurs que cause à ramour-piopre une seule incometîon, il vous est facile de cornles anguiaaes du poêle lorsqu'U sut qu'on allait nus lui un livre si^et encore à bien des modifications, à bien des changements; Torquato, le ccsur flétri, anppHa le duc Alphonse d*écrire à Parme, à Gênes, au pape, à tous les princes d'Italie pour en arrêter l'impresrion*. Delà, ses grandes terreurs; comme ses ennemis lui ont ravi le produit de ses veilles, il se persuade qu'ib en veident à sa vie, à son existence auprès du duc de Ferrare; peut-être ses croyances vont être dénoncées au tribunal du saintr^ince, il craint d'avoir exprimé des doutes sur le mystère de l'Incarnation et sur divers dogmes de la foi ; aussltêt il court à Bologne ches l'inquisiteur, il s'agenouille, confesse ses fautes, et quand le religieux luimême le rassure, Torquato rejette l'absoluUon ; en vain Alphonse et Léonore tâchent d'apaiser ses scrupules ;
nm acte 09 cosraf •, rtfciu p«Bilaat plMÎton moiê c« 4iili^t d« g— poiitioa : -^ Avec U plume et lVp4e, ■•! aVgale Torqnato -
Colis ptmma\e\coila spmia
XfiU TORQUATO TASSO.
flv que jimaû il est préoccapé de la'doQlourMse id^ d'aoe damnalioD élernelle.
Cette ezallatien d'esprit devient presque de la folle ; le Tasse se méfie de ceux qui reolooreat, il s'imagiiie que «es serviteurs coospirent conbre lui ; un soir, soos les lus* très brillants du palais de Ferrare, lorsque dans le salon de la duchesse d'Urbin une nombreuse assemblée se 1h vrait à toutes les distractions d'un bal, Torquato, Tosil égarét se précipite un couteau à la main sur un de ses domestiques qu'il soupçonnait d'intelligence avec ses en* nemis ^ Le sang italien bouillonne dans les veines du poète; il agite le poignard comme naguère il maniait l'épée. Cette tentative d'assassinat devait être punie ; le duc de Feirare fit enfermer le Tasse dans une tourelle du château. Torquato s'occupe toute la journée à envoyer des placets à Alphonse, avec prière de lui rendre sa lir berté ; il l'obtient enfin, et le premier usage qu'il en fatt| c'est d'aller efaes le grand inquisiteur de Ferrare. Le vieux moine le proclame encore très-orthodoxe ; Torquale ji*en croit rien ; il disente, il conunente la sentence, et va se renfermer dans le couvent de SaintrFrançois où il écrit lettres sur lettres aux cardinaux à Rome, puis au duc Alr phonse, el ces lettres sont tellement empreintes d'une triste préoccupation, que le duc de Ferrare lui ordonne de cesser sa correspondance. Alors les frayeurs du Tasse redoublent : cette disgrâce n'était-elle pas l'œuvre de ses ennemis? Il s'en inquiète encore; il lui semble. voir l'inquisition et la police ducale se rénoircontre sa vie maUien- •reuse ; dans une nuit obscure, il sort du couventt firancUt les murailles de la ville ; sans argent, presque sans vêlements, il s'éloigne seul, et n'emporte même pas une •copie de son poème, comme le Camoêns au milieu de la tempête et du naufrage.
II faut déplorer ici cette infirmité de notre nature qui place la folie et Texaltation à côté du génie ; le vulgaire
< Le 17 juin 1577.
1&44^1S95. lit
peut s'en étoantr, mais quand on loache le coeur humain, OD s'eipiiqud comment la trop grande méditation sur soi« même pooase à cette effervescence d'idées qui brise le cerveau* Que des hommes méthodiques, des intellif ences compassées mènent doucement la vie, sans émotions, sans tourmentes, cela se conçoit ; mais Thomme de génie a saos cesse le cœur déeUvé, les entrailles en feu ; il se crée des fantômes et des chimères qui l'inspirent ou le loui^ menteni* Le Tasse se rendit à Sorrento, sa ville natale, auprès d'une smor qu'il chérissait. La vue des lieux de son enfMee, cet air du berceau que Von respire à pleins poumons, les douces consolations de sa famille, ramenèrent le calme dans son esprit; il s'adresse au duc de Ferf êfe pour obtenir de nouveau ses bonnes grâces ; point de réponse. Alon il quitte Sorrenlo avec la même précipilatioo qu'il avait mise à fuir le couvent de Saint*François ; il vient à Rome, il écrit et fait écrire au duc de Ferrare. Alpbonae consent è le recevoir, et tandis qu'il raccueille avee benlé, le poète croit voir de la froideur dans cette ré* fepiiM ; Toiqnato demande avec instance ses papiers, la «épie de sa fiêricsaismma ; Il se désespéra de ce qu^ ne les lui rend pas, et s'éloigne une fois encore de Ferrare.La misère Vaooempague ; il erre de Manloue à Padoue, de Padoua à Venise et à Urhin, où le duc régnant lui donne une naUe hospitalité ^
Voilà Thomme avec ses faiblesses, voici maintenant le poète dans son admirable génie. Au milieu de celle période de malheurs et de disgrâces, le Tasse exerçait son prodigieux talent poétique ; lanlAt il retouchait de mé* moire les belles pages de la Jérusalem^ lanlôl il impro^ visait un sonnet, une ode, une caxaane. Il est une de ces touchantes productions où Torquato retrace les infortunes et les douleurs de son existence ; il se prend au berceau, il se présente comme Tenfant de la Ablation et de la tristesse : a Hélas ! s'écrie-l-il, dés le premier jour où
w rORgiATO TASSO.
