‹ La jeune Belgique [microform]Chapitre 11 sur 215 · ÉPHÉMÈRE · texte numérisé non relu

ÉPHÉMÈRE

Vois! J* apporte un butin de tristesse et d'ennui.

Un deuil est dans les voix, une ombre est dans les yeux; Le seul pressentiment du soir et de la nuit Attriste au fond des eaux le bleu reflet des deux.

Toute fleur se flétrit dans la main qui la cueille. Pendant que tu parlais à mi-voix , tout à l'heure. Des roses s'en allaient, dans r ombre, feuille à feuille : Elles m'ont fait penser à la fuite de l'heure.

L'espoir, tel qu'un rosier effleuré par l'hiver, S'effeuille, à peine éclos, dans le soir rose et bleu. Tout passe; l'ombre pâle est file du jour clair; Même la bienvenue a le son d'un adieu.

Plus d'un péril à vaincre invitera tes armes,.. Plus d 'une enfant recluse en la forêt hantée Repose, ô doux printemps, captive de tes charmes. Heureuse, les yeux clos, non pas morte, — enchantée!

Va-t'en! La Belle-au-bois, ^ue suscitait mon cor, Se rendormait déçue, avec un geste las...

Respecte en ses yeux clos ton désir vierge encor; Aime-la, si tu veux; mais ne réveille pas!

Est-il un enclos vierge, un jardin solitaire. Oit la main, que séduit une aussi fière proie. Cueille sans la flétrir la gloire du- parterre? Un monde où le regret ne trouble pas la joie?

Une brise d'automne erre parmi les fleurs.

Cette heure est inquiète et tendre comme s'il Passait de grands essaims d'ombres qui vont ailleurs; La beauté des lointains parle d'un vague exil...

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