LE TOMBEAU DU CROYANT
// dort sous le dais vert en la blanche coupole : Son cercueil est voilé d'éclatants oripeaux.
Accrochés aux parois s'effrangent des drapeaux Et sur le pavé rouge un bouquet s'étiole.
Aux vapeurs de l'encens l'acre odeur des troupeaux Se mêle, et l'oraison des nomades s'envole Vers le ciel des houris où dans une auréole Le marabout savoure un éternel repos.
Pieds nus je suis entré dans la riante salle : Allah! je veux aussi toucher du front la dalle Qui lui servait de couche, et baiser son burnous.
Sàidna, si t'ennuyant aux genoux du prophète Ici tu viens parfois errer, l'âme inquiète.
Que penses-tu de toi? que penses-tu de nous?
Edouard Bernaert
EË