je respirai rdir et la vie, quand j*ouvris les yeux à celle lumière qui jamais ne fut sereine pour moi, la forlune injuste el cruelle me prit pour son jouet ; je reçus d'elle des blessures que la plus longue vie pourrait à peine cicatriser. J'en atteste la glorieuse Syrëne (de Sorrento) : mon berceau fut placé près de son sépulcre ; et pourquoi, dès la première atteinte, n*y eus-je pas aussi ma tombe ? J'étais encore petit enfant lorsque Timpitoyable forlune m'arracha du sein de ma mère ; je me rappelle en soupirant ses baisers quVlle inondait de larmes douloureuses, je me rappelle ses ardentes prières que les vents fugitifs ont emportées. Je ne devais plus me retrouver mon visage sur son visage, pressé dans ses bras avec de si fortes, de si étroites étreintes. Hélas! je suivis d'un pied mal assuré, comme Ascagne ou Camille, mon père errant et fugitif.... O mon père, mon bon père, toi qui me regardes du haut des cieux ; j*ai pleuré, tu le sais, ta maladie et ta mort, j'ai baigné de pleurs en gémissant ton lit de souffrances et ta tombe ; maintenant élevé dans les sphères célestes, lu es heareux ; on te doit des honneurs et non des larmes : seul je dois épuiser la coupe entière de la douleur'.»
La terreur ne cesse pas de dominer Torquato ; il veut abandonner l'Italie, franchir les Alpes, mettre des rochers, des précipices entre lui et ses ennemis ; il marche errant, h pied, sur la route du Piémont, et arrive dans Tétat le plus
* Oitnél dal di, che pria Con sospir mi ritnemèra, e degli ardenti
Trassi Vaure %'itali, e i lumi apersi Preghi, che sert portar Vaute fugaci,
ja quesia luce a me non mai serena, Ch* io giungernon dweapiàvoito a %'olto
Fui deW ingiusia, e ria Fra quelle hraccia accoUo
Trastullo, e segno : e di sua man soffersi Con nodi cosï stretti, e sï senaci,
Piaghe, che lunga età risalda appena. Lasso! e seguii con mat sicure pian/e,
Sassel la glorinsa aima Sirena, Quai Ascaniu,o Camilla, il padre errante.
Appresso il cui sepolcro ehhi la cuna : Padre, o buon padre, che dal Ciel rimiri,
Cosï avuto •'* ai'essi o tomba, ojbssa Egro, e morte fi piansi. e ben tu il soi Alla prima percosia. E gemendo sialdai
Me dal sen drlla madré empia forttina î,a tomba, c il Irtto : or rhe neglialti giri
Par^oïctf'y fiii-rl^r : ah ' di que" ban Tu f;ndt, a te si dr.\ t onor, roit luttv,
Ch' clîa ba^jni d' Ligiirv d->!-ntt, A mt ifr'ato il mto dnlor sia iutto
1044-1595. . uj
misérable aas portes de Turin ; les gardes, eu voyant son aspect saayage, loi refusent rentrée de la ville* et le poète allait être confonda avec les voleurs qui infestaient la Savoie, si un de ses anciens amis ne l'eût reconnu et protégé. Le Tasse trouve là une fois encore rhospitalité généreuse: les petits princes d'ilalie se faisaient un honneur de s'attacher la plus haute intelligence de leur époque ; Torqnato distribuait alors la gloire, ses vers étaient récités par le peuple, et déjà ses chants donnaient l'immortalité.
L'âpre climat des montagnes ne convenait pas à la douce imagination du Tasse ; Ferrare, théâtre de ses succès et de ses distractions premières, revient à sa pensée, et, par les froidures de février, il quitte Turin pour retourner à la cour d'Alphonse. An milieu des fêtes et des carrousels, on s'aperçut à peine de l'arrivée du poète; les courtisans se moquèrent de lui, car l'exaltation de son esprit était empreinte dans ses traits en caractères indélébiles : jeune encore, le Tasse portait sur sa physionomie les ravages du temps* Celui qui avait chanté la maisoo d'Esté ne' pat obtenir un regard^ une parde amie. Torquato, indigné, se livre à la colère; il maudit Alphonse et sa race, il regrette publiquement de les avoir célébrés dans ses vers, et le duc, instruit de ces emportements, fait conduire le poète dans la prison des fous furieux ^
Le Tasse fut renfermé à l'hôpital Sainte-Anne, car les hospices et les monastères servaient alors de refuge à toutes les infirmités de Texistence. On a dit que quelques indiscrétions sur ses amours avec Léonore avaient amené la réclusion de l'auteur de la Jiruêalem : ne s'est-on pas laissé entraîner à un parallèle avec Ovide? Le Tasse ressemble par plus d'un trait au poète latin; les Triilei et les Poutiques d'Ovide furent écrites dans son exil de la Scythie, et le Tasse acheva plusieurs de ses belles canzoni dans sa captivité à l'hôpital Sainte-Anne. Quel jugement porter sur la brusque décision d'Alphonse ? Gomment la maison
uy TORQUATO TASSO.
d*E8te, proteclrice da talent et du génie, put«elle s*ab«h«' donner à une si étroite Yengeance? Qui sut; peut-être la conduite da Tasse, ce caractère de douleurs et d'agitations malheureuses n'ont pas été bien compris ; il y eut de l'amertume dans les paroles du podte, de Taigreur dans ses reproches. Comme il avait beaucoup fait pour les princes de Ferrare* il croyait devoir en exiger beaucoup, et cela importune la piûssance ; elle se défait au plus vite de cep Yùix fâcheuses qui recensent d'avoir oublié de nobles services.
Le déplorable état du Tasse dans sa prison vint de cette solitude cruelle qui place sans cesse l'imagination en face d'elle-même ; Torqualo eut alors ses apparitions ; comme Socrale, il eut son génie familier; comme PascaK il eut son abime ; comme les chroniqueurs et les trouvères du moyen âge, il vil devant lui la Vierge éblouissante de dartés célestes, rayon d'espérance qui se montre toujours aux malheureux '. A cette époque l'infortuné captif oom«i pose avec une étonnante fécondité des 8oniiets,des eanaûnû et, chose curieuse, celle qu'il avait tant aimée, tant oé« léhrée, s'efTace de la vie, Léonore meurt, et son poète ne jatte pas une fleur sur sa tombe. Puis, une grande don* leur, dès longtemps pressentie, vint s*unir à toutes les autres ; quatorze chants de la Jérutalem, imprimés sup une copie informe, parurent à Venise sans qu*il pdt s'y apposer; néanmoins, le succès en fut si prodigieux, que huit écùtions se succédèrent en une seule année \
A quoi aboutissait tant de célébrité? à faire montrer
* - Je ii*en pnis plus, ëcrlvail-il à son «mi MaariikiCaUneo; maintenant rcapërànct me ni«»q«c, tl m«« luitèrti **MeiuifM«l : or* memcmno U tpwanzê, e crp$ce la mheria; 4«< ëlioceUcJ lirûUptM lorlfui dt met yeux, des «iCStmente horriblef déchirent met oreilles, et j^aiirais craint de succomber fi je n*aTais aperçu disliiiclemeni la gloHeiuc Vierge Marie, tenant son 61s dans ses br«s, «ptouré* d*vii cerclf resplendis»**! des plus Tsvfs coakur» ; j« p« dois fiapc point dcsespfifer de s# fric«. »
* Trois à Venise, une a Casal-Mafgiorc, deax à Ferrare cl deux à Parme, toutes en 1581. La seconde édition de Parme, et celle de Maatoae en \%%k sont les plus estimées.
1544-1506. iii(f
le Taitfe comme une béie fauve; tous les étrangers le vîaileie&t en iravenanl Ferrare, et c'était alers un dou* loureux spectacle de contempler le chantre immortel de Godefroî; ses yeux s'effacsient sous des cils toufius, ses traits pAles et contractés apparaissaient à peine sout sa chevelure en désordre et sa bart>e crépue. Montaigne se rendit auprès du Tasse dans un voyage qu*îl fit à Rome, et ce philosophe au cceur sec ne trouva dans son àme qu'une froide réflexion à Taspect de tant de misères '. La seule consolation du Tasse était sa dévotion à la Vierge Marie, il s*y voue tout entier, s*y recommande dans une maladie grave, et lorsqu'il recouvre la santé il lui consacre deux sonnets où brillent sa foi naïve et ses pieuses croyances ^.
De nouvelles tracasseries viennent accroître la tristesse deTorquato.Quand un grand succès arrive, des médiocrités jalouses le poursuivent incessamment; les corps savants même sont quelquefois sous l'empire d'étranges préoc* cupptîofis, et l'Académie de la Crusca condamna la Ge-* ruêohmime lAeroto, comme plus tard le Cii fut critiqué par l'Académie fraof aise. Sous prétexte de défendre VOr^ Umio fwrioio de TArioste, les académiciens de la Crusca déclarèrent « que la Jérusalem, loin d'être un poème, n'étaii qu'une mauvaise compilation ; l'unité qui y régnait était mince et pauvre comme celle d'un dortoir de moines, tandis que l'unité du Aetofid furieux ressemblait à celle d'un immense palais, dont la longueur, la largeur et la hauteur sont proportionnées. Dans ce travail, continuaient les censeurs, les expressions sont tellement contournées,
' « JVm ploc de dc^it encore que de comp«uioa de le ^oit k Ferrare ee si piteox eitat, dcril Monteigae, «e forvÎTeat i «oy aieinie, ne«coif aoÎMaot et soy el «e» OB^rage*, leaqœU, mps «oa «ça el toaleibU k m rne, oa a mU ee lomicrc, «•corrigea et iaiormes. ' Liv. u, ehap, i% des Eum».
* lia loat napriméi tom. u de «m Œavres, firtns^, ia-C It^aa comiaeace par ce vera : Egro io l^aguivé, e d* alto sontur wfiuU ; Teatre par celai -ci : Non^otês U itëUira < /' 4rtt onMi. — Qaelqata page* pin» loia ae Ifpave aae laegailqae c«a#<M« k Nttce-Daoïe de LoreUe :
Ecco/ra le tempeste, t i fitri tunti, etc.
isiv ÏORQUATO .TASSO.
désagréables, qu on a de la peine à les comprendre. Ce poème, s'il mérite qu'on lui en donne le nom, est raboteux, escarpé, non-seulement dépourvu' de clarté, mais enseveli dans une obscurité profonde, et rempli de mots pédantesques, étrangers ou lombards, qui pour la plupart ne sont pas des mots, mais des barbarismes. » 11 est pénible de voir une assemblée,'de?enue depuis juistemènt célèbre, exprimer une opinion aussi passionnée, un jugement aussi injuste.
Nous avons parcouru attentivement la réponse de T. Tasso à ces attaques grossières* ; il y règne une modération extrême, une raison droite, une résignation touchante : « En citant les mots dont je me suis servi, dit-il, on les confond, on les défigure ; je ne les reconnais plus. Certes, je ne veux pas les chercher dans un po^ne que je n'ai pas lu depuis dix ans, et dans lequel j'aurais changé beaucoup de choses, si j'en avais eu la liberté. — Moi qui souffre volontiers, mais non sans douleur, qu'on veuille me guérir de mon ignorance, je durai au médecin : Je suis malade pour avoir trop goûté dans mon jeune Age la douceur des aliments de l'esprit; j'ai pris l'assaisonae» ment pour la nourriture. Cependant vos remèdes sont trop désagréables, je crains qu'ils ne me trompent paa asses pour que je puisse m'en servir. C'est un nouvel * art de guérir et une] nouvelle espèce d'artifice q«e d*imbiber le vase avec du fiel au lien de miel, pour qu*il ne soit pas rejeté du malade ^ » Le» ininitiéft ne se calmèrent
M 1» i^$m éêiU GenumUmme iibetMm contra U dt/esm étW Orlaada ^ÊtimoétgU meemitmki 4Hla Ovsca. BiUnloue, iS85, in-IS.
* Ma iù ehevoUmim, nèpeii^ senza mio thlore, sostemgo dresser mÊiicato MV iptaramxa, éirb ai wuéico : Son infirma ptr la doiettza é^ eiki àtlV imielUtto, é^ ^maii ko gmiaio di so^erckio neW età gioveaiU, prtndendo il eomdimtnto pfr aainmenio ; ««i dtmeno, troppo spiaeet^i gono ^uuH medicamenii : e temo dka non m* ingamnmo, perché io li preada, htaehé quetia à tuioifa soriê di meéieart e nuoifa maniera d*artifieio unger di fiele il vaso, in cémkio di mêle» percha dali* inftrtno nom iim riauato. — La comparaison d« Poafani malada, imitét 4e Lncréée, avait dé}ï servi an Tatie, ea comneiiçaiit la Jcrusalcai : Cosï a I* egrv fkmîul, etc